L'apprentissage du comportement alimentaire et
la reconnaissance des plantes préférées et évitées
ont été étudiés chez le chevreuil. Les comportements
de neuf faons naïfs vis à vis de 2 espèces végétales
généralement préférées par les adultes (charme
et érable) et de 5 espèces évitées (coucou, bugle,
viorne, arum et euphorbe) ont été mesurés lors de tests
de simple choix. Ces comportements ont été analysés en
comparaison avec ceux de huit adultes vivant en milieu forestier. Les résultats
indiquent que les faons présentent dès la naissance des différences
de consommations entre plantes, et qu'elles sont basées vraisemblablement
sur des goûts plus ou moins plaisants. Ces différences de consommation
s'affinent très rapidement pour devenir quasiment identiques à
celles effectuées par les adultes au bout de trois contacts avec les
plantes testées soit avant l'âge d'un mois. Cet apprentissage paraît
basé sur l'association entre les conséquences post-ingestives
(satiété pour une plante préférée, malaise
pour une plante évitée) et le goût des plantes qui lui même
peut être lié à l'odeur du végétal. Ainsi
le chevreuil peut modifier ses préférences et aversions en réponse
aux variations de la qualité nutritive des plantes par l'intermédiaire
des conséquences post-ingestives. Il peut aussi apprendre à éviter
les plantes très toxiques sans avoir besoin de les goûter mais
seulement en les flairant.
D'après Verheyden-Tixier Hélène et Duncan Patrick, dans le Bull. tech. n°35 de l'ONF (Office National des Forêts, France), 1998