Les Bouvreuils pivoine et ponceau |
Photo:
Jaap Hoogenboom, Calendrier de l'oiseau, 1996 . |
De la même taille
quel e Moineau domestique, le Bouvreuil pivoine est coiffé
d'une calotte noire et porte un manteau gris bleu aux ailes noires
où se détache le croupion blanc, bien visible en vol.
La queue et le bec arrondi, court et épais, sont noirs. La
poitrine du mâle est rose vif, celle de la femelle est brun
grisâtre. C'est un oiseau forestier d'origine montagnarde
mais qui s'est adapté à des biotopes plus bocagers
(vergers, cimetières, parcs, petits bois feuillus ou mixtes
en plaine) de par l'expansion de sa population à basse altitude
en Europe occidentale.
Il a sans doute profité de
l'enrésinement de vastes superficies, manifestant en outre
une tolérance accrue vis-à-vis de son habitat dans
le nord du pays. Mais il atteint ses meilleures densités
en Haute Belgique et particulièrement en Ardenne où
il garde relativement son caractère sylvestre.
Adapté à un régime
végétarien, le Bouvreuil armé de son bec court
et épais, consomme principalement des semences sauvages diverses,
des graines, des baies et des plantes herbacées. De ce fait,
il résiste très bien aux grands froids et à
la neige car il trouve presque toute sa nourriture, en toutes saisons,
sur les arbres et les buissons. Il capture peu de chenilles et d'insectes,
excepté lors du nourrissage des jeunes au nid.
Il raffole des bourgeons, principalement
ceux du bouleau et du frêne, mais également des arbres
fruitiers, à tel point qu'il peut devenir une peste aux yeux
des fruticulteurs. Ces dégâts sont en fait observés
les années où la fructification des érables
et des frênes est moindre. En temps normal, le fait de picorer
quelques bourgeons (de novembre à avril) provoque, par contre,
l'indis-pensable éclaircissement des fruits dans les vergers
commerciaux. |
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C'est un nicheur tardif,
car il a besoin des graines encore vertes de certaines plantes,
comme les plantains et les pissenlits, pour nourrir ses jeunes.
En Belgique, on dénombre qu'un maximum de 16.000 couples,
principalement concentrés dans le Condroz, la Famenne , l'Ardenne
et la Lorraine belge, qui abritent une population assez homogène.
Ailleurs, l'espèce est absente en plaine, très localisée
ou rare en Moyenne Belgique, faute de biotopes favorables, nettement
moins forestiers. La distribution de cette espèce paléarctique
recouvre les zones boréales d'Europe et d'Asie, ainsi que
les régions tempérées en Europe, au Caucase
et au Japon. La race type de Scandinavie et du Nord de l'Eurasie
est un peu plus grande et plus colorée.
Depuis novembre 2005, nous assistons
à une invasion de ces grands bouvreuils venant du Nord. 13
exemplaires ont été bagués au Domaine des Silex
(+ hivernage).
Ses couleurs vives et ses aptitudes
à s'acclimater facilement en captivité en font malheureusement
un oiseau de cage fort convoité et traditionnellement braconné.
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Le Canard Chipeau |
Le Canard chipeau est
peut-être le moins connu de nos canards de surface, mais il
est vrai que c’est un des moins abondants et qu’il ne
frappe pas le regard par de vives couleurs. Un peu plus petit que
le Colvert et de formes plus fines, il se distingue par le miroir
blanc de l’aile encadré de noir et de roux visible
en vol mais aussi souvent au repos. C’est même avec
la couleur orange des côtés du bec le principal caractère
pour reconnaître la femelle brune, avec l’arrière-train
noir.
Les mœurs du Canard chipeau ne diffèrent pas essentiellement
de celles du Colvert, se montrant plus vif et plus léger.
Ce canard habite les régions tempérées de l’hémisphère
Nord : Amérique du Nord-Ouest, Europe et Asie. Sur notre
continent, il est abondant en Sibérie occidentale, mais sa
distribution européenne est très irrégulière
quoique sa présence soit plus fréquente en Europe
orientale et centrale. En Belgique, ce canard niche rarement, mais
il passe et hiverne chez nous régulièrement en petit
nombre. En France, cette espèce est cantonnée principalement
dans les Dombes et en Camargue comme nicheur aux effectifs très
fluctuants et ces nicheurs et leur progéniture semblant hiverner
sur le territoire national.
Le Chipeau est surtout un hôte des eaux douces ou un peu saumâtres,
et ne fréquente guère les milieux maritimes. La nidification
a lieu de préférence au bord des grands étangs
où la femelle établit son nid sous les fourrés
de buissons et de roseaux qui les ceinturent, toujours près
de l’eau et sur terrain sec, parfois plus à découvert
sur un îlot ou parmi les nids d’une colonie de mouettes.
Les principaux quartiers d’hiver des oiseaux d’Europe
sont méditerranéens et nord-africains, avec parfois
une percée jusqu’au Nigeria et en Ethiopie.
Ce canard a été retiré de la liste des gibiers
et est à présent protégé.
Nous pouvons l’observer au Domaine
des Silex depuis début décembre 2007 !
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Photo: Jan Sleurink, Calendrier de
l’oiseau, 2004 |
Le Canard Souchet. |
A venir ...
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Le Canard siffleur: l'oiseau
du Nouvel An 2009. |
En plumage nuptial, le
mâle a la tête marron avec une large bande jaune doré
au sommet, le corps gris vermiculé, la poitrine rose lie-de-vin
et le bec court et bleu. La femelle du Canard siffleur, plus petite,
le front bombé, frappe par la teinte rousse de son plumage
et sa queue pointue.
Ce canard est principalement nicheur de la zone boréale et
parfois tempérée ou de la toundra, ce qui explique sa
présence rare ou occasionnelle en Europe occidentale en tant
que nicheur. Il niche irrégulièrement aux Pays-Bas où
seulement huit cas ont été établis, échelonnés
de 1914 à 1963, mais il est plus que probable que ces cas de
nidifications isolés et très dispersés soient
à mettre en compte à des sujets semi-domestiqués
échappés des canardières où ces individus
servaient d’appelants pour la chasse et la capture de canards
migrateurs.
Si l’espèce aurait déjà niché en
Belgique en 1952 près de la frontière hollandaise, les
premières observations de couples nicheurs furent notées
à Turnhout en 1978 et 1979. Mais ici aussi, vu la proximité
des Pays-Bas, ces oiseaux pourraient également provenir d’une
souche semi-apprivoisée qui aurait trouvé dans ce site
campinois une certaine similitude avec les tourbières hautes
occupées par cette espèce dans la taïga. Le Canard
siffleur, en tant que nidificateur, n’est donc pas bien représenté
en Europe occidentale, ce qui n’empêchait pas nos chasseurs
de considérer ce canard comme «gibier». Ce n’est
donc qu’en période hivernale, dès les premiers
froids, que quelques migrateurs descendent des côtes atlantiques
et hivernent dans le Nord du pays.
Ayant un régime alimentaire en grande partie végétal,
il broute la végétation aquatique marine - principalement
les zostères - ou d’eau douce à la manière
des canards de surface, ou l’herbe des prés humides à
la façon des oies.
Contre tous les arguments scientifiques et malgré la rareté
de cet anatidé chez nous, il est aberrant de constater que
le Canard siffleur soit maintenu sur la liste des gibiers d’eau
en Belgique.
Ce 1er janvier 2009, un couple fut observé,
pour la première fois, sur l’étang des Silex.
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Photo: Piet Munsterman,
Calendrier de l’Oiseau, 1999, LRBPO

Dessin John Gould, 1871
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Le Chevalier guignette. |
Le Chevalier
guignette est une espèce paléarctique à très
large distribution. On le rencontre depuis le Japon et le Kamtchatka
à l’est, jusqu’en Espagne et en Irlande à
l’ouest. La plupart des nicheurs de l’Europe de l’ouest
semblent hiverner en Afrique occidentale principalement au Sénégal
et du Mali à la Côte d’Ivoire et au Nigeria. Il
est cependant fréquent que quelques individus isolés
puissent hiverner par temps doux en Europe méridionale depuis
le Midi de la France.
La Guignette appartient à cette famille des « petits
chevaliers » ou limicoles qui à la grâce de leurs
formes et de leurs allures joignent la sonorité particulière
de leur voix. Leurs cris sifflés les signalent de loin et les
distinguent spécifiquement. Leurs chants modulés en
strophes s’associent à des vols nuptiaux ou plutôt
territoriaux, à l’époque de la nidification.
De tempérament vif et nerveux, la Guignette manifeste son inquiétude
en hochant verticalement la tête ou en balançant l’arrière-train
dès qu’elle s’arrête de marcher. De teintes
neutres et de taille modeste, à peu près celle d’une
grosse Alouette, elle n’attire guère l’attention
que par le blanc de ses dessous, tandis que son manteau gris brun,
uniforme de loin, se confond aisément avec son environnement.
L’oiseau est relativement bas sur pattes avec un bec plus long
que la tête. Il arbore un plastron cendré arrondi en
bas, nettement délimité par une remontée en pointe
du blanc des flancs.
La Guignette vit sous une grande variété de climats,
boréal, tempéré, méditerranéen
et steppique, depuis le niveau de la mer jusqu’aux hautes vallées
des torrents de montagne. C’est l’hôte nicheur des
grèves de vase ou de sable graveleux, le long d’un cours
d’eau bordé d’arbres ou de buissons, autant de
biotopes que l’on rencontre tant en plaine qu’en altitude.
Malgré quelques suppositions de nidification aux XIXè
et XXè siècles, la Guignette ne se rencontre chez nous
qu’en tant que migrateur régulier au printemps et en
automne, aussi bien le long du littoral qu’à l’intérieur
du pays.
Nous avons donc eu l’occasion de l’observer en
migration, et donc de l’entendre, même de nuit (cris très
typiques), au Domaine des Silex, comme lors de la Nuit Européenne
des Chauves-souris (31 août 2008).
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Photos Stephan Peten

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La Chouette Hulotte. |
Après
le Hibou grand-duc, la Chouette hulotte est le plus grand de nos
rapaces nocturnes. Tête ronde, corps massif, ailes larges,
queue courte, air débonnaire, avec de grands yeux noirs fixés
dans un masque facial arrondi, la Hulotte présente
deux phases de coloration, soit grise
ou brune.
La Hulotte aime stationner toute la journée dans un abri
plus ou moins sombre où elle somnole, les yeux clos et la
face contractée. Mais, attention, sous cette allure paisible
qu'elle adopte au grand jour, se cache un prédateur redoutable
au cours de ses randonnées de chasse nocturne. Le silence
de la nuit est son royaume et c'est par l'ouïe principalement
qu'elle débusque ses proies. Celles-ci sont surprises par
une attaque silencieuse, tant son vol ouaté s'exécute
en l'absence de tout bruissement que pourraient provoquer le déplacement
de l'air ou les battements des ailes. Ce chasseur à l'affût,
sans concurrent ni ennemi, règne en maître absolu sur
la vie sauvage réfugiée dans nos forêts, les
bois ou parcs de grands espaces découverts. Son régime
alimentaire est très éclectique et s'adapte aux lieux
et saisons. Les micro-mammifères (campagnols et mulots) y
dominent largement. En ville, ce sont les Moineaux qui lui paient
un lourd tribut, alors qu'en site forestier, les oiseaux, adultes
ou jeunes qu'elle surprend même au nid, ne lui fournissent
qu'un appoint secondaire. Le Pigeon colombin, l'Etourneau sansonnet
et même le Faucon crécerelle qui occupent des nichoirs
semblables à ceux destinés à la Hulotte, ne
sont pas à l'abri d'une prédation.
La pose de nichoirs a fortement contribué à l'expansion
de cette espèce avec un recensement de sa population belge
estimée à quelques 3000 couples. La fidélité
est de règle absolue chez les Hulottes: elles s'unissent
pour la vie et, en cas de décès d'un des conjoints,
le survivant reste sur place en attendant un remplaçant.
La Hulotte a inspiré un enseignant français, Pierre
Déom, qui, sous ce titre, réalise une collection d'ouvrages
de découverte des splendeurs de la nature pour les 9 à
99 ans.
Renseignements: AVES 04/250.95.90 (Liège) 02/280.60.23 (Bruxelles)
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La Cigogne Blanche. |
C'est le plus populaire de nos échassiers, à la silhouette familière, avec son plumage blanc et noir ainsi que son bec et ses pattes rouges. C'est le seul grand échassier qui se pose et niche volontiers sur des bâtiments. La taille moyenne dépasse le mètre. La Cigogne vole le cou tendu, non replié. Les sexes sont identiques. Pour rechercher sa nourriture, la Cigogne blanche apprécie les bas-fonds humides. Pour nicher, elle affectionne les bâtiments: églises, grosses fermes, cheminées ou ruines. Elle occupe très volontiers des supports aménagés artificiellement sur les toits de divers constructions ou sur des pylônes. La régression catastrophique qui avait amené les populations occidentales de Cigognes blanches au bord de l'extinction est encore dans toutes les mémoires. En Belgique, l'espèce n'avait plus niché depuis la fin du 19 ème siècle, avec un dernier couple à Gistel en 1895. Les récentes nidifications isolées et sporadiques depuis 1972 (Hachy, Samart, Ravels, Daknam-Lokeren) laissent espérer un retour plus régulier de l'espèce chez nous. Actuellement, une petite population sédentaire (en général) et semi-domestique se développe au Zwin (premier nid en 1965) et Planckendael. Son nid est composé de grosses branches à la base et recouvert de branchettes, de mottes de terre, de touffes d'herbe, de plumes et parfois d'objets insolites tels que papiers et chiffons. La ponte a lieu dès la mi-mars, elle comprend 3 à 5 œufs en général. Il n'y a qu'une ponte par an. Les œufs sont couvés pendant quelque 33 jours tandis que les jeunes séjournent au nid pendant 9 à 10 semaines. Son régime alimentaire est omnivore: grenouilles rousses, petits rongeurs, taupes, lézards, vers et nombreux insectes tels que criquets, sauterelles et courtilières.
Les Cigognes sont migratrices et hivernent en Afrique tropicale occidentale. Il est certain que sa chasse en Afrique du Nord et le long de sa voie de migration est une des causes principales de sa raréfaction, auxquelles il convient d'ajouter les nombreuses collisions meurtrières avec les fils aériens à haute tension.
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Photo: Damien Hubaut, Oiseaux de chez nous, fiche n°69, Ligue
Royale Belge pour la Protection des Oiseaux . |
Le Corbeau freux. |
Intérêt
et originalité d'une observation ornithologique, par Roger
Coryn, Président Honoraire, Fondateur de la COWB.
Chaque année, dans la dernière
semaine d’octobre, et ce depuis 2005, un important groupe de
corbeaux freux passe la période hivernale dans un jardin de
Ramillies, commune du Brabant Wallon.
L’endroit abrite une coquette maison située au cœur
de vastes terres cultivées de la riche Hesbaye, avec un grand
jardin partiellement arboré dont l’imposant potager est
généreusement exploité. Les heureux occupants
des lieux, Martine et Thierry Cornet, membres protecteurs de notre
association, y nourrissent de nombreux visiteurs ailés, ce
qui permet de passionnantes observations.
L’événement le plus spectaculaire consiste pourtant
en l’arrivée chaque année de corbeaux freux qui,
fuyant la rudesse de l’hiver de certaines contrées du
Nord de l’Europe, apprécient l’accueil de ce refuge
où la nourriture est assurée.
Un petit tableau récapitulatif des dates d’arrivée
annuelles est édifiant :
| Années |
Dates d'arrivée |
| 1999 |
23 octobre |
| 2000 |
25 octobre |
| 2001 |
26 octobre |
| 2002 |
28 octobre |
| 2003 |
23 octobre |
| 2004 |
21 octobre |
| 2005 |
21 octobre |
| 2006 |
25 octobre |
| 2007 |
25 octobre |
| 2009 |
24 octobre |
Les départs ont systématiquement
lieu fin février, avec les derniers envols en mars. Ces dates
furent notées avec une parfaite exactitude par Martine Cornet.
(NB : Il est à signaler que, par omission, les résultats
de 2008 n’ont pas été relevés.)
Les premiers freux, dont certains semblent des « habitués
», arrivent en un petit groupe d’éclaireurs à
la recherche d’un endroit idéal avec de grands arbres
à proximité, servant à la fois de refuge et
d’observatoire.
Pour situer l’importance du nombre d’oiseaux parfois
présents, un comptage approchant assez la réalité
a permis d’en repérer plus de 120.
Distraits et peureux durant les premiers jours, ils se familiarisent
progressivement et, rassurés par les gestes apaisants de
celle qui distribue la nourriture, s’en approchent de plus
en plus, parfois même à 4 ou 5 mètres. Longeant
la clôture de piquet en piquet, ils suivent Martine qui répand
leur repas tant convoité et ce, dès la levée
du jour.
Leur petit-déjeuner se compose de pain sec en abondance (reçu
d’une grande surface), de graines, de croquettes pour chiens
(préférées à celles pour chats !), de
restes de table, d’eau et aussi, hélas pour le potager,
de poireaux dont ils consomment la totalité à l’exception
de la partie enfouie en terre. Ils marquent aussi une préférence
pour les pousses d’ail.
Détail surprenant, les Cornet avouent avec une certaine nonchalance,
ce qui prouve à suffisance leur grande sympathie pour leurs
protégés, que 200 à 300 poireaux supplémentaires
sont plantés pour apaiser leur gourmandise !
Cette année, deux corbeaux freux encore plus intrépides,
viennent à seulement un mètre d’une fenêtre
de la maison se servir au garde-manger préféré
des plus petits oiseaux, à savoir ces « carottes »
composées de graisse, de graines ou de cacahuètes
crues décortiquées.
Martine et Thierry avouent éprouver, le jour des derniers
départs, un certain regret teinté d’une tristesse
semblable à celle perçue en quittant certains amis
de vacances…
Avec l’espoir de les retrouver l’année suivante…
Roger CORYN
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Le Cormoran Huppé. |
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| Un jeune Cormoran huppé
a été observé à Watermael-Boitsfort début
décembre 2002. Il s'agit de la première observation
de cet oiseau en Région bruxelloise depuis… près
d'un siècle !!! (de mémoire d'ornithologue et selon
la littérature ornithologique).
Les observations de cet oiseau marin à l'intérieur
du pays sont rares (à ne pas confondre avec le Grand cormoran,
que l'on peut maintenant, depuis une dizaine d'années, observer
partout dans le pays). Le Cormoran huppé est plus petit et
plus élancé que son cousin. Huppé en période
de reproduction, il présente une légère proéminence
sur le crâne en hiver. Son plumage est aussi légèrement
différent. Tous deux sont exclusivement piscivores.
L'individu, manifestement
égaré mais en parfaite santé, volait et plongeait
parfaitement. En journée, il était facilement observable
autour de l'étang de ce bâtiment.
Peu farouche (oiseau nordique des falaises côtières,
il ne connaît pas encore l'homme!), l'oiseau se laissait approcher
à moins de 3 mètres et se posait régulièrement
sur la balustrade entourant l'étang.
Le soir, il se posait sur le toit de AXA (Royale Belge) pour y passer
la nuit. L'endroit empierré et en hauteur devait lui rappeler
ses falaises natales. Cet oiseau n'était pas porteur d'une
bague. Malgré nos efforts, nous n'avons pu le munir d'une
bague belge, ce qui aurait peut-être permis un jour de le
retrouver quelque part sur une colonie.
Cet oiseau marin se reproduit dans le Nord (Ecosse, Scandinavie)
sur les falaises en bord de mer. Le baguage des jeunes en colonies
a démontré que les oiseaux observés à
la côte ou au large de la Belgique sont originaires surtout
d'Ecosse et d'Angleterre.
Une membre de la COWB (Marie-Hélène Gérard)
l'a découvert et nous a gentiment procuré ces photos.
Nous le remercions de nous avoir permis de partager cette découverte
et faire cette formidable observation. Lors de notre promenade de
début décembre, notre groupe a pu l'observer à
loisirs.
Il est resté près de trois semaines à cet endroit,
qu'il a dû quitter dès que l'étang a été
pris par la glace.
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L'engoulevent d'Europe. |
L’oiseau du mois pardon, l’oiseau de l’année
!
Quelle surprise ce samedi 21/9 pour
Mario de trouver, dans ses filets, un engoulevent! Oiseau peu commun
en Belgique et rarissime à Bruxelles, cet oiseau, né
dans l’année et en pleine migration vers l’Afrique
équatoriale, avait décidé de transiterpar Boitsfort
et le Domaine des Silex! Encore une preuve de plus que la vallée
de la Woluwe est un couloir migratoire important!
Il s’agit d’un oiseau difficile à observer tant
son mimétisme est parfait (couleur écorce d’arbre),
et ses mœurs sont crépusculaires ou nocturnes. Cet oiseau
fait penser à un grand martinet, mais aussi à un petit
rapace diurne par son vol et ses ailes pointues de faucon, mais
également à un rapace nocturne avec son plumage brun,
chamois et gris rappelant la hulotte, un peu même le Torcol!
Impressionnant quand, impressionné, il souffle et ouvre une
bouche démesurée terminée par un petit bec
semblable à celui du martinet. Cette énorme cavité
lui permet de capturer en vol, la nuit, le bec largement ouvert,
de gros insectes tels que: hannetons, papillons nocturnes, libellules,
bousiers ou moustiques…
Ses biotopes sont: les landes à bruyères, clairières
en forêt, coupes forestières et sols secs. C’est
là que, comptant sur son mimétisme, il pond deux œufs
et élève ses jeunes à même le sol, sur
un tapis d’aiguilles et d’écorces de pins, sans
même construire de nid.
Il passe la journée collé contre une branche, parfaitement
invisible, et ne s’envole qu’avec réticence.
Son chant, étrange, rappelle un long coassement de grenouille
ou un ronronnement sonore qui peut durer plusieurs minutes!
Cet oiseau est en forte régression
chez nous (pollution, trafic nocturne, pénurie d’insectes,
pesticides), la Belgique compterait moins de 500 couples. En Afrique,
il est confronté à la sécheresse et la désertification
de ses lieux d’hivernage. En Europe, il niche au nord jusqu’en
Ecosse et au bas de la Scandinavie.
Désormais porteur d’une
bague, peut-être aurons-nous un jour de ses nouvelles
et saurons-nous d’où il était originaire.
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Le Faisan colchide. |
Le Faisan de Colchide,
plus communément appelé Faisan de chasse ou des bois,
est un oiseau sédentaire oriental qui a été introduit
en Europe occidentale, comme oiseau d’ornement primitivement,
dès l’époque romaine. Il tient sa dénomination
latine (phasanius ou oiseau de Phase) héritée du nom
de cette rivière de l’ancienne Colchide, région
située sur la côte orientale de la Mer Noire (Géorgie),
portant aujourd’hui le nom de Rion et qui descend du Caucase
pour se jeter dans la Mer Noire.
Nul ne sait si Jason et ses Argonautes l’ont rapporté
de Colchide comme on le prétendait dans l’Antiquité.
Toujours est-il que l’espèce a conservé son nom
exotique et est devenue, au fil des siècles, le gibier traditionnel
par excellence. Des lâchers en vue de la chasse en battue ne
semblent avoir eu lieu qu’à partir de la moitié
du XVIIIème siècle en Belgique, d’abord en Brabant
puis en Hainaut. Ce n’est que grâce à ce repeuplement
massif et annuel, à l’instar de la Perdrix grise, que
la chasse au ‘petit gibier’ reste encore possible en Belgique:
sans cet apport artificiel de ‘volaille colorée’,
un très grand nombre de chasseurs pourraient raccrocher leurs
fusils.
Le Faisan de Colchide, à l’état ‘sauvage’,
recherche des paysages variés comprenant un milieu arbustif
ou arboré (haies épaisses, bosquets, parcs, bois feuillus
ou mixtes), de préférence à sol frais, et à
proximité de prairies ou de cultures. Il aime placer son nid
dans les zones broussailleuses, les ronciers, les massifs de fougère-aigle
mais aussi, et peut-être à défaut d’un meilleur
couvert, dans les cultures proches des bois.
Il pénètre peu dans les grands massifs forestiers et
est rare en Fagne, peu nombreux dans les landes, les bruyères,
les dunes où il niche occasionnellement sous les argousiers,
ainsi que dans les polders dépourvus de couverts naturels.
Il est probable que les Faisans ne pourraient se maintenir naturellement
en Haute-Belgique où les hivers sont trop rigoureux.
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Photo : John van de Wouw |
Le Faucon hobereau. |
| Le Faucon
hobereau est l’un des faucons le plus petit et le plus agile.
C’est un rapace migrateur dont les représentants nichent
en Europe et passent la mauvaise saison en Afrique tropicale, principalement
dans le bassin du Zambèze.
Ce corsaire est en somme un Faucon Pèlerin en réduction,
plus svelte et plus fin, qui a gagné en élégance
ce qu’il a perdu en puissance. Sa silhouette aux ailes effilées
et très aiguës, à la queue relativement courte,
ressemble à celle d’un grand martinet. C’est
un prédateur de haut vol dont les capacités acrobatiques
et sa vitesse lui permettent la poursuite et la capture de ses proies,
tour à tour chasseur de gros insectes ou d’oiseaux
au gré des circonstances ou de sa spécialité
selon son inclination individuelle.
Les libellules et les gros coléoptères sont ses proies
préférées qu’il happe durant ses vols
crépusculaires, de la patte ou du bec, et qu’il décortique
et mange en l’air, courbant la tête vers la proie ramenée
en avant, tout en poursuivant un vol ralenti. La souplesse de son
vol et la rapidité de son attaque surprennent même
l’hirondelle ou le martinet, parfois aussi, mais plus rarement,
la chauve-souris. Par contre les Etourneaux au dortoir lui paient
un large tribut.
Dès la fin avril, le Faucon hobereau, nous revient de ses
lointains quartiers d’hivernage africains. Il niche dans toute
l’Europe, à l’exception des régions nordiques
– Irlande et moitié nord de la Grande-Bretagne –
et des îles de la Méditerranée (hormis la Corse).
Chez nous, c’est un nidificateur surtout répandu en
Campine où se concentre la majeure partie de la population
belge évaluée à moins de cent couples.
Lors de la parade nuptiale, le mâle
se livre à de spectaculaires évolutions aériennes,
offrant souvent en plein vol des proies à la femelle, et
le couple, serres entremêlées, se laisse tomber brutalement
sur dix mètres avant de se séparer.Cet oiseau ne construit
pas de nid, mais se contente généralement d’occuper
une ancienne aire de Corneille noire ou de Pie bavarde.
Cet été, un couple de faucons hobereaux a niché
à proximité immédiate des étangs de
Boitsfort, attiré par la présence de nombreuses libellules
et hirondelles de fenêtre !
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Photo: Alphen aan den Rijn, Calendrier
de l’oiseau, 1999. |
Le faucon pèlerin |
| Le faucon pèlerin
(Falco peregrinus) est un rapace robuste de taille moyenne,
réputé pour être l’oiseau le plus rapide
(295 km/h) du monde.
Le dos est gris foncé, le ventre est crème avec des
dessins noirs. Les joues sont blanches, avec une sorte de tache
noire en forme de moustache. Les pattes sont jaunes, le bec est
noir-bleuté, court et recourbé dès la base
et les yeux sont noirs. Les juvéniles
sont bruns avant de prendre
la couleur des adultes. La femelle est plus grande et plus lourde
que le mâle, parfois de 30 % (on parle souvent des mâles
comme étant tiercelet). Les narines de l'animal sont dotées
de sortes de déflecteurs qui lui permettent de respirer pendant
ses piqués. |
|
| |
Caractéristiques
physiques |
| |
Mâle |
Femelle |
| Taille |
38
à 46 cm |
46
à 54 cm |
| Envergure |
90
à 100 cm |
104
à 113 cm |
| Poids |
600
à 750 g |
900
à 1 300 g |
|
Le faucon pèlerin
est un animal plutôt silencieux. Son cri le plus fréquent
est un « ka yak, ka yak » assez perçant et sec.
En cas d'alerte, le cri est un rapide « kek-kek-kek »
qui peut aller en s'amplifiant si un intrus continue de s'approcher.
Il existe aussi un cri plus traînant au moment des parades
d'accouplement.
Le faucon pèlerin vit en couple stable dans la durée.
Au printemps, le mâle fait la cour à la femelle en
exécutant des acrobaties aériennes. On peut alors
voir des couples de faucons faire des spirales, des ascensions et
des piqués. La ponte a lieu en février
et en mars.
La couvaison a lieu entre mars
et juin. Il y a une couvée par an comprenant de 2 à
5 œufs. Après la ponte, l'incubation est assurée
par le mâle et la femelle (cette dernière passant plus
de temps à couver que le mâle) et dure environ un mois
(de 28 à 32 jours, dans la majorité des cas). Les
poussins naissent à peu près en même temps.
Les jeunes sont capables de voler
au bout de 35 à 45 jours. En moyenne, ils sont 1 ou 2 à
survivre jusqu'à cette étape. Après l'envol,
les parents apprennent aux jeunes à chasser, en volant à
leur côté avec une proie morte dans leurs serres, puis
en la lâchant, jusqu'à ce que les jeunes arrivent à
la toucher. Cette phase d'apprentissage, pendant laquelle le jeune
reste encore dépendant de ses parents pour la nourriture,
peut durer de 6 à 9 semaines, après quoi les jeunes
se séparent des adultes.
La maturité sexuelle est atteinte vers 20 mois et les premières
reproductions ont lieu après 2 ans. Entre les premiers vols
et les premières reproductions, ce sont plus de 50 % des
jeunes qui décéderont de causes diverses.
Les faucons pèlerins sont placés sur la liste des
espèces protégées. Dans l’Union Européenne,
il est ainsi en annexe I (protection maximale) de la Directive Oiseaux.
Outre les mesures légales de
protection totale des rapaces, et l’interdiction des pesticides
(provoquant fragilisation des œufs – stérilité
– empoisonnement), un programme d’installation
de nichoirs sur des tours et autres grands bâtiments a contribué
au retour de cette espèce.
Actuellement, le placement de nichoirs
n’est plus nécessaire, car les effectifs de cet oiseau
se sont restaurés, et ce rapace, emblématique de la
conservation de la nature en Europe, recolonise des sites naturels
pour nicher (falaises et rochers).
Il est revenu nicher de façon naturelle à Bruxelles,
assimilant les hauts bâtiments à des falaises de substitution
Le faucon pèlerin avait disparu
de Belgique dans les années ’60. Ce n’est qu’en
1995 que le faucon pèlerin est revenu nicher en Belgique.
Il y aura probablement plus de 50 couples nicheurs en Belgique en
2008. En Région wallonne on a compté 22 (peut être
24) couples en 2007 dont 11 en sites naturels (carrières
et parois rocheuses).
A Bruxelles, le couple de la cathédrale
des Saints Michel et Gudule a niché avec succès en
2007 pour la quatrième année consécutive.
En ville, le pèlerin se nourrit principalement de pigeons,
mais son menu peut s’agrémenter de bécasses,
grèbes, martinets, grives, merles, étourneaux, etc…
qu’il capture exclusivement en vol.
A Boitsfort, des perruches à collier font partie de ses proies.
Sources :
- Wikipedia (www.wikipedia.org)
- Falco peregrinus in Bruxelles/Belgium : "Faucons pour tous
» http://www.fauconspelerins.be
- Commission Ornithologique
de Watermael-Boitsfort
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page. |
Le Fuligule Morillon |

Dessin de John Gould, 1871
|
Tout de noir et de blanc vêtus,
les Morillons mâles se distinguent aisément des femelles
plus brunes. Ce Fuligule qui peuplait jadis tout le nord-est de l’Europe,
a vu son aire de répartition s’étendre vers l’ouest
depuis le début de la seconde moitié du siècle
passé, suite à des colonisations successives : Belgique
(1947), France (1952), Suisse (1958), Autriche (1960), Hongrie (1965),
Italie (1980) et Espagne (1988). Le Fuligule morillon niche dans tout
le Paléarctique, depuis l’Islande (depuis 1895) jusqu’à
la Sibérie orientale.
L’espèce montre donc une tendance à l’expansion
et à l’augmentation dans l’ensemble de l’Europe
occidentale. Cette évolution est également fortement
marquée dans notre pays, surtout depuis les années 1970,
principalement dans le Bas-Escaut (provinces d’Anvers et de
Flandre orientale), mais aussi en Campine limbourgeoise, dans les
vallées de l’Yser, de la Dyle, de l’Escaut, du
Rupel, de la Haine et de la Nhète. Une grande partie de la
population belge niche sur des terrains de remblais inondés
ou à proximité, au bord des criques et de larges voies
d’eau, sur des étangs de pisciculture et des milieux
apparentés.
Se nourrissant principalement en plongée complète, s’immergeant
de 3 à 5 mètres de profondeur, il barbote rarement à
la surface de l’eau et ne cherche jamais sa nourriture sur la
terre ferme. Aussi, son régime alimentaire se compose-t-il
principalement de mollusques, crustacés, insectes, petits poissons
et têtards, mais il peut aussi s’adapter aux ressources
végétales : il a su ainsi profiter, plus que d’autres
canards, d’une plus grande adaptation à de nouveaux sites
de reproduction.
L’adaptation à la plongée s’est produite
au détriment du vol, à tel point qu’un élan
assez long, avec l’aide des pattes autant que des ailes, est
nécessaire afin de décoller de la surface de l’eau.
En hiver, il séjourne en grandes bandes, ce qui assure au groupe
une plus grande sécurité. La distribution hivernale
s’étend de la Baltique à la Méditerranée
méridionale, en Afrique jusqu’au Nigeria et au Kenya.
|
La Gorgebleue. |
La Gorgebleue est fort
peu connue car on n’a guère l’occasion de l’observer
longuement tant la vie de ce petit Turdidé (de la famille des
Grives et donc aussi apparentée au Rougegorge) se passe à
terre, sur la vase humide, bien au secret sous le couvert du labyrinthe
palustre où elle se faufile et court comme une souris, et elle
ne vole guère à découvert.
Cette espèce aime donc les lieux marécageux, les fossés
vaseux, les ruisseaux fangeux, les rives des cours d’eau calmes
et des étangs garnies de saules et de roseaux, ainsi que les
oseraies. En Belgique, elle fréquente principalement les bas-marais,
mais aussi les schorres le long de l’Escaut (comme dans les
réserves naturelles scaldéennes de Sint-Amandsschorre
et du Cramp), ainsi que dans les argilières et les zones d’affaissements
miniers d’Heusies, tels les marais de Montreuil gérés
par la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux.
La Gorgebleue à miroir blanc (dont une sous-espèce à
miroir roux niche en Scandinavie) est un nidificateur tellement rare
chez nous, avec un effectif évalué à quelque
600 couples seulement, que sa seule présence dans une zone
humide mérite des mesures de protection spéciale au
niveau européen. Du fait de son comportement territorial (postes
de chant), l’existence de buissons mêlés à
la végétation palustre semble essentielle. La présence
de plages de boue (alimentation) est observée dans la plupart
des biotopes occupés. Son régime alimentaire se compose
d’insectes, de larves, de petits mollusques, de vers et de quelques
baies en automne.
Le chant de la Gorgebleue jouit d’une réputation flatteuse.
Chaque phrase musicale est une répétition d’une
note ou d’un motif, mélangée de sonorités
métalliques, sur la base d’un roulement bas en sourdine,
mais aussi de sons purs et flûtés comme chez le Rossignol.
Dès le mois d’avril (ce migrateur nous revient de ses
quartiers d’hivernage situés dans le Nord de l’Afrique),
le mâle se cantonne sur son territoire de nidification. A la
femelle incombe la construction du nid qu’elle cache habilement
sous les herbes retombantes ou dans un creux de berge, volontiers
près de l’eau. Après avoir élevé
une seconde couvée, les Gorgebleues nous quittent assez tôt,
dès août-septembre, pour entamer leurs étapes
migratrices de nuit.
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Photo: Philip Friskorn, Calendrier
de l’oiseau, 2001 |
La Grande aigrette |
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Plus blanc que blanc,
la Nature sait faire sans les détergents dont elle a horreur
autant que du vide. L'immaculée blancheur de la Grande Aigrette
constitue la preuve de ce pouvoir.
De la taille du Héron cendré, bien connu de tous,
elle ne peut être confondue ni avec lui, ni avec aucun des
autres échassiers visibles dans nos régions. En dehors
du grand bec jaune et des longues pattes jaunes et noires, la Grande
Aigrette est entièrement blanche. Son long cou mince, son
attitude dressée au repos et la pureté de son plumage
lui confèrent un air de noblesse. En vol, grâce à
ses battements d'ailes lents et souples, elle est encore très
élégante. Elle diffère de l’Aigrette
garzette par des coups d’ailes plus lents, des pattes proportionnellement
plus longues qui dépassent en vol, et une plus grande taille
(de 85 à 100 cm). Elle est l’un des grands oiseaux
les plus silencieux. C'est tout à son avantage, car lorsque
sa voix se fait entendre, ce sont des cris aigres et sonores qui
jurent avec l'apparence de finesse qu'elle offre autrement.
Elle est en grande partie restreinte aux vastes zones humides et
aux zones d'eau douce dans les régions de plaine, mais elle
a déjà été signalée comme nicheuse
en terrain montagneux jusqu'à 1800 m. On la retrouve dans
les cultures fourragères dans les prairies (humides ou pas),
les marais, les dépressions, les terres inondées,
les bassins, sur les berges des rivières, les ruisseaux,
les canaux, les lacs, et parfois aussi sur les terres irriguées
et les rizières, principalement en hiver. Elle se reproduit
généralement dans les grandes, denses et inaccessibles
roselières ou autres grandes végétations aquatiques.
Le dimanche 16 mars 2008, après avoir passé quelques
jours en centre de revalidation, une Grande Aigrette était
relâchée au Domaine des Silex. Juste avant d'être
relâchée, elle a bien sûr été baguée,
elle est ainsi la première Grande Aigrette à être
baguée en Belgique! Elle avait été extirpée
quelques jours plus tôt d'un filet protecteur pour piscicultures
à Ronquières... Chose rare en Belgique, cet oiseau
était un adulte en plumage nuptial: les superbes aigrettes
dorsales sont bien visibles, de même que l'étonnante
couleur verte des lores (régions entre le bec et l'oeil).
Ce sont ces fameuses "aigrettes", tant recherchées
par ces dames du siècle passé, ainsi que la chasse
effrénée, qui causeront la disparition de nos régions
de ce bel Ardéidé. Heureusement, le statut de protection
total dont bénéficie l'espèce actuellement
en Europe, a vu ses effectifs exploser véritablement ces
dix dernières années.
Un individu a également séjourné dans la partie
marécageuse du parc Malou dans la vallée de la Woluwe
durant l’hiver 2008-2009. Ce samedi 31 octobre 2009 en fin
d'après-midi, une Grande Aigrette a été observée
sur le grand étang de Boitsfort (Etang du Moulin). Elle y
a passé la nuit mais s'était envolée le dimanche
matin, jour de la promenade nature ...
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Photos Stephan Peten
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Le Grèbe Castagneux
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Il n'est nul besoin
d'être un grand connaisseur pour identifier cette minuscule
boule de plumes châtain qui flotte et plonge parmi les Foulques
et les Canards de nos étangs calmes: c'est le Grèbe
castagneux, le plus petit de nos plongeurs.
A la taille inférieure à celle de la Poule d'eau,
il est d'une grande activité. Sa vie se passe tout entière
sur et dans l'eau. Dodu, rondelet, et au plumage soyeux, à
l'arrière-train duveteux et blanchâtre, il est de nature
craintive. A la moindre alerte, il est prompt à disparaître
sous l'eau dans un jaillissement de gouttelettes pour reparaître
un peu plus loin, ne montrant que sa petite tête émergeant
de la végétation aquatique, tel un périscope
de sous-marin minuscule. En plongée, il progresse rapidement
grâce à la propulsion des pattes située très
à l'arrière du corps et dont les doigts s'ornent de
larges membranes. Cette adaptation strictement aquatique de ses
déplacements ne lui permet pas de marcher aisément
sur la terre ferme malgré ses petites pattes vigoureuses.
Ses ailes courtes et arrondies ne lui sont d'aucunes aides pour
«ramer» sous eau. Il ne s'en sert que très peu
pour voler.
Son régime alimentaire se compose principalement d'insectes
aquatiques de petite taille et leurs larves, de mollusques et de
crustacés, de têtards et de petits poissons. Ce n'est
pas une espèce typiquement piscivore et donc il ne peut être
nullement accusé d'être un concurrent de la pêche
à la ligne.
Le Grèbe castagneux peut être observé chez nous
durant toute l'année, dans de petites mares isolées
dans les bois ou les champs de bruyères, dans des bras morts
de nos rivières, larges fossés et étangs. Il
affectionne les eaux peu profondes à végétation
pas trop serrée laissant subsister suffisamment d'espaces
libres. Aimant des sites tranquilles,
sa densité est faible chez nous. La cause principale qui
influence ses effectifs est le gel persistant. Mais d'autres facteurs
de réduction entrent en jeu: assèchement des marais
et urbanisation, bétonnage des rives et curage excessif des
rivières, le privent cruellement du couvert nécessaire
en période de nidification. Et la pollution des eaux intérieures
est une menace supplémentaire. En Belgique, le Grèbe
castagneux niche principale-ment en Campine et en Flandre où
sa population est évaluée à moins de 160 couples.
L'espèce, tout comme son habitat humide, méritent
sans conteste une plus grande préoccupation de la part de
nos responsables ministériels, car son statut légal
est mal défini dans la législation actuelle.
Oiseau sédentaire ou erratique,
le Grèbe castagneux devient migrateur par obligation quand
les mauvaises conditions climatiques hivernales le poussent à
séjourner dans la région méditerranéenne
où la chasse à la sauvagine ajoute un danger pressant
à son maintien.
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Photo: Flip de Nooyer, Calendrier
de l'oiseau, 2003.
Observez bien: il transporte un jeune sur le dos! |
Le Grèbe Huppé. |
Le Grèbe huppé
est une espèce de l’Ancien Monde. Il se reproduit dans
presque toute l’Europe, jusqu’à l’est de
la Pologne et, vers le nord, jusqu’au sud de la Suède.
La vie de ce grèbe se passe tout entière sur l’eau
ou dans l’eau et cette existence aussi strictement aquatique
ne va pas sans une adaptation extrêmement poussée.
La position des pattes est révélatrice à cet
égard: elles apparaissent tout à l’arrière
du long corps en fuseau, comme les hélices à la poupe
d’un navire. Les tarses, fortement aplatis latéralement,
fendent l’eau avec le minimum de résistance. Chaque
côté des doigts est orné de larges membranes
distinctes qui n’ont pas moins d’efficacité que
les doigts complètement palmés des canards. La propulsion
est due uniquement à la force des pattes car les ailes ne
sortent pas des poches que forme le duvet protecteur des flancs.
Ce duvet épais, serré, soigneusement entretenu et
graissé, ressemble à une fourrure imperméable.
Si avantageuse qu’elle soit pour la vie aquatique, la position
des pattes ne lui permet de marcher et de se tenir debout qu’à
grand-peine. Aussi, le Grèbe huppé n’aime-t-il
pas se reposer à terre où sa lourdeur maladroite l’expose
à trop de dangers.
Le Grèbe huppé niche dans notre pays sur toutes sortes
de plans d’eaux stagnantes pour autant qu’ils soient
purs et poissonneux.
A l’origine, son habitat naturel était limité
à des étangs et des lacs d’une certaine étendue
bordés de larges franges de roseaux. Espèce protégée
inconditionnellement, elle accepte maintenant des plans d’eau
plus petits et même dépourvus de végétation,
nouvellement creusé (tels que argilières, sablières
et gravières sous eau, des terrains de remblais inondés,
etc.), des criques poldériennes et même des douves.
Elle s’est adaptée u voisinage de l’homme et
niche dans des sites très fréquentés, voire
dans des parcs urbains ou des ports de plaisance.
En hiver, cet oiseau recherche des plans d’eau libres du gel,
et donc il n’hésite pas à prendre la direction
des côtes, cou tendu et battements d’ailes rapides.
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|
Photo : Harry Fiolet, Calendrier de l’oiseau
2000 |
La Grive litorne |
La Grive litorne est un
bel oiseau, un peu plus fort que le Merle, à la livrée
très contrastée : tête grise, dos brun chaud,
croupion gris, poitrine roux doré, piquetée de points
noirs, ventre blanc et queue noire.
A l’origine, c’est un oiseau de la taïga. En Scandinavie,
cette espèce, généralement farouche, s’est
adaptée au voisinage de l’homme et niche dans les parcs
et jardins. En Europe occidentale, cet oiseau se cantonne dans les
endroits relativement humides. Mais elle ne cherche pas à se
cacher, bien au contraire : elle aime à vivre à découvert,
pâturer dans les prés et se percher, bien en vue au cime
des arbres, mais une Litorne isolée est rare : elle ne se sent
à l’aise qu’en société de ses semblables.
En migration automnale, les Litornes passent, à altitude moyenne,
en bandes nombreuses ; en hiver, elles battent la campagne en volées
d’importance très variable, vagabondant à la recherche
de baies, mais surtout de fruits mûrs tombés des arbres
dans les vergers ; le soir, elles se regroupent pour dormir. La nourriture
végétale de l’hiver est entièrement remplacée
au printemps et en été par des insectes, des larves,
des vers, des mollusques terrestres.
Elle niche en petites colonies lâches. Volumineux et peu soigné,
son nid est construit contre le tronc d’un vieil arbre ou sur
une grosse branche latérale. La ponte a lieu de la mi-avril
à la mi-juin. Lorsque les jeunes, âgés de deux
semaines, sortent du nid, le mâle les surveille et les nourrit,
tandis que la femelle s’occupe déjà de la seconde
ponte. Le premier cas de nidification de la Grive litorne pour la
Belgique fut découvert par Roger Arnhem, le 14 mai 1967, à
Elsenborn Village (Hautes Fagnes). Le nid était bâti
à près de dix mètres de haut, au creux d’une
grosse fourche d’un hêtre Les cinq jeunes de ce couple
purent être observés à l’envol…
A partir de ce site pionnier, après une dizaine d’années,
la Litorne s’était tellement répandue dans cette
zone des Cantons de l’Est, que sa population dépassait
en nombre les Merles noirs locaux. Depuis lors, elle a étendu
rapidement son aire de répartition vers l’ouest et le
sud du pays : après la province de Liège, le nord du
Luxembourg et de l’Ardenne, la Lorraine et le Pays de Herve,
pour déborder jusqu’en Campine. On peut estimer les effectifs
nicheurs à quelque quatre mille couples actuellement.
La Litorne est une espèce totalement protégée
en Belgique. Proverbe
: faute de grive, on mange des merles = à défaut de
mieux, il faut se contenter de ce que l’on a. La chair de
la grive était plus estimée que celle du merle.
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Le Grosbec casse-noyaux |
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| Le Grobec casse-noyaux
ressemble à un gros Pinson chanteur mais il impressionne
par son corps trapu, court de queue, sa puissante encolure de taureau,
sa grosse tête portant un énorme bec conique, sans
oublier ses petits yeux perçants qui reflètent une
étrange impression d’agressivité ou d’insécurité.
Au vol, sa détermination est aisée grâce à
sa taille, à la proéminence du cou et de la tête,
à la grande bande blanche sur l’aile et à la
queue courte terminée également par du blanc.
Son énorme bec conique, dont la robustesse est soulignée
par une petite bavette rectangulaire, est un outil redoutable (plus
de 50kg de pression) avec lequel il croque allègrement les
noyaux de cerises et d’autres fruits sauvages. La structure
puissante des mandibules lui permet de se nourrir de graines protégées
par une enveloppe ligneuse très dure que lui seul, parmi
les oiseaux de nos jardins, peut briser : samares des érables,
des charmes, des frênes ; noyaux du merisier, du prunier du
houx et du sorbier. Sans oublier le tournesol dont il raffole, tout
comme les mésanges, sittelles et autres verdiers qui visitent
nos mangeoires en hiver mais dont la pulpe recherchée Photo:
Charlie Carels
par ces dernières espèces ne se laisse pas aussi facilement
décortiquer que par le Grosbec. Ce dernier ne dédaigne
pas pour autant une nourriture plus facilement méritée
comme la verdure tendre et les bourgeons de nos arbres et les boutons
floraux qui feront ses délices au printemps.
De mœurs arboricoles, aimant à se poster au sommet des
arbres, il fuit les espaces découverts et se réfugie
discrètement dans les bois touffus sous la haute futaie.
Timide, discret, craintif même, sa présence n’est
dévoilée au promeneur averti que par ses cris ‘tsic
tsic’, brefs et fusants, qui permettent de le repérer
ou d’assister à son envol.
Dès la fin de l’été, il affectionne fouiller
l’humus sous les premières feuilles mortes, sous les
arbres à baies, où il recherche avec soin les pépins
et les noyaux des fruits délaissés par les étourneaux,
les grives et les merles. On peut alors le rencontrer en petits
groupes avec une majorité de jeunes oiseaux de l’année.
Farouche de nature, il passe souvent inaperçu car son caractère
peu sociable envers d’autres espèces l’oblige
à rechercher des sites tranquilles où le promeneur
est rare. Dans nos régions, le Grosbec casse-noyaux est un
oiseau sédentaire et erratique très apprécié
par les braconniers car sa capture est facile : s’il est méfiant,
sa nature irréfléchie lui coûte parfois très
cher.
La population belge compterait quelque 9.000 couples.
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Photos Charles Carels

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La Grue cendrée |
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Jadis,
ce grand et gracieux échassier était un oiseau nicheur
répandu dans la plupart des pays d’Europe. Masi sa
situation est devenue catastrophique dans nos régions occidentales
où l’espèce a régressé continuellement
à cause de l’extension des cultures qui ont envahi
les espaces marécageux ou tourbeux, les bruyères vastes
et inhabitées, où les Grues cendrées pouvaient
nicher ou, comme chez nous, se reposer tranquillement lors de leurs
passages.
La majesté de la Grue cendrée n’est pas seulement
dans sa haute taille, mais aussi dans ses allures, tantôt
raides, tantôt plus gracieuses, mais toujours élégantes,
surtout dans la démarche.
De loin, son plumage paraît d’un gris sombre uniforme,
avec une touffe de plumes plus ou moins bouffantes qui saillit et
retombe à l’arrière du corps. De plus près,
on reconnaît la bande blanche qui part de la joue et descend
sur le côté du cou, dont le devant est noir. La seule
tache de couleur vive est une petite calotte rouge au sommet de
la tête. Au vol, la silhouette aux grandes ailes rectangulaires
digitées rappelle celle de la Cigogne blanche, mais le cou
tendu et les pattes s’alignent à l’horizontale.
Dans le nord de l’Europe, elles nichent de préférence
sur les tourbières au sol incertain et presque sans arbre,
mais souvent colonisées par des broussailles basses de saules
et de bouleaux nains. Plus au sud, la végétation ne
les rebute pas, au contraire, si l’eau et les fondrières
s’opposent aux intrusions. D’une façon générale,
la Grue cendrée bâtit son nid en milieu humide, souvent
forestier, sur un îlot restreint afin de se protéger
des prédateurs terrestres. Les jeunes nidifuges se nourrissent
seuls dès leur quatrième jour, principalement d’insectes,
de mollusques, de petits vertébrés, de pointes d‘herbe
et des premières graines. En hiver, les migrateurs consomment
également des glands du chêne et des olives.
La Grue cendrée est une grande migratrice dont les déplacements
spectaculaires et bruyants sont connus depuis longtemps. Après
leur rassemblement sur l’île suédoise d’Ôland
à la fin de l’été, puis leur stationnement
sur l’île allemande de Rügen ou dans le Mecklembourg
en octobre, les oiseaux de Scandinavie et du Sud de la Baltique
entreprennent un long voyage en direction du sud-ouest. Celui-ci
les conduit après quelques escales en France (Lac du Der
en Champagne) et sur le site espagnol de Gallocanta (Saragosse)
et, en petit nombre, jusqu’au Maroc. En Belgique, nous pouvons
admirer annuellement leurs survols majestueux au-dessus des Fagnes,
mais également de plus en plus en Basse Belgique, en Campine
comme le long des côtes … ou à Boitsfort, comme
le 25 février 2010.
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Photo Serge Ninanne

Ne pas confondre Grue cendrée
(à gauche)
et Cigogne blanche (à droite)
Photo Serge Ninanne

Rassemblement de Grues cendrées
Photo Damien Hubaut
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La Guifette noire |
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A leur vol souple, à
leur petite taille et aux teintes sombres de leur plumage, on reconnaît
les Guifettes noires. Un gris ardoisé sur le dos, les ailes
et la queue, du noir à la tête et sous le corps, et du
blanc pur au bas-ventre : c’est la livrée de deuil, certes,
mais justifie-t-elle vraiment le nom « d’épouvantail
» dont on avait affublé cet oiseau vif et léger
? Ou « hirondelle triste des mers » comme l’indique
son appellation en allemand ?
Mais le nom d’Hirondelles de mer convient particulièrement
à ces oiseaux : ne dirait-on pas en effet de grandes hirondelles
qui voltigent de-ci, de-la au ras de l’eau, en chassant les
insectes ?
Au cours de leurs allées et venues capricieuses, elles picorent
quelque nourriture dans une souple pirouette et parfois se laissent
choir dans l’eau comme les grandes Sternes, pour y pêcher
un petit poisson, mais sans plonger. Toujours contre le vent, c’est
une quête incessante qui tantôt effleure la surface du
lac, tantôt s’élève et s’arrête
un instant sur place, puis reprend sa course lente et onduleuse. Il
est exceptionnel qu’elles se posent sur l’eau, car elles
préfèrent prendre leur repos et dormir sur des objets
flottants, des pierres, des piquets ou à terre.
Les insectes aquatiques et leurs larves sont à la base de la
nourriture de la guifette. Elle picore aussi sur les champs les insectes
terrestres, des vers, et pêche de petits poissons, des têtards
et de minuscules grenouilles.
En Belgique, la Guifette noire nichait principalement en Campine jusqu’en
1987, mais en petit nombre et très localement. Cette espèce
était liée à des bruyères basses et humides
parsemées de mares, nichant principalement entre les joncs
dans les zones d’atterrissement, sur le tapis de sphaignes ou
sur des nattes flottantes de roseaux disposées sur l’eau
à leur intention.
Grandes migratrices, les Guifettes noires nous arrivent dès
mai, pour repartir dès septembre vers leurs quartiers d’hiver
en Afrique tropicale, de la Sénégambie à l’Angola.
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Dessin de John Gould, 1871
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Le Hibou Moyen Duc |
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Les longues aigrettes
qui se lèvent comme deux doigts sur le front sont caractéristiques
du Hibou moyen-duc, de même que la couleur orangée
des yeux. De la taille inférieure à celle d'une Corneille
noire, le plumage, où se mêlent le gris, le brun et
le roux doré, est une marqueterie somptueuse dans le détail
et un camouflage parfait dans l'ensemble. Le visage bien dessiné
varie d'expression selon qu'il s'ouvre en cercle aux heures d'activité
ou qu'il se ferme et se rétrécit pendant le repos.
On ne voit que rarement le Moyen-duc:
cela tient non seulement à ses mœurs nocturnes mais aussi
à son extrême discrétion. Pendant son repos
diurne, il somnole volontiers dans un lieu abrité, de préférence
dans un conifère où il retrouve une certaine pénombre,
appuyé contre le tronc ou posé parmi les branchages
serrés. Aimant se sentir à couvert, il est conscient
de l'avantage que lui donne là sa livrée protectrice.
Immobile, presque vertical, les yeux mi-clos et la face renfrognée,
il ne quitte son poste que s'il y est forcé. A la moindre
inquiétude, son plumage se colle au corps et devient d'une
sveltesse et d'une raideur surprenante, s'identifiant plus à
un bâton inerte qu'à un oiseau vivant.
Son régime alimentaire est
d'une grande monotonie, car il se nourrit avec prédilection
que de campagnols et autres petits rongeurs. Accessoirement, il
capture diverses espèces d'oiseaux parmi les plus abondantes
dans son aire de nidification et dont la taille peut aller jusqu'à
celle du Merle. Exceptionnellement, il consomme grenouilles, orvets,
poissons et insectes.
Le Hibou moyen-duc est un nicheur
assez commun en Europe occidentale (de 4000 à 5000 couples
nicheurs en Belgique) où ses effectifs subissent des fluctuations
importantes mais temporaires dues à la pléthore ou
à la pénurie des petits rongeurs. Sa densité
locale est parfois réduite par la concurrence interspécifique
avec le Chouette hulotte qui semble mieux s'adapter aux conditions
du moment. |
Photo: Jan van Holten, Calendrier
de l'oiseau, 2003 . |
|
Son habitat est constitué de
sites semi arborés où il dispose à la fois
d'espaces dégagés pour chasser (cultures, prairies,
jachères) et en même temps de bosquets, principalement
de conifères, où il peut s'abriter et trouver de vieux
nids d'autres espèces (Corneille, Pie, Geai, Buse, Epervier,
Héron) ou d'écureuils pour y déposer ses œufs.
La reproduction du Moyen-duc dépend de l'abondance de ses
proies et de leur fluctuation, donc en relation directe avec les
variations des populations de petits rongeurs. La ponte a lieu de
la mi-mars à la mi-juin. Les jeunes restent entre 20 et 24
jours au nid et effectuent leur première randonnée
en vol à l'âge de 4 semaines.
Partiellement migrateur, on rencontre parfois des rassemblements
de Moyens-ducs hivernant aux abords de dortoirs de petits passereaux
(Moineaux, Etourneaux) qui assurent leur repas.
Les Anglais le nomment «hibou à
grandes oreilles» (long-eared owl), en raison de ses aigrettes
développées. Mais attention, ce ne sont pas des oreilles,
seulement des touffes de plumes dont le rôle n'est pas encore
bien connu.
|
L’Hirondelle de rivage |
| Des trois espèces
d’hirondelles fréquentant nos régions dès
le printemps, ce sont sertes les Hirondelles de rivage qui sont les
moins connues du grand public du fait qu’elles ne sont pas tributaires
de nos habitations comme le sont les Hirondelles rustiques et de fenêtre.
Mais à leur plumage brun gris dessus, au-dessous blanc barré
d’une bande pectorale sombre, à leur plus petite taille,
on distingue aisément nos gracieuses Hirondelles de rivage
de leurs consoeurs. |

Photo: Wim Smeets, Calendrier de l’oiseau, 2001 |
Ce sont les hirondelles
les plus grégaires de nos régions, vivant en sociétés
très cohérentes, ce qui attire et captive l’attention.
Nichant en colonie, pouvant atteindre plusieurs centaines d’individus,
c’est la même effervescence collective qui régit
la simultanéité de toutes les phases des préparatifs
à une reproduction organisée en communauté: excavation
des terriers, collecte de matériaux nécessaires à
l’installation du nid, accouplement suivi de la ponte.
Car l’Hirondelle de rivage creuse son nid, à coups de
bec et de griffes, dans la paroi verticale d’un talus abrupt
de terre meuble, sable ou limons. Ses sites de nidification traditionnels
sont les berges érodées de cours d’eau, mais les
travaux de rectification de ces derniers, ainsi que le bétonnage
des rives, ont gravement réduit ces habitats naturels. Heureusement,
très éclectiques, les Hirondelles de rivage se sont
adaptées à divers milieux anthropiques: sablières,
argilières, marnières, talus de digues, berges de canaux,
ou tranchées fraîches dans les chantiers.
|

Photo: Henk Tromp, Calendrier de l’oiseau 1995 |

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en haut de page.
|
L’adoption
des carrières de sable, d’origine souvent artificielle,
donc occasionnelle et temporaire (gros travaux routiers ou portuaires),
a cependant une incidence favorable sur la distribution de l’espèce.
Ce sont donc les habitats naturels et artificiels qui sont à
préserver ou à mieux gérer qui donneront une
nouvel essor à cet oiseau.
Les Hirondelles de rivage partent plus tôt que les autres
espèces, au début août déjà, et
hivernent surtout en Afrique orientale.Pour tenter de faire revenir
l'hirondelle de rivage
et la revoir nicher à Bruxelles, une berge expérimentale
en sable a été provi-soirement aménagée
aux étangs de
Boitsfort.
Ces oiseaux recherchent des parois sableuses pour y creuser leur
nid, ce qui manque cruellement dans notre Région.D'autres
oiseaux, comme le martin-pêcheur (et le guêpier!), peuvent
également y creuser leur nid. |
Le Jaseur boréal |
Avec sa huppe en forme
de crête, cet oiseau peut lui aussi rivaliser en beauté
avec d'autres espèces. Son plumage coloré de plusieurs
teintes de brun, de bleu, de gris à la fin de l'hiver, l'extrémité
de la queue jaune ou barrée de bleu, les ailes noires piquées
de points rouges et jaunes, son ventre jaune et son masque noir à
la Zorro qui lui confère un air plutôt sévère.
C’est un oiseau très grégaire, et lorsqu’on
a la chance d’en observer, il est très rare de l'apercevoir
seul car il se promène en bandes plus ou moins importantes
en hiver. On le rencontre alors aussi près des habitations
où il y a des arbustes à fruits et des petites baies
comme les genévriers, les groseilliers où il reste quelques
petits fruits séchés. Il ne dédaigne pas non
plus quelques insectes qu'il attrape souvent au vol.
Nom scientifique : Bombycilla garrulus , Pestvogel (NL), Waxwing (GB),
Seidenschwanz (D)
Famille :Bombycillidae. Seul membre de cette famille à vivre
en Europe.
Longueur totale : 19 à 22 cm
|
|
Identification : cet oiseau
des forêts sub-arctiques, de la taille de l’étourneau,
est revêtu d’un plumage soyeux d’un gris brun rosé
et pourvu d’une huppe, de sourcils et d’une bavette sombres.
Les pointes rouges au bord des ailes et la large bande jaune terminale
de la queue sont d’autres signes distinctifs de cet oiseau peu
farouche à l’allure trapue.
Biotope : hôte nicheur des vastes forêts de conifères
et de bouleaux du Nord (taïga).
Nourriture : les baies forment son aliment principal durant une grande
partie de l’année : fruits du sorbier et de l’aubépine,
de l’églantier, l’alisier, la viorne, l’épine-vinette,
le genévrier, le cotonéaster ainsi que les fruits pourris
et les insectes qu’il parvient à capturer au vol à
la manière des gobe-mouches.
La faible valeur nutritive des baies qui forment l’essentiel
de sa nourriture et la rapidité surprenante de sa digestion,
obligent cet oiseau à en consommer en grandes quantités.
La nourriture ne fait que transiter 7 à 10 minutes dans estomac
et intestins, ressortant à moitié digérée.
Ce faisant, le jaseur participe involontairement, par ses fientes,
à la dispersion de certains types de plantes.
Nidification : le nid est dissimulé
dans un sapin, un épicéa ou un bouleau dans une forêt
marécageuse, au bord d’une clairière ensoleillée.
La pointe a lieu en juin, généralement 4 ou 5 œufs.
Incubation : 14 à 16 jours. Une seule ponte annuelle.
Distribution géographique :
nicheur en Eurasie septentrionale, en Sibérie centrale, au
sud de la Suède et en Finlande, le jaseur boréal ne
se rencontre pas tous les ans en Europe occidentale en tant qu’oiseau
hivernant. Dans nos contrées c’est un oiseau mythique
pour les ornithologues.
Ses déplacements irréguliers dans les zones tempérées
ont un caractère d’invasion et occasionnel car ils
sont provoqués par le manque de baies dans son aire de nidification
lors des mauvaises années de fructification ou lorsque la
population est trop importante. En hiver, en Suède, il peut
y avoir des troupes de 1.000 individus en pleine ville, en janvier/février,
même s’il fait –20° à –30°,
les années à bonne fructification de sorbier.
A intervalles irréguliers (4 à 7 ans), les jaseurs
quittent en grand nombre les pays nordiques, migrent vers le sud
et ces invasions atteignent la France et les Balkans. Il viennent
alors dans les villes et villages à la recherche de baies
(sorbier, gui). Il semble que les invasions ne répondent
que partiellement à la problématique de surcroît
d’effectifs car les pertes en cours de route sont relativement
élevées, seul un nombre restreint des oiseaux impliqués
dans les invasions retrouvent la toundra reproductrice en mars/avril.
Le jaseur boréal est peut-être le passereau européen
dont les invasions attirent le plus l’attention du public
en raison du grand nombre de participants, de leur beauté
et de leur voix harmonieuse (cris = sorte de trille aïgue «
sirrrr » qui résonne comme une petite clochette).
Ses apparitions irrégulières, parfois spectaculaires,
n’ont pas manqué de frapper l’imagination populaire.
Jadis, ses fuites « migratoires » étaient considérées
comme des signes de malheur - annonçant la guerre (d’où
son nom en allemand), la peste (d’où son nom en néerlandais)
- ou de grands froids. La grande confiance de ces oiseaux en font
des victimes faciles pour les tendeurs qui les convoitent pour orner
leur volière. Quelques oiseaux ont été saisis
chez des braconniers.
C’est un oiseau européen, donc intégralement
protégé. Cet hiver a connu une mini-invasion : nord
de la Hollande, côte ouest de l’Angleterre, Belgique
et France (quelques individus).
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page.
|
Le Milan royal. |
Un peu
plus grand que la Buse variable, le Milan royal est facile à
identifier: la queue est profondément échancrée.
Les longues ailes étroites sont marquées d’une
grande tache blanche à la face inférieure. La tête
d’un blanc grisâtre est striée de sombre et le
plumage est roussâtre en majeure partie. Pour nicher, le Milan
royal affectionne des mosaïques de bois feuillus, bosquets et
terrains dégagés à dominante herbagère.
Le nid se localise souvent en lisière des forêts. Les
cas de nidification recensés en Belgique sont plutôt
rares (moins de 10 couples) mais l’espèce semble en légère
extension mais reste très sensible à la pose d’appâts
empoisonnés, cependant interdite par la réglementation
cynégétique.
Car le Milan royal est un charognard autant prédateur que parasite
qui essaie de s’emparer des proies des autres rapaces. En fait,
c’est un médiocre chasseur qui s’intéresse
principalement à des proies couchées. Loin d’être
un rapace de haut vol, ce bel oiseau trouve sa nourriture à
terre où tout lui est bon, surtout s’il n’a pas
un grand effort à déployer: rats, campagnols, lapins,
lézards et grenouilles. Il ne méprise pas les insectes,
happe même les libellules au vol, glane des lombrics dans les
champs, chaparde des proies dans les héronnières. Moins
porté que le Milan noir à rôder sur les eaux,
il y pêche aussi des poissons crevés ou malades.
Pour toutes ces raisons alimentaires, le Milan royal niche souvent
près des dépotoirs et décharges publiques d’où
il rapporte chiffons ou morceaux de plastique avec lesquels il orne
la cuvette de son nid. Il serait sédentaire au Pays de Galles,
ailleurs, il est généralement migrateur, hivernant dans
la péninsule ibérique, parfois au Maghreb.
En Belgique, les principaux cas de nidification proviennent de Haute-Belgique:
Lorraine, Hautes-Fagnes et Entre-Sambre et Meuse. Pour rappel, nous
avons eu la chance et le plaisir d’observer cet oiseau, survolant
à faible hauteur le Domaine des Silex, pour la première
fois, le 4 mars dernier.
Milan vient du latin milvus qui signifie oiseau de proie. Le terme
royal vient du mot réel pour vrai Milan, à distinguer
de l’autre milan, le noir, qui est plus sombre.
|
Dessin : Ludo Watthée

Photo : Wim Smeets |
Le Moineau domestique. |
Ce Pierrot
robuste et trapu, ce compagnon de nos campagnes, ce commensal effronté
de l’homme et qui vit aux dépens de celui-ci était
si commun qu’on le regarde à peine. Et, cependant, la
livrée du mâle adulte mérite d’être
examinée de près et avec attention: calotte gris foncé
bordé de roux, bavette noire, joues et dessous blanc grisâtre,
manteau brun chaud rayé de noir et croupion gris, autant de
signes vestimentaires que dévoile une plus longue observation.
La femelle et les jeunes sont plus ternes, au plumage brun grisâtre.
Le Moineau domestique a lié son existence à l’homme.
On ne le rencontre jamais loin des terres cultivées ou des
habitations. Il affectionne les champs, les jardins potagers, les
vergers, les prairies, les fermes pas trop isolées et leurs
dépendances, les parcs et les rues.
Omnivore débrouillard, le Moineau domestique a un régime
mixte, où les éléments végétaux
l’emportent de loin sur la nourriture animale, mais qui dépend
fortement du milieu qu’il habite. Recherchant sa substance à
terre, il marque une grande préférence pour diverses
graines, pourvu qu’elles se soient ni trop grandes ni trop dures,
les semences de nos herbacées, les céréales,
les fruits des champs (navet et chou) et le trèfle. Il s’intéresse
également à la verdure tendre, aux boutons des fleurs
et aux fruits à suc doux (groseille, cerise, raisin, fraise).
Le Moineau domestique de nos villes, qui se nourrissait autrefois
de crottin de cheval dans lequel il trouvait des graines non digérées,
a diminué en nombre depuis que la locomotion automobile a remplacé
la traction chevaline. Malgré cela, il se maintient grâce
à sa sobriété, à son ingéniosité
et aussi à la générosité des citadins
qui lui prodiguent miettes de pain et graines diverses. |
Le Moineau domestique
(Photo: J.M. Winants, fiche Oiseaux de chez nous n°6, LRBPO)
|
Le Moineau
friquet est plus campagnard et un peu migrateur. Les deux sexes sont
semblables. Ces deux espèces, granivores, se nourrissent exclusivement
d’insectes pendant la période d’élevage
de leurs jeunes. Ces oiseaux jouent donc un rôle primordial,
mais souvent méconnu, dans la destruction naturelle des insectes
nuisibles et contribuent à maintenir l’équilibre
naturel.
Des études récentes démontrent que les deux espèces
deviennent rares, enregistrant une forte réduction de leurs
effectifs dans toute l’Europe. Les principales causes en sont
la disparition et la monotonie des structures rurales, la stérilité
de nos jardins et espaces verts, et l’utilisation de substances
chimiques dans l’agriculture et les jardins. Les rénovations
généralisées des bâtiments (isolation,
hermétisme) sont également l’un des principaux
obstacles à la survie de ces espèces, car de nombreux
interstices sont bouchés réduisant ainsi les possibilités
de nidification (murs, corniches, toitures…). |
Le Moineau friquet
Photo: Damien Hubaut, fiche Oiseaux de chez nous n°39, LRBP
|
 |
Dans notre capitale aussi
le moineau a fortement régressé; cet oiseau vit en petites
colonies et subsiste à différents endroits à
Bruxelles. Avec un peu d’attention, vous en découvrirez
certainement près de chez vous. Poser des nichoirs à
son attention peut contribuer à protéger les moineaux
de son quartier. La COWB a procédé, en collaboration
avec la Commune de Watermael-Boitsfort, à l’installation
de plusieurs nichoirs pour moineaux (notamment au Manège du
Possible). Ils sont occupés petit à petit par des moineaux;
la présence de chevaux (et leur crottin) et d'une colonie de
moineaux à proximité a facilité leur occupation.
5 nichoirs étaient occupés par des moineaux en 2009.
Le gros de la colonie de moineaux trouve abri dans un gros massif
de lierre à proximité (le lierre, toujours vert, les
protège été comme hiver des intempéries
et des prédateurs).
NB: de plus en plus de moineaux s'installent dans les nids artificiels
pour hirondelles ! (3 couples). |
|
La Mouette rieuse. |
Avec son
bec carmin, ses pattes rouges, son manteau gris pâle et, au
printemps, son capuchon facial brun chocolat, la Mouette rieuse
ne passe pas inaperçue. Mais c’est dans sa livrée
d’éclipse, décapuchonnée ou arborant
encore quelques traces de marbrures brunâtres du plumage immature,
que ce Laridé élégant et débrouillard
visite nos grandes villes, ses parcs et ses larges artères.
Citadin ou villégiateur du bord de mer, cet oiseau élégant,
à l’aise tout autant sur la terre que sur l’eau,
se reproduit parfois très loin des mers et des océans.
La Mouette rieuse niche principalement sur les étangs (‘vens’)
des bruyères, aux eaux peu profondes et acides, des provinces
d’Anvers et du Limbourg. A la côte, elle ne se constitue
en colonies que dans le Zwin. A côté de ces milieux
naturels, elle investit des habitats artificiels depuis un quart
de siècle. Des colonies se sont ainsi installées sur
des décanteurs de sucrerie, dans des gravières inondées,
des marais d’affaissements miniers, ainsi que sur des terrains
de remblai dans la zone portuaire anversoise.
La Mouette rieuse, malgré ses tendances omnivores, se nourrit
surtout de proies animales: lombrics, coléoptères,
diptères, chenilles, têtards et grenouilles, mollusques
et poissons. Très voraces, elle engloutit au moins son poids,
soit environ 300 grammes par jour, la digestion et l’élimination
étant rapides. Pour ceux et celles qui aiment nourrir nos
mouettes hivernantes en ville, un petit conseil au passage: si vous
distribuez du pain, celui-ci doit être présenté
en tous petits morceaux afin de permettre à l’oiseau
de les avaler d’un seul coup. Cette nourriture d’appoint
ne peut cependant pas être jetée sur la voie publique,
tant par souci de la salubrité publique que par respect de
la réglementation, mais aussi afin d’éviter
que la mouette, affamée donc imprudente, ne soit victime
du trafic routier.
Retour en haut de
page.
|

Photo: Filip de Nooyer, Calendrier de l’oiseau, 2004
|
Le Pic Noir. |
D’une taille voisine
du Choucas, ce Pic est entièrement noir, avec un bec long
et droit, l’œil blanchâtre, la calotte entièrement
rouge (mâle) ou réduite à une tâche rouge
derrière la tête (femelle).
C’est le plus grand de nos pics dont la première apparition
en Belgique semble dater de 1862 alors qu’on n’observe
cet oiseau pour la première fois aux Pays-Bas qu’en
1915. Ce serait le reboisement par des résineux et les coupes
à blanc qui délaissent les souches périssantes
propices aux insectes dont il se nourrit qui auraient entraîné
son apparition.
Le Pic noir est principalement localisé en Campine anversoise
et limbourgeoise ainsi que dans les grands bois brabançons
et dans les vastes forêts de Haute-Belgique. Vu l’étendue
de son territoire et parfois l’inaccessibilité, tout
recensement reste aléatoire pour une espèce aussi
rare. Les effectifs belges devraient se situer entre 50 et 250 couples
au maximum.
Cavernicole, le Pic noir creuse son logis de préférence
dans un hêtre, un peuplier, un bouleau ou un chêne,
rarement dans un conifère ou un poteau téléphonique.
La ponte à lieu d’avril à mai: généralement
quatre ou cinq œufs déposés dans une cavité
nouvelle sans matériaux, si ce n’est quelques copeaux
de bois fraîchement décapés. La durée
d’incubation prend quelque deux semaines. Les jeunes quittent
le nid après 24 à 28 jours et errent ensuite dans
la région, sans jamais parcourir de grandes distances. Oiseau
très pacifique, il laisse
prendre possession de sa cavité nouvellement creusée
les Choucas, les Pigeons colombins, les Etourneaux et même
les Sittelles.
Cette espèce n’est abondante nulle part car les besoins
d’un couple s’étendent à plusieurs centaines
d’hectares de forêts, de hautes futaies de bois de feuillus
(hêtres) pour y creuser son nid et où existent de nombreux
îlots de résineux dont il aime explorer les souches
et les écorces. Car ce Pic arboricole typique s’attaque
vigoureusement à tous bois vermoulus et ne descend à
terre que pour visiter les racines et souches de conifères,
y cherchant à coups de bec solides ou avec sa longue langue
gluante toutes sortes d’insectes xylophages, leurs larves
et imagos. Il est très friand de fourmis et de leurs larves
et œufs dont il nourrit ses jeunes dès l’éclosion.
Retour en haut de
page. |

Photo: Paul van Gaalen, Calendrier de l’oiseau,
1996

Les deux derniers numéros (3 € le n°) de La Hulotte
vous proposent de découvrir, avec humour et passion, la vie
de cet oiseau.
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au samedi en après-midi) ou www.aves.be/librairie/
|
Le Pinson du nord. |
Actuellement, suite à une bonne
fructification (cyclique) des hêtres, des milliers de pinsons
hivernent en Forêt de Soignes. En plus du Pinson chanteur, bien
connu de tous, de nombreux Pinsons du Nord, originaires de Scandinavie,
peuvent être observés.Le Pinson du Nord a moins de blanc
aux ailes et à la queue que le Pinson des arbres et s’en
distingue tout spécialement par le croupion blanc, bien visible
à l’envol. En plumage nuptial, le mâle porte des
épaulettes roux orangé et est très reconnaissable
à son capuchon et manteau noir brillant. Cette cape sombre
disparaît presque complètement en hiver pour devenir
brunâtre. La femelle aux teintes moins vives, ressemble davantage
à celle du Pinson des arbres et se reconnaît à
ses joues et à sa nuque grises.
Pendant les longues journées de l’été subarctique,
il niche dans les forêts de conifères et de bouleaux
qu’il quitte dès septembre pour s’étendre
un peu partout en Europe, jusqu’à la Méditerranée.
A ce propos, le baguage de Pinson du Nord dans notre pays donne l’ampleur
de cette migration dictée principalement par la spécificité
de sa nourriture. C’est ainsi qu’un individu bagué
en Brabant fut repris l’année suivante en Géorgie
(ex-URSS) après avoir parcouru, rien qu’au retour, quelque
3250 km ! Un autre individu, également bagué en Belgique,
fut retrouvé au Maroc.
Mais c’est le tempérament grégaire de l’espèce
qui provoque des rassemblements tout simplement fabuleux. Il faut
savoir que la présence des Pinsons du Nord dans notre pays,
en automne et en hiver, est tributaire des faînes dont la teneur
oléagineuse fournit la base de leur alimentation. Or, c’est
la fructification, bonne ou mauvaise, des hêtres qui conditionne
la durée de leur séjour dans l’une ou l’autre
région. Lorsque cette nourriture est largement disponible,
l’esprit collectif régnant alors en maître, on
peut assister à des passages grandioses et à des rassemblements
atteignant parfois des proportions gigantesques. Dans ces conditions
optimales, ce phénomène cyclique peut déboucher
sur la présence de millions d’oiseaux dénombrés
dans des dortoirs. Mais en général, le passage automnal
du Pinson du Nord est régulier. En tout cas, la durée
du passage de cet oiseau chez nous est conditionnée directement
par la présence de faînes, même s’il recherche
également des semences de conifères ou des baies sauvages
variées. Parfois, nous pouvons donc l’attirer à
la mangeoire en lui présentant des graines de tournesol dont
il raffole.
Le Pinson du Nord a été capturé massivement par
les tendeurs belges qui le surnomment «Pinson des Ardennes»,
croyant même que cette espèce devait nicher sur le relief,
d’où son appellation wallonne de «fagnard».
Retour en haut de page. |

Photo: Frans van Boxtel, Calendrier de l’oiseau, 2004 |
Le Pipit des arbres |
|
Plus petit que l’Alouette
des champs, mais relativement plus haut sur pattes et à la
poitrine jaunâtre nettement tachetée, le Pipit des arbres
ne fréquente pas les labours en été et ne saurait
donc être confondu avec le chantre de nos blés. Il est
plutôt un hôte des lisières de nos bois, affectionnant
les rangées d’arbres dans la plaine, les landes et les
bruyères parsemées de bouquets d’arbrisseaux,
ainsi que les clairières étendues dans tous les types
de bois. Jadis, avant l’électrification du chemin de
fer, il aimait choisir, comme site de nidification, les talus couverts
d’une végétation arbustive pour autant que des
coupe-feux y soient tracés.
Le vol nuptial du Pipit des arbres est différent de celui de
l’Alouette des champs car son ascension est silencieuse et de
courte durée, jusqu’à 10-20 mètres de hauteur.
Mais sa chute en «descente libre», ailes déployées,
queue étalée et pattes pendantes, accompagne son chant
clair et très sonore qui se termine invariablement par une
cascade de cris répétés jusqu’au moment
où l’oiseau se repose sur son perchoir.
Le Pipit des arbres, et surtout la femelle, est par ailleurs un oiseau
d’une discrétion remarquable, passant tout son temps
à terre. Le nid, installé dans un petit creux du sol
garni de matériaux très fins et de crins, est bien dissimulé
et souvent masqué par les herbes retombantes. Seule la femelle
couve, réchauffe et alimente les jeunes les premiers jours
après l’éclosion. Ceux-ci demeurent au nid durant
une dizaine de jours et le quittent avant d’être à
même de voler, restant tapis et disséminés sous
les herbes.
Le Pipit des arbres est un migrateur qui nous revient dès le
mois de mars pour nous quitter en août. Via la France, l’Espagne
et le Maroc, il traverse le Sahara pour atteindre les savanes d’Afrique
tropicale d’où, à peine arrivé dans ses
quartiers d’hiver, il remonte vers nos régions.
Oiseau insectivore, il recherche ses proies au sol : sauterelles,
coléoptères de petite taille, chenilles, tipules, moustiques,
œufs de fourmis et araignées. Retour
en haut de page.
|

Photos Stephan Peten

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Le Pouillot à grands sourcils :
oiseau de l'année 2008 ! |
| Les joies du baguage
offrent chaque année leur lot de surprises. Tel fut le cas
le samedi 18 octobre 2008, lors d’une matinée d’observation
des migrations d’oiseaux, ainsi que deux jours plus tard :
deux Pouillots à grands sourcils firent une halte, quelque
peu involontaire, dans les filets !
De très petite taille, (à peine plus gros qu’un
roitelet), le Pouillot à grands sourcils se distingue par
les deux barres claires sur l’aile et par le grand sourcil
crème ; dessus vert jaunâtre, dessous blanchâtre.
La queue est plutôt courte.
Ce pouillot habite le nord de la Sibérie, le centre et le
sud-est de l’Asie, mais s’égare fréquemment
en Europe. De mi-septembre à fin octobre, parfois même
en novembre, il passe en petit nombre et assez régulièrement
de l’Allemagne à la Grande-Bretagne.
Son cri est apparenté à celui du Pouillot fitis mais
plus aigu et sonore.
Voir aussi la fiche sur le Pouillot
à grands sourcils.
Retour en haut de
page. |

Photo Alexis D’All Asta |
Le Pouillot véloce |
- On le remarque à peine,
mais sa voix annonce le renouveau du printemps. Son chant, mais
est-ce vraiment un chant cette litanie lancinante et bisyllabique
dont l’onomatopée désigne son nom en bien
des langues : tsip - tsap, tsiptsap, … Et c’est bien
ce chant, qui le distingue à l’oreille de ses congénères
ou sosies, qui a valu à ce Pouillot les surnoms pittoresques
de ‘compteur d’écus’ ou ‘changeur
de monnaie’ qui se retrouvent dans son appellation latine
‘collybita’.
En somme, le Pouillot véloce est ce petit oiseau très
mobile (appelé ‘frétillet’ en Champagne),
dont la vivacité et la nervosité s’expriment
par de fréquents balancements mesurés de la queue
et par des mouvements d’ailes brusques avant l’envol.
Quand le Pouillot véloce est silencieux, sa détermination
à vue pourrait le confondre avec le Pouillot fitis. Car
ces deux espèces, de tailles sensiblement pareilles, ont
le même plumage brun verdâtre et blanc jaunâtre.
Mais le Pouillot véloce est plus terne que son grand cousin,
avec un manteau plus brunâtre et une gorge plutôt
claire, blanchâtre même.
Il est plus facile de parler du Véloce en le comparant
au Fitis, tant leur comportement chez nous est similaire, si on
fait abstraction du chant qui reste le meilleur caractère
d’identification à distance. Tous deux construisent
un nid globuleux près du sol ou à faible hauteur,
de forme plus ou moins ronde avec une ouverture latérale
plus ou moins étroite. Mais le Véloce aime la lumière
d’où son goût de la clairière, de la
lisière des bois ou du bord des chemins couverts de taillis,
de broussailles ou de ronces et dominées par des arbres,
qu’il affectionne pour nicher. Par contre, le Fitis marque
une préférence pour un site de nidification sinon
plus humide, tout au moins plus ombragé.
Les ailes du Véloce sont plus courtes que celles du Fitis,
voyageur au long cours par excellence, mais cela ne l’empêche
pas d’atteindre le Niger, même si certains individus
se contentent de passer l’hiver dans le sud de l’Angleterre.
Retour
en haut de page. |

Photo: Paul van Gaalen, Calendrier de l’Oiseau,
1997, LRBPO

John Jould, 1871
|
Le Râle d'eau. |
Beaucoup plus petit que
la Poule d’eau, presque de la taille du Merle, ce petit Rallidé
aux mœurs secrètes possède un long bec rouge caractéristique.
Il est rarement observé en terrain découvert où
se manifeste typiquement par son cri comparé à celui
d’un porcelet qu’on égorge, d’où son
nom. Il arrive parfois à certains ornithologues de terrain,
désireux d’effectuer le recensement des Râles d’eau
dans un site, de diffuser ce cri au moyen d’un enregistreur:
c’est la méthode de la ‘repasse’. Les individus
cantonnés, répondant à cet appel, sont ainsi
répertoriés. Mais cette méthode est à
proscrire en période de nidification, car elle perturbe le
comportement des couples nicheurs.
Pour le photographe animalier, par contre, l’approche est plus
paisible et silencieuse. Il lui suffit de s’installer en bordure
d’une roselière marécageuse, armé cependant
de beaucoup de patience, pour rencontrer le passage furtif du Râle
d’eau et profiter d’un moment d’inattention de ce
‘râleur’ impénitent.
Le Râle d’eau, fréquentant les milieux humides
avec eaux peu profondes et végétations abondantes, telles
que ceintures de roseaux ou de joncs entourant étangs, mares,
bras de rivières ou fossés, se nourrit de petites grenouilles,
de têtards, de petits poissons, de vers de terre, d’escargots,
mais aussi de verdure tendre et de semences.
Ce migrateur aux ailes courtes voyage de nuit, isolément et
probablement à faible hauteur car il n’est pas rare de
le trouver mort sous les fils aériens de haute tension. Par
contre, attiré par les lumières de nos grandes cités,
il lui arrive de s’échouer, affaibli mais en bonne santé,
dans un jardin situé au cœur de la ville.
Les Râles d’eau originaires de la Scandinavie passent
l’hiver de la Grande-Bretagne aux Pays-Bas jusqu’au sud
de la France et l’Italie. L’avenir du Râle d’eau
est étroitement lié à celui des zones marécageuses.
Si la disparition de celles-ci continue, les effectifs de cette espèce
en pâtiront d’autant.
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Photo : Harry Fiolet, Calendrier de l’oiseau, 1998 |
Le roitelet huppé et le
roitelet triple bandeau. |
Pesant à peine
cinq à six grammes, les roitelets sont les plus petits de
nos passereaux. Ils sont reconnaissables à la teinte gris-olivâtre
de leur manteau. Le Roitelet huppé a la couronne d’un
jaune d’or, avivée d’une touche orangée
chez le mâle. Mais le Roitelet triple-bandeau se distingue
par le sourcil blanc, le bandeau noir au travers de l’œil
et le cimier orange, le dessus plus verdâtre et le dessous
plus blanchâtre. Cependant, ces caractères de détermination
sur le terrain sont tellement minimes que l’observateur attentif
se basera plutôt sur les cris et le chant pour différencier
ces deux espèces, très proches l’une de l’autre
par le comportement.
Tous deux sont les hôtes des cimes des arbres, principalement
des conifères et plus spécifiquement de l’épicéa,
où ils trouvent nourriture et abri tout au long de l’année.
Ils habitent donc les forêts d’Europe, depuis la Norvège
et la Suède jusqu’aux Pyrénées, aux Alpes
méridionales et à la Crimée d’où
il s’étend encore sur l’Asie Mineure et le Caucase.
La répartition de ces minuscules oiseaux épouse donc
celle des conifères touffus à petites aiguilles. De
ce fait, ils sont répandus sur l’ensemble de la Haute-Belgique,
mais ailleurs leur aire de reproduction est plus lacunaire.
Ils sont relativement présents dans une bonne partie de la
Campine, des Brabants, ainsi qu’en Flandre sablonneuse et
le long du versant sambro-mosan de la Hesbaye.
Leur nidification est nettement plus ponctuelle et même irrégulière
dans le reste du pays. L’habitat de ces deux espèces
est le même là où la cohabitation est possible.
Au XIXème siècle, le roitelet n’était
pas encore connu comme nicheur en Belgique. La population belge
de Roitelet huppé est évaluée à quelque
cent mille couples nicheurs, dont 90% concentrés en Haute-Belgique
où les densités sont particulièrement élevées
dans le Condroz, la Famenne et surtout en Ardenne.
Pour le Roitelet triple-bandeau, l’estimation est de quelque
vingt mille couples.
Les Ardennes représentent son biotope préféré.
La nidification a lieu, à bonne hauteur, dans les résineux,
mais la construction d’un petit nid sphérique peut
être découverte dans le lierre couvrant le tronc d’un
arbre. Comme d’autres espèces étroitement liées
aux conifères, les roitelets ont profité de l’extension
de leurs plantations. Non seulement cette politique forestière
leur fut favorable pour leur installation et leur progression, mais
ils ont pu profiter d’une moindre fréquence d’hivers
rigoureux auxquels ils sont très sensibles.
Les Roitelets huppés nichant en Belgique semblent demeurer
sédentaires.
Par contre, beaucoup d’oiseaux du nord et de l’est de
l’Europe passent ou viennent hiverner chez nous, surtout à
l’occasion d’invasion de cette espèce venue de
Finlande, de Pologne ou du Danemark.
La population nicheuse de Roitelet triple-bandeau migre majoritairement
vers l’Europe méridionale où elle choisit ses
quartiers d’hiver.
Quant aux individus qui persistent à passer l’hiver
dans nos contrées tempérées, le givre leur
est souvent fatal en les réduisant à la famine, ainsi
que les longues nuits glacées qui épuisent rapidement
les calories du minuscule organisme.
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Photo: Jos Korenromp, Calendrier de
l’oiseau, 1995

Photo: Flip de Nooyer, Calendrier de
l’oiseau, 1998
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La Sitelle Torchepot. |
De forme ramassée
avec une courte queue marquée de noir et de blanc, la Sittelle
trochepot tient un peu le milieu entre les mésanges et les
pics.
Cependant, ses aptitudes à grimper sur les troncs d’arbres
et surtout d’en descendre, tête en bas, sans jamais
s’appuyer sur la queue, sont bien supérieures à
celles des pics et des grimpereaux. Elle est reconnaissable également
à son corps trapu en fuseau, avec le dessus gris bleu, le
dessous jaune brunâtre et les flancs brun noisette. De plus,
un bandeau noir partage les côtés de sa tête
entre la calotte grise et les joues et la gorge blanchâtre.
C’est un hôte des grands bois, des vieux vergers et
des parcs à vieilles futaies claires, principalement de feuillus,
même en milieu urbain.
Sa présence en ces lieux est
conditionnée non seulement par la nature du biotope, mais
aussi par l’existence de cavités nécessaires
à sa nidification. La Sittelle occupe les loges creusées
par le Pic épeiche et le Pic vert. A défaut de celles-ci,
elle se contente d’autres possibilités de nicher comme
les nichoirs, même si ceux-ci s’avèrent disproportionnés
par rapport à la taille de l’oiseau. A la rigueur,
on l’a vue s’installer dans des trous d’aération
pratiqués dans les sous-bassements d’une habitation.
Cet oiseau a un régime alimentaire mixte. En été,
elle explore sans trève les écorces, recherchant coléoptères,
forficules, diptères, larves de cynips, chenilles de petite
taille, phalènes (papillons) et araignées. En d’autres
saisons, elle remplace partiellement cette nourriture animale par
des baies diverses et des semences, ne dédaignant pas les
graines (chanvre mais surtout tournesol) mises à disposition
dans les mangeoires.
La Sittelle doit son surnom de «torchepot» à
ses habitudes de renforcer sa sécurité quand elle
a choisi une cavité ou un nichoir pour y construire son nid:
le trou d’envol est rétréci et les moindres
fissures sous le toit sont colmatées avec de la boue (en
avril dernier, en Forêt de Soignes, nous avons pu abserver
un couple de Sittelles se servir de crottin de cheval) qui durcit
comme du mortier de grande qualité.
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Photo: Frits van Daalen, Calendrier
de l’oiseau, 1999 |
Le Sizerin Flammé |
Photo: Damien Hubaut, Oiseaux de chez nous, fiche n°73, Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux
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Ressemblant à la Linotte mélodieuse par la coloration et au Tarin des aulnes par la silhouette, le Sizerin flammé boréal est un petit oiseau sombre, gris-brun et assez terne. Il possède une double barre alaire pâle, une petite bavette noire et le front rouge. Mais au printemps, il arbore un beau rose cramoisi sur la poitrine et le croupion, d'où son nom de «flammé». Cette espèce s'observe chez nous, presque annuellement, mais en petit nombre, dès fin octobre ou mi-novembre, principalement lors de vents persistants du nord-est. La présence de ces hivernants est parfois accentuée par des invasions plus importantes, mais elle reste très localisée. Son régime alimentaire y est pour quelque chose, ces visiteurs étant très liés aux bouleaux et, dans une moindre mesure, aux aulnes dans lesquels il s'observe en compagnie du Tarin.
Le Sizerin flammé boréal niche dans le nord de l'Europe jusqu'à la limite des arbres, tandis que le Sizerin flammé cabaret se reproduit dans les Alpes ainsi que dans les Iles britanniques. Ce dernier est légèrement plus petit et plus sombre que son cousin. Il fait figure de relique glaciaire en bordure supérieure de la zone forestière où il trouve les mélèzes. L'hivernage des individus britanniques s'effectue en partie en Belgique, mais surtout en France, tandis les Sizerins boréaux d'origine scandinave hivernent en grand nombre dans les régions de la Mer Baltique.
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Du temps de la tenderie aux filets et aux trébuchets à moulinet, les troupes vagabondes de Sizerins en transhumance dans notre pays se faisaient facilement décimer tant était grand leur manque de méfiance envers l'homme.
Depuis fin octobre 2005, notre pays a connu une invasion massive de sizerins flammés nordiques. 25 exemplaires ont été bagués au Domaine des Silex (+ hivernage).
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La Sterne. |
| Si les mouettes et les
goélands sont bâtis pour marcher, nager et voler, les
sternes ou hirondelles de mer n’excellent que dans l’espace
aérien où elles évoluent avec une grâce
et une aisance remarquables. Leur vol si particulier, qui paraît
nonchalant mais dont la rapidité surprend, permet de les reconnaître
à grande distance. Les longues ailes s’élèvent
et s’abaissent avec douceur et légèreté,
sur un rythme lent, tandis que le corps se balance en haut et en bas
à chacun des battements élastiques. Subitement l’oiseau
freine son allure, vole sur place queue étalée, replie
les ailes, se laisse choir la tête la première et disparaît
dans l’eau un court instant. Puis elle émerge, secoue
les gouttelettes de ses plumes et reprend son vol, portant au bec
l’éclair frétillant d’un petit poisson. |

Photo: Karel Beylevelt, Calendrier de l’oiseau, 1994 |

Photo: Henk Bokhorst, Calendrier de l’oiseau, 2001
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| La Sterne
arctique se reproduit sur les terres circumpolaires des deux hémisphères.
En Europe, elle niche en Islande, en Scandinavie, sur les rives
de la Baltique et de la Mer du Nord, dans les Iles Britanniques
et, plus au sud, sur quelques îlots de Bretagne. Elle constitue
en maints endroits des colonies importantes, nichant sur les côtes
maritimes, tantôt sur les plages de galets, tantôt sur
les sables couverts de gazon ras ou sur les rivages rocheux. En
Belgique, ce fut un nicheur excep-tionnel et très localisé,
(Zwin) jusqu’en 1983 parmi une colonie de Sternes pierregarins,
et un cas sur une vasière au large de Zeebrugge, en 1986
Après la saison de nidification, la Sterne arctique hiverne
vers le Sud lointain, en bordure du pack-ice ceinturant le Continent
Antarctique. Entre ces deux extrêmes, cette migration représente
deux voyages annuels de quelque 18.000 kilomètres. Passant
donc deux fois par an d’un bout de l’hémisphère
à l’autre, cet oiseau perpétuellement en quête
d’été est sans doute celui qui voit le plus
souvent le soleil au cours de son existence. Ce n’est qu’à
l’âge de deux ans que les immatures quittent leur séjour
austral pour rejoindre leur ancienne colonie.
*
Habillée d’un manteau gris cendré, et portant
un long bec fin et légèrement recourbé, noir
et taché de jaune à l’extrémité,
la Sterne caugek est un oiseau qui ne manque pas d’allure
surtout lorqu’il se dresse, avec sa huppe érectile
et le cou droit. Sa silhouette est fine et harmonieusement dessinée.
Son vol, par ses battements monotones, tantôt négligés,
tantôt accélérés, paraît toujours
d’une légèreté étonnante. Cette
sterne est purement maritime et est un hôte nicheur des côtes
basses, caillouteuses ou sablonneuses, couvertes de végétation
clairsemée, à proximité du littoral. Elle ne
pénètre guère à l’intérieur
des terres, ni même dans les estuaires. Très sociable,
elle constitue volontiers des colonies importantes sur les parties
des plages qui bordent les laisses de haute mer, sur les îlots
et les dunes, sur le gazon ras des polders et parfois sur les rochers
bas des récifs. Leur particularité est d’être
compactes, les nids étant très proches, à quelques
centimètres les uns des autres. Cette espèce occupe
ces habitats en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède au
Danemark et aux Pays-Bas (où les effectifs nicheurs représentent
50% de la population d’Europe occidentale). Leur migration
commence en juillet au cours de laquelle elles longent le littoral
en bandes nombreuses pour passer l’hiver sur les côtes
occidentales de l’Afrique.

Photo: Frits van
Daalen, Calendrier de l’oiseau, 2003 |
Excellant
dans un vol rapide, mobile et sinueux, la Sterne naine paraît
pressée, ne prenant que de temps en temps un bref repos sur
un banc de sable. Cette sterne miniature (environ 2/3 de la taille
des autres sternes) niche volontiers sur le haut estan, sur des
bancs de coquillages et de galets, parfois très près
de la laisse de haute mer. Mais elle occupe aussi, à l’intérieur
des terres, les bancs de cailloux et les îles sablonneuses
des grands cours d’eau. Jusqu’en 1964 inclus, cette
sterne fut presque annuellement un nicheur rare sur la côte
belge, à Coxyde et au Zwin. Il y eut ensuite quelques cas
isolés.
En 1986, grâce à l’aménagement de l’avant
port de Zeebrugge (île artificielle) le nombre de couples
nicheurs passa de 1 à 65. Depuis lors, les effectifs ont
encore augmenté et la colonie se porte bien. La nourriture
de la Sterne naine consiste surtout en tout petits poissons qu’elle
capture, après un plongeon impétueux dans les flots,
mais aussi en crustacés et mollusques marins, et même
insectes et leurs larves. En migration, elle longe les côtes
maritimes et ne se rencontre que rarement à l’intérieur
du pays ou même sur le Bas-Escaut près d’Anvers.
Les oiseaux européens se dirigent de préférence
vers les rivages occidentaux de l’Afrique, hivernant principalement
en zone tropicale. Le voyage de retour a lieu en avril-mai.
La Sterne pierregarin est une espèce holarctique qui habite
tous les pays d’Europe, avec toutefois une distribution très
diffuse, particulière-ment chez nous. C’est la plus
commune de nos sternes euro-péennes, au plumage d’un
blanc pur avec calotte et nuque entièrement noires, queue
profondément échancrée, pattes rouges et bec
rouge-orangé à pointe noire. Hivernant déjà
en Méditérrannée, mais se disséminant
principalement le long des rivages africains de l’Atlantique
jusqu’au Cap, les Sternes pierregarins nous reviennent dès
avril.
A la saison des nids, elles se cantonnent sur les plages, îlots
de sable ou de galets en bordure de mer, de préférence
aux embouchures des fleuves ou dans les baies des estuaires. En
Belgique, deux colonies existent: celle du Zwin qui date seulement
de 1960 et qui compte quelques centaines de couples, et celle de
Zeebrugge qui compte près d’un millier de couples.
Des nidifications isolés ou en très petit nombre,
souvent temporaires, ont lieu dans le bassin de l’Escaut de
la région gantoise à la région anversoise,
où l’espèce a pu profiter des travaux d’infrastructure
portuaire ou fluviale. Patrouillant d’un vol souple à
quelques mètres au-dessus des eaux, la Sterne pierregarin
se nourrit principalement de petits poissons qu’elle capture
en un plongeon vertical fulgurant.
Plus de détails seront donnés sur ces oiseaux migrateurs
lors de la conférence du 29 octobre.
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Carte de reprises de la Sterne pierregarin
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Le Tadorne de Belon. |
Dimanche 7 mars 2004,
nous avons pu observer pour la première fois un Tadorne de
Belon sur l’Etang de Boitsfort. Vraisemblablement que cet
oiseau, apparemment une femelle, était échappé
de captivité ou relâché car il se montrait peu
farouche. Il est resté trois semaines.
Bariolé, hautement décoratif,
le plumage du Tadorne de Belon affiche l’oiseau, plutôt
qu’il ne le protège. De par sa stature et son régime
alimentaire, il trouve une place particulière entre l’oie
sauvage et le canard de surface. Au surplus, le Tadorne n’est
pas à vrai dire un herbivore, car il recherche crustacés,
crevettes, mollusques, vers et algues, se nourrissant même
de petits poissons.
Le mâle se distingue au tubercule surmontant la racine du
bec un peu retroussé, à ses teintes franches et nettes,
tandis que la cane est plus terne, sans protubérance au bec.
Mais tous deux montrent un noir vert brillant à la tête
et au cou, le corps blanc ceinturé de roux vif à l’avant,
coupé sur les flancs par la bande noire des scapulaires et
par des rémiges noires et vertes. Il est teinté de
roux sous la queue blanche liserée de noir.
Autre particularité du Tadorne: il niche dans les terriers
du lapin en sol sablonneux et dans les dunes, du blaireau et même
du renard d’où son nom vulgaire de ‘canard renard’
qu’on lui donne parfois en France, peut-être aussi à
cause de la ceinture rousse rappelant la teinte du carnivore.
Le Tadorne de Belon aime l’eau salée, vivant sur les
vasières au rythme des marées qui conditionne ses
heures d’activités au reflux et à la longue
période de repos quand les eaux recouvrent plages, grèves
et rives des estuaires (Bas-Escaut, Nieuport, Zwin).
A Kalmthout, il se reproduit dans les dunes fossiles et sa nidification
est de plus en plus fréquente loin à l’intérieur
des terres, au voisinage d’argilières, d’étangs
de pisciculture ou de ‘vens’ dans les bruyères.
Son statut de gibier a été abandonné en Belgique
et le Tadorne bénéficie à présent d’une
protection conditionnelle, mais encore trop lâche car il est
encore considéré comme oiseau d’ornement.
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page. |
Photo: Ad Sprang, Calendrier de l’oiseau,
1997 |
Le Tarier pâtre |
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Le Tarier pâtre
appartient à la vaste famille des Turdidés (rougegorge,
gorgebleue, grives, merles, rougequeue, …), riche en espèces
dans les cinq parties du monde, et qui montrent entre eux une grande
similitude d’allure lorsqu’ils sautillent, courent,
s’arrêtent brusquement, tête haute et corps dressé.
Le plumage du mâle, aux contrastes bien tranchés, est
d’une beauté originale: grosse tête noire soulignée
de côté par un bout de col blanc, manteau sombre et
poitrine vivement colorée de rouge brun orangé. L’habit
de la femelle est plus modeste car plutôt brun. Il rappelle
cependant celui du mâle, mais avec des tons plus effacés:
masque grisâtre, taches claires aux côtés du
cou et teinte roussâtre de la poitrine.
Comme tout vrai Traquet (c’était
son nom de famille naguère*), il faut le chercher sur un
poste de guet dominant, aux abords de terrains ensoleillés,
secs et incultes: fil aérien, pointe d’un arbuste ou
d’un buisson ou autre piquet de clôture. De cet affût,
qu’il choisit donc volontiers près d’une surface
dénudée ou à végétation rase,
l’oiseau se précipite sur les insectes à sa
portée, au vol ou au sol: coléoptères, diptères,
sauterelles, chenilles et fourmis ou papillons qu’il happe
en l’air par une voltige.
Son nid est typiquement construit au sol où il occupe une
excavation abritée par des herbes retombantes, où
s’ouvre une entrée juste suffisante pour l’oiseau.
Son site de nidification se choisit aux abords des voies ferrées,
au flanc d’un talus ou d’un fossé, dans des friches
industrielles, des terrains vagues, des remblais de dragage, sur
des terrils, dans des parcelles de prairies clôturées,
des dunes et des landes.
Le Tarier pâtre niche dans toutes les régions de notre
pays, avec cependant une distribution discontinue en Ardenne pouvant
s’expliquer probablement par la persistance des froids humides.
Les recensements les plus récents évaluent la population
totale belge à près de 2.600 couples nicheurs. Ce
qui signifierait une régression régulière depuis
une quarantaine d’années suite à un changement
des conditions climatiques printanières, avec une augmentation
de la pluviométrie au cours des mois de mars à juin
et à une dégradation progressive des habitats de cette
espèce. Les raisons concernant ce dernier facteur sont dues
principalement à la diminution des landes, des friches, des
jachères, au regroupement des parcelles agricoles, à
l’amputation des talus et des remblais des chemins creux,
ainsi qu’aux broyages fréquents et aux traitements
par herbicides de la végétation des bords des routes.
Migrateur, il nous revient dès mars après avoir séjourné
dans ses quartiers d’hiver qui s’étendent de
l’Espagne à l’Afrique du Nord.
* Etymologiquement parlant, les
traquets avaient été nommés par analogie avec
le traquet des moulins, parce qu’ils agitent nerveusement
les ailes et la queue en cirant «trac trac …».
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Photo: Harry Fiolet, Calendrier de l’oiseau, 2001 |
Le Torcol Fourmilier |
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S’il n’était
pas si criard au printemps, dès son retour d’Afrique,
le Torcol passerait inaperçu : car qui remarquerait cet oiseau
gris brun, et un peu plus grand que le Moineau, mais plus svelte
et allongé. Son plumage aux teintes sombres, finement marqueté
et rayé, se confond facilement avec l’écorce
et le bois mort.
Son bec ne lui permet pas de
travailler le bois, aussi capture-t-il les insectes en passant très
rapidement sa langue filiforme sur les écorces, dans les
crevasses de troncs, sous les feuilles. Les fourmis et leurs larves
constituent le principal de sa nourriture d’où son
appellation de fourmilier.
Mais la particularité la plus étrange du Torcol, celle
qui lui a valu son nom dans toutes les langues, c’est la mobilité
de son cou. Aussitôt qu’il se sent en danger ou quand
on le surprend au nid, dans un nichoir par exemple, ses réactions
sont étonnantes : le cou s’allonge et de tord lentement
avec un mouvement reptilien, les plumes de la tête se hérissent,
les yeux se ferment à demi, l’oiseau se gonfle et souffle
brusquement, se retire et se tend alternativement. Il n’en
faut pas davantage pour effrayer tout intrus animal ou humain.
Il a tout du pic sans avoir hérité des particularités
de cette famille. S’il possède la patte du grimpeur,
il ne se déplace que très rarement verticalement sur
les troncs d’arbres. Par ailleurs, il est incapable de creuser
lui-même sa niche, le Torcol doit se contenter d’une
cavité à orifice étroit tantôt naturelle,
tantôt forée par un pic.
Il occupe facilement un nichoir dont il nettoie complètement
l’intérieur de tous ses débris en vue de son
installation future éventuelle. Et si le nichoir convoité
est déjà occupé par un autre cavernicole, mésange
ou rougequeue, il n’hésite pas à l’expulser
par dessus bord, œufs ou jeunes à peine éclos,
jusqu’au dernier brin de mousse du nid.
Pour des raisons liées
tant à l’évolution du climat qu’à
la destruction ou l’altération de son habitat, avec
la disparition progressive des fourmilière dans nos bois,
le Torcol régresse partout de façon inquiétante.
La coupe systématique des vieux arbres fruitiers dans son
habitat classique, mais aussi l’élargissement du Sahara
qui barre sa migration vers ses quartiers d’hiver, sont autant
de facteurs de régression pour une espèce très
sensible souffrant peut-être d’un affaiblissement génétique.
Migrateur voyageant de nuit, le Torcol nous quitte à la mi-septembre
pour gagner ses quartiers d’hiver africains, de la Méditerranée
à l’Equateur.
Rares sont donc les ornithologues
de terrain qui peuvent encore noter annuellement l’observation
du Torcol dans notre pays, pourtant, il a été
observé et bagué pour la seconde fois (du 23 au 25
août 2007) au Domaine des Silex.
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Photo : Philippe Gailly |
Le Verdier d'Europe |
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Ce Fringillidé
porte bien son nom et tout particulièrement le mâle
qui ressemble à un Moineau vert et jaune, au croupion jaunâtre
et dont l’aile fermée aux teintes gris-bleu est marquée
d’une barre jaune. La femelle porte une livrée plus
terne allant du vert jaunâtre au brun grisâtre. Les
jeunes de l’année portent un habit plus brunâtre
et rayé. La silhouette du Verdier est alourdie par la grosse
tête et le bec conique fortement charpenté, typique
des conirostres, ces écraseurs de graines à enveloppe
solide, tel le tournesol.
De catégorie faunistique européenne, le Verdier se
reproduit depuis ces régions septentrionales, le nord de
la Scandinavie excepté, jusqu’au zones méditerranéennes
de l’Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il est
absent de l’Islande, mais il est très répandu
partout ailleurs. Arboricole, sociable et recherchant le voisinage
de l’homme pour son alimentation, il aime se réfugier
dans des îlots d’épaisse verdure où son
plumage verdâtre se fond dans le feuillage. C’est un
hôte nicheur des bocages, dans nos villes et village : parcs,
jardins arborés, vergers, cimetières, pépinières,
chemins creux, terrains en friche, talus bordés d’arbres
et de taillis touffus. Il fréquente plus rarement les lisières
des bois à l’écart des zones habitées.
Végétarien, ce sont les graines menues tantôt
picorées à terre, tantôt cueillies sur leur
support, qui forment sa principale ressource alimentaire. Les semences
de diverses herbes folles (bardane, oseille, plantain, chiendent
et chardon) et de quelques papilionacés paraissent avoir
sa préférence, sans dédaigner pour autant celles
des céréales glanées dans les éteules
et les emblavures fraîches, recherchant parmi les plantes
cultivées celles du chou, du navet, du radis, du trèfle,
du lin, du chanvre, de la salade, du tournesol et du blé.
Les baies, comme celles du sorbier et de l’if, les fruits
charnus des roses et les samares ailées des charmes, des
érables ou des tilleuls figurent également à
son menu. Pendant la période d’élevage des jeunes,
il capture une faible quantité d’insectes et des araignées.
En hiver, un tas de marc de pommes ou de raisin fait son bonheur
et il trouve facilement et avec autorité le chemin des mangeoires.
C’est dans la région brabançonne, entre la Dendre
et le Demer, ainsi que dans la partie orientale du pays, comprenant
une partie du Condroz, la Pays de Herve et l’Ardenne, que
la densité paraît la plus élevée. Tantôt
sédentaires, tantôt erratiques, tels sont les caractères
des Verdiers de nos régions, tandis que ceux d’Europe
orientale ou septentrionale migrent de façon irrégulière
et rarement au-delà du bassin méditerranéen.
Le Verdier était l’une des espèces victimes
de la pratique illicite de la tenderie en Belgique. |
Photo: J.-M.Winants, Oiseaux de chez nous, fiche n°18, LRBPO
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