Le Moineau domestique, possible futur oiseau national chinois ?

Les États-Unis ont désigné le Pygargue à tête blanche comme oiseau national, la France le coq et Israël la Huppe fasciée: 40 pays ont ainsi déjà désigné un oiseau national.
La République populaire de Chine recherche toujours un symbole aviaire. Selon les critères désignés par le gouvernement, l'oiseau national doit être une espèce rare, principalement présente dans Chine. Il doit refléter l'esprit national, être facilement reconnaissable et mériter des mesures de conservation. Symbolisant la longévité et le respect, la Grue du Japon (Grus japonensis) était l'oiseau possible retenu par les officiels: un sondage organisé en 2004 par l'Association de Protection de la Faune du pays avait permis de constater que 64% des cinq millions de votants avait soutenu ce choix. Mais cette espèce attend toujours l'approbation finale législative.

Le problème continue d'être débattu dans les forums en ligne, et un nouveau concurrent a émergé, soulignant le pouvoir d'Internet comme alternative aux choix officiels. Selon un sondage du populaire site web Tianya.com, le Moineau domestique (Passer domesticus) a battu tous les autres candidats avec plus de 35% des votes.
Et la Grue du Japon? Selon certains, son nom serait trop sensible, les relations historiques entre le Japon et la Chine étant plutôt agitées. L'oiseau était en outre représenté jusqu'il y a peu sur les avions de la compagnie aérienne japonaise JAL. D'autres estiment que la Grue du Japon, qui ne compte plus que 1 000 oiseaux en Chine et moins de 1.500 au niveau mondial, est un oiseau "élitiste" alors que le moineau est populaire.
Sur le site web Tianya.com, on peut lire en particulier le commentaire suivant: "les gens ne connaissent les grues et les paons que dans les livres, alors que les moineaux sont visibles; ils illustrent bien l'esprit du peuple chinois: la force, la vitalité et la persévérance".

Mais le moineau n'a pas toujours été populaire en Chine: à la fin des années 1950, il faisait partie avec les rats, les mouches et les moustiques des "quatre pestes" campagnardes désignées par Mao Tsetong. Il était considéré comme nuisible pour l'agriculture, et donc ses nids étaient détruits, ses œufs écrasés et ses poussins tués. Cette campagne a failli conduire l'espèce à l'extinction jusqu’à ce que les officiels comprennent que les moineaux mangeaient plus d'insectes que de semences; dans les années 1960, la persécution a cessé.

Source: http://blogs.wsj.com