L'oiseau du mois...

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Janvier 2010 : Le Corbeau freux (Intérêt et originalité d'une observation ornithologique, par Roger Coryn, Président Honoraire, Fondateur de la COWB)
Avril 2010 : La Grue cendrée
Juin 2010 :
Le Pipit des arbres

Situation de la Corneille noire Corvus corone, de la Pie bavarde Pica pica et de la Perruche à collier Psittacula krameri dans la Région de Bruxelles-Capitale - Septembre 2003. W. Courtens, O. Beck, B. Van Der Wijden, J.-Ch. Prignon & M. Gryseels - Bruxelles Environnement-IBGE, Division Espaces Verts.
La Bergeronnette des ruisseaux
La Bergeronnette des ruisseaux est semblable à la Bergeronnette printanière, excepté pour la queue qui est nettement plus longue. Le dessus grisâtre, le croupion jaunâtre et la longue queue noire aux rectrices externes blanches sont des caractéristiques de couleur valables en toute saison. Au printemps, le mâle arbore une bavette noire encadrée de blanc sur les côtés, ce qui contraste très fort avec son ventre et torse jaunâtres. La femelle, quant à elle, garde la gorge blanche.
Aussi légère qu’une ballerine sur ses pointes et appréciant les eaux claires et courantes, elle se déplace avec élégance sur les pierres émergeant de l’eau. Elle balance sans cesse sa longue queue de haut en bas, d’où son surnom de ‘’hoche-queue’’. Souvent même c’est ce mouvement inlassable de balancier qui trahit sa présence. Elle n’hésite pas à mouiller ses pattes pour la recherche de nourriture. Vive et alerte, elle capture insectes et larves en parcourant le bord de l’eau et en fréquentant les tas de fumier. Rarement présente dans les labours et jamais autour du bétail en compagnie d’autres bergeronnettes, elle happe parfois ses proies en vol, faisant alors du « sur place » durant un court instant.
La proximité de l’eau étant un facteur indispensable pour cette espèce, elle dissimule son nid dans une niche, rarement à l’air libre, dans un trou de mur, près d’un moulin, entre les racines dénudées au bord de berges ou encore sous un pont. L’incubation, qui débute avec le dernier œuf pondu, sera dirigée par la femelle la nuit et par le mâle (périodiquement) en journée. Si la femelle s’occupe de construire un second nid à proximité du premier, le mâle terminera alors l’éducation de la première nichée.
La Bergeronnette des ruisseaux nidifie dans toute l’Europe, depuis la Scandinavie méridionale jusqu’à la Méditerranée et ses îles principales. En Haute-Belgique, cette bergeronnette niche le long des rivières et des ruisseaux, même très modestes, sauf dans certains secteurs trop pollués ou aux berges trop abruptes ou sensiblement remaniées. Localement, l’espèce est affectée par les pollutions, les curages, l’empierrement et l’enrésinement des berges. Elle est bien représentée dans le bassin de l’Ourthe, de la Lesse et de la Semois. Par contre, excepté près d’Anvers, elle manque dans le nord et le nord-ouest du pays.
Les oiseaux originaires de chez nous hivernent en Europe occidentale jusqu’au Portugal. Les adultes sédentaires ne s’éloignent pas beaucoup de leur territoire à moins que les eaux n’y soient gelées.

 


Photo: Frits van Daalen,
Calendrier de l’oiseau, 2005

Le Blongios nain
Le Blongios nain, naguère encore appelé Butor blongios, est le plus petit de nos hérons, à peu près de la taille d’un Geai, au long cou assez épais, aux pattes relativement courtes pour un échassier, mais dont les doigts sont assez longs et désarticulés.
Ce sont d’ailleurs ces doigts qui lui permettent de se déplacer, avec agilité et sans bruit, dans la végétation touffue des champs de roseaux bordant les eaux claires et poissonneuses.
Dans ce biotope, il passe presque inaperçu grâce à son plumage brun, noir, jaune et blanc, dont les rayures rappellent les tiges droites et claires des phragmites. A la moindre alerte, il prend une attitude figée, droite et allongée qui lui procure un mimétisme surprenant.

Sa faculté de déplacement acrobatique dans les roselières lui facilite sa chasse aux insectes et leurs larves, aux grenouilles et aux têtards, aux poissons de très petite taille sans cependant causer le moindre préjudice à la pêche sportive.

Il pratique cette recherche parfois posé en attente sur les larges feuilles de nénuphar ou plongeant même dans l’eau. Le Blongios nain semble moins rechercher sa nourriture dans les roseaux qu’au bord de l’eau. C’est ainsi qu’en de nombreuses localités, il réalise de courts déplacements à la recherche de nourriture, depuis l’emplacement du nid jusqu’aux lieux de nourrissage

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Photo:Flip de Nooyer
C’est un oiseau aux activités crépusculaires et donc assez farouches, dont le vol furtif, ordinairement très bas, s’effectue par des battements d’ailes rapides, le cou replié et les pattes tendues à l’arrière.
La croissance des saules dans les phragmitaies favoriserait son installation car il marque une préférence à y construire son nid. Dans le passé, il nichait fréquemment le long des rivières et des canaux, mais à présent, les quelque soixante couples nicheurs que comptent encore ses effectifs s’installent dans les roselières ceinturant des étangs poissonneux.
La régression alarmante de cette espèce est due principalement à l’amenuisement de son habitat très fragile, aux activités récréatives de plus en plus développées des sports nautiques et de la pêche, mais aussi de la diminution d’insectes et de petits batraciens dont se nourrissent principalement les jeunes.
Dès la fin août, les Blongios se réunissent au crépuscule en de petits vols de quelques individus, qui s’apprêtent à entreprendre leur migration nocturne vers le sud, avec hivernage en Afrique, de l’Ethiopie au Cap.

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Les Bouvreuils pivoine et ponceau
Photo: Jaap Hoogenboom, Calendrier de l'oiseau, 1996 .

De la même taille quel e Moineau domestique, le Bouvreuil pivoine est coiffé d'une calotte noire et porte un manteau gris bleu aux ailes noires où se détache le croupion blanc, bien visible en vol. La queue et le bec arrondi, court et épais, sont noirs. La poitrine du mâle est rose vif, celle de la femelle est brun grisâtre. C'est un oiseau forestier d'origine montagnarde mais qui s'est adapté à des biotopes plus bocagers (vergers, cimetières, parcs, petits bois feuillus ou mixtes en plaine) de par l'expansion de sa population à basse altitude en Europe occidentale.

Il a sans doute profité de l'enrésinement de vastes superficies, manifestant en outre une tolérance accrue vis-à-vis de son habitat dans le nord du pays. Mais il atteint ses meilleures densités en Haute Belgique et particulièrement en Ardenne où il garde relativement son caractère sylvestre.

Adapté à un régime végétarien, le Bouvreuil armé de son bec court et épais, consomme principalement des semences sauvages diverses, des graines, des baies et des plantes herbacées. De ce fait, il résiste très bien aux grands froids et à la neige car il trouve presque toute sa nourriture, en toutes saisons, sur les arbres et les buissons. Il capture peu de chenilles et d'insectes, excepté lors du nourrissage des jeunes au nid.

Il raffole des bourgeons, principalement ceux du bouleau et du frêne, mais également des arbres fruitiers, à tel point qu'il peut devenir une peste aux yeux des fruticulteurs. Ces dégâts sont en fait observés les années où la fructification des érables et des frênes est moindre. En temps normal, le fait de picorer quelques bourgeons (de novembre à avril) provoque, par contre, l'indis-pensable éclaircissement des fruits dans les vergers commerciaux.


Photo: R. Maier

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C'est un nicheur tardif, car il a besoin des graines encore vertes de certaines plantes, comme les plantains et les pissenlits, pour nourrir ses jeunes. En Belgique, on dénombre qu'un maximum de 16.000 couples, principalement concentrés dans le Condroz, la Famenne , l'Ardenne et la Lorraine belge, qui abritent une population assez homogène. Ailleurs, l'espèce est absente en plaine, très localisée ou rare en Moyenne Belgique, faute de biotopes favorables, nettement moins forestiers. La distribution de cette espèce paléarctique recouvre les zones boréales d'Europe et d'Asie, ainsi que les régions tempérées en Europe, au Caucase et au Japon. La race type de Scandinavie et du Nord de l'Eurasie est un peu plus grande et plus colorée.
Depuis novembre 2005, nous assistons à une invasion de ces grands bouvreuils venant du Nord. 13 exemplaires ont été bagués au Domaine des Silex (+ hivernage).

Ses couleurs vives et ses aptitudes à s'acclimater facilement en captivité en font malheureusement un oiseau de cage fort convoité et traditionnellement braconné.

Le Canard Chipeau

Le Canard chipeau est peut-être le moins connu de nos canards de surface, mais il est vrai que c’est un des moins abondants et qu’il ne frappe pas le regard par de vives couleurs. Un peu plus petit que le Colvert et de formes plus fines, il se distingue par le miroir blanc de l’aile encadré de noir et de roux visible en vol mais aussi souvent au repos. C’est même avec la couleur orange des côtés du bec le principal caractère pour reconnaître la femelle brune, avec l’arrière-train noir.
Les mœurs du Canard chipeau ne diffèrent pas essentiellement de celles du Colvert, se montrant plus vif et plus léger. Ce canard habite les régions tempérées de l’hémisphère Nord : Amérique du Nord-Ouest, Europe et Asie. Sur notre continent, il est abondant en Sibérie occidentale, mais sa distribution européenne est très irrégulière quoique sa présence soit plus fréquente en Europe orientale et centrale. En Belgique, ce canard niche rarement, mais il passe et hiverne chez nous régulièrement en petit nombre. En France, cette espèce est cantonnée principalement dans les Dombes et en Camargue comme nicheur aux effectifs très fluctuants et ces nicheurs et leur progéniture semblant hiverner sur le territoire national.
Le Chipeau est surtout un hôte des eaux douces ou un peu saumâtres, et ne fréquente guère les milieux maritimes. La nidification a lieu de préférence au bord des grands étangs où la femelle établit son nid sous les fourrés de buissons et de roseaux qui les ceinturent, toujours près de l’eau et sur terrain sec, parfois plus à découvert sur un îlot ou parmi les nids d’une colonie de mouettes.
Les principaux quartiers d’hiver des oiseaux d’Europe sont méditerranéens et nord-africains, avec parfois une percée jusqu’au Nigeria et en Ethiopie.
Ce canard a été retiré de la liste des gibiers et est à présent protégé.

Nous pouvons l’observer au Domaine des Silex depuis début décembre 2007 !

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Photo: Jan Sleurink, Calendrier de l’oiseau, 2004
Le Canard Souchet.


A venir ...

 

 

 

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Le Canard siffleur: l'oiseau du Nouvel An 2009.
En plumage nuptial, le mâle a la tête marron avec une large bande jaune doré au sommet, le corps gris vermiculé, la poitrine rose lie-de-vin et le bec court et bleu. La femelle du Canard siffleur, plus petite, le front bombé, frappe par la teinte rousse de son plumage et sa queue pointue.
Ce canard est principalement nicheur de la zone boréale et parfois tempérée ou de la toundra, ce qui explique sa présence rare ou occasionnelle en Europe occidentale en tant que nicheur. Il niche irrégulièrement aux Pays-Bas où seulement huit cas ont été établis, échelonnés de 1914 à 1963, mais il est plus que probable que ces cas de nidifications isolés et très dispersés soient à mettre en compte à des sujets semi-domestiqués échappés des canardières où ces individus servaient d’appelants pour la chasse et la capture de canards migrateurs.
Si l’espèce aurait déjà niché en Belgique en 1952 près de la frontière hollandaise, les premières observations de couples nicheurs furent notées à Turnhout en 1978 et 1979. Mais ici aussi, vu la proximité des Pays-Bas, ces oiseaux pourraient également provenir d’une souche semi-apprivoisée qui aurait trouvé dans ce site campinois une certaine similitude avec les tourbières hautes occupées par cette espèce dans la taïga. Le Canard siffleur, en tant que nidificateur, n’est donc pas bien représenté en Europe occidentale, ce qui n’empêchait pas nos chasseurs de considérer ce canard comme «gibier». Ce n’est donc qu’en période hivernale, dès les premiers froids, que quelques migrateurs descendent des côtes atlantiques et hivernent dans le Nord du pays.
Ayant un régime alimentaire en grande partie végétal, il broute la végétation aquatique marine - principalement les zostères - ou d’eau douce à la manière des canards de surface, ou l’herbe des prés humides à la façon des oies.
Contre tous les arguments scientifiques et malgré la rareté de cet anatidé chez nous, il est aberrant de constater que le Canard siffleur soit maintenu sur la liste des gibiers d’eau en Belgique.

Ce 1er janvier 2009, un couple fut observé, pour la première fois, sur l’étang des Silex.
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Photo: Piet Munsterman,
Calendrier de l’Oiseau, 1999, LRBPO

 


Dessin John Gould, 1871

Le Chevalier guignette.
Le Chevalier guignette est une espèce paléarctique à très large distribution. On le rencontre depuis le Japon et le Kamtchatka à l’est, jusqu’en Espagne et en Irlande à l’ouest. La plupart des nicheurs de l’Europe de l’ouest semblent hiverner en Afrique occidentale principalement au Sénégal et du Mali à la Côte d’Ivoire et au Nigeria. Il est cependant fréquent que quelques individus isolés puissent hiverner par temps doux en Europe méridionale depuis le Midi de la France.
La Guignette appartient à cette famille des « petits chevaliers » ou limicoles qui à la grâce de leurs formes et de leurs allures joignent la sonorité particulière de leur voix. Leurs cris sifflés les signalent de loin et les distinguent spécifiquement. Leurs chants modulés en strophes s’associent à des vols nuptiaux ou plutôt territoriaux, à l’époque de la nidification.
De tempérament vif et nerveux, la Guignette manifeste son inquiétude en hochant verticalement la tête ou en balançant l’arrière-train dès qu’elle s’arrête de marcher. De teintes neutres et de taille modeste, à peu près celle d’une grosse Alouette, elle n’attire guère l’attention que par le blanc de ses dessous, tandis que son manteau gris brun, uniforme de loin, se confond aisément avec son environnement. L’oiseau est relativement bas sur pattes avec un bec plus long que la tête. Il arbore un plastron cendré arrondi en bas, nettement délimité par une remontée en pointe du blanc des flancs.
La Guignette vit sous une grande variété de climats, boréal, tempéré, méditerranéen et steppique, depuis le niveau de la mer jusqu’aux hautes vallées des torrents de montagne. C’est l’hôte nicheur des grèves de vase ou de sable graveleux, le long d’un cours d’eau bordé d’arbres ou de buissons, autant de biotopes que l’on rencontre tant en plaine qu’en altitude.
Malgré quelques suppositions de nidification aux XIXè et XXè siècles, la Guignette ne se rencontre chez nous qu’en tant que migrateur régulier au printemps et en automne, aussi bien le long du littoral qu’à l’intérieur du pays.
Nous avons donc eu l’occasion de l’observer en migration, et donc de l’entendre, même de nuit (cris très typiques), au Domaine des Silex, comme lors de la Nuit Européenne des Chauves-souris (31 août 2008).



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Photos Stephan Peten

 

La Chouette Hulotte.

Après le Hibou grand-duc, la Chouette hulotte est le plus grand de nos rapaces nocturnes. Tête ronde, corps massif, ailes larges, queue courte, air débonnaire, avec de grands yeux noirs fixés dans un masque facial arrondi, la Hulotte présente deux phases de coloration, soit grise ou brune.
La Hulotte aime stationner toute la journée dans un abri plus ou moins sombre où elle somnole, les yeux clos et la face contractée. Mais, attention, sous cette allure paisible qu'elle adopte au grand jour, se cache un prédateur redoutable au cours de ses randonnées de chasse nocturne. Le silence de la nuit est son royaume et c'est par l'ouïe principalement qu'elle débusque ses proies. Celles-ci sont surprises par une attaque silencieuse, tant son vol ouaté s'exécute en l'absence de tout bruissement que pourraient provoquer le déplacement de l'air ou les battements des ailes. Ce chasseur à l'affût, sans concurrent ni ennemi, règne en maître absolu sur la vie sauvage réfugiée dans nos forêts, les bois ou parcs de grands espaces découverts. Son régime alimentaire est très éclectique et s'adapte aux lieux et saisons. Les micro-mammifères (campagnols et mulots) y dominent largement. En ville, ce sont les Moineaux qui lui paient un lourd tribut, alors qu'en site forestier, les oiseaux, adultes ou jeunes qu'elle surprend même au nid, ne lui fournissent qu'un appoint secondaire. Le Pigeon colombin, l'Etourneau sansonnet et même le Faucon crécerelle qui occupent des nichoirs semblables à ceux destinés à la Hulotte, ne sont pas à l'abri d'une prédation.
La pose de nichoirs a fortement contribué à l'expansion de cette espèce avec un recensement de sa population belge estimée à quelques 3000 couples. La fidélité est de règle absolue chez les Hulottes: elles s'unissent pour la vie et, en cas de décès d'un des conjoints, le survivant reste sur place en attendant un remplaçant.
La Hulotte a inspiré un enseignant français, Pierre Déom, qui, sous ce titre, réalise une collection d'ouvrages de découverte des splendeurs de la nature pour les 9 à 99 ans.
Renseignements: AVES 04/250.95.90 (Liège) 02/280.60.23 (Bruxelles)

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La Cigogne Blanche.

C'est le plus populaire de nos échassiers, à la silhouette familière, avec son plumage blanc et noir ainsi que son bec et ses pattes rouges. C'est le seul grand échassier qui se pose et niche volontiers sur des bâtiments. La taille moyenne dépasse le mètre. La Cigogne vole le cou tendu, non replié. Les sexes sont identiques. Pour rechercher sa nourriture, la Cigogne blanche apprécie les bas-fonds humides. Pour nicher, elle affectionne les bâtiments: églises, grosses fermes, cheminées ou ruines. Elle occupe très volontiers des supports aménagés artificiellement sur les toits de divers constructions ou sur des pylônes. La régression catastrophique qui avait amené les populations occidentales de Cigognes blanches au bord de l'extinction est encore dans toutes les mémoires. En Belgique, l'espèce n'avait plus niché depuis la fin du 19 ème siècle, avec un dernier couple à Gistel en 1895. Les récentes nidifications isolées et sporadiques depuis 1972 (Hachy, Samart, Ravels, Daknam-Lokeren) laissent espérer un retour plus régulier de l'espèce chez nous. Actuellement, une petite population sédentaire (en général) et semi-domestique se développe au Zwin (premier nid en 1965) et Planckendael. Son nid est composé de grosses branches à la base et recouvert de branchettes, de mottes de terre, de touffes d'herbe, de plumes et parfois d'objets insolites tels que papiers et chiffons. La ponte a lieu dès la mi-mars, elle comprend 3 à 5 œufs en général. Il n'y a qu'une ponte par an. Les œufs sont couvés pendant quelque 33 jours tandis que les jeunes séjournent au nid pendant 9 à 10 semaines. Son régime alimentaire est omnivore: grenouilles rousses, petits rongeurs, taupes, lézards, vers et nombreux insectes tels que criquets, sauterelles et courtilières.

Les Cigognes sont migratrices et hivernent en Afrique tropicale occidentale. Il est certain que sa chasse en Afrique du Nord et le long de sa voie de migration est une des causes principales de sa raréfaction, auxquelles il convient d'ajouter les nombreuses collisions meurtrières avec les fils aériens à haute tension.

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Photo: Damien Hubaut, Oiseaux de chez nous, fiche n°69, Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux .
Le Corbeau freux.
Intérêt et originalité d'une observation ornithologique, par Roger Coryn, Président Honoraire, Fondateur de la COWB.

Chaque année, dans la dernière semaine d’octobre, et ce depuis 2005, un important groupe de corbeaux freux passe la période hivernale dans un jardin de Ramillies, commune du Brabant Wallon.
L’endroit abrite une coquette maison située au cœur de vastes terres cultivées de la riche Hesbaye, avec un grand jardin partiellement arboré dont l’imposant potager est généreusement exploité. Les heureux occupants des lieux, Martine et Thierry Cornet, membres protecteurs de notre association, y nourrissent de nombreux visiteurs ailés, ce qui permet de passionnantes observations.
L’événement le plus spectaculaire consiste pourtant en l’arrivée chaque année de corbeaux freux qui, fuyant la rudesse de l’hiver de certaines contrées du Nord de l’Europe, apprécient l’accueil de ce refuge où la nourriture est assurée.
Un petit tableau récapitulatif des dates d’arrivée annuelles est édifiant :

Années Dates d'arrivée
1999 23 octobre
2000 25 octobre
2001 26 octobre
2002 28 octobre
2003 23 octobre
2004 21 octobre
2005 21 octobre
2006 25 octobre
2007 25 octobre
2009 24 octobre

Les départs ont systématiquement lieu fin février, avec les derniers envols en mars. Ces dates furent notées avec une parfaite exactitude par Martine Cornet. (NB : Il est à signaler que, par omission, les résultats de 2008 n’ont pas été relevés.)
Les premiers freux, dont certains semblent des « habitués », arrivent en un petit groupe d’éclaireurs à la recherche d’un endroit idéal avec de grands arbres à proximité, servant à la fois de refuge et d’observatoire.
Pour situer l’importance du nombre d’oiseaux parfois présents, un comptage approchant assez la réalité a permis d’en repérer plus de 120.
Distraits et peureux durant les premiers jours, ils se familiarisent progressivement et, rassurés par les gestes apaisants de celle qui distribue la nourriture, s’en approchent de plus en plus, parfois même à 4 ou 5 mètres. Longeant la clôture de piquet en piquet, ils suivent Martine qui répand leur repas tant convoité et ce, dès la levée du jour.
Leur petit-déjeuner se compose de pain sec en abondance (reçu d’une grande surface), de graines, de croquettes pour chiens (préférées à celles pour chats !), de restes de table, d’eau et aussi, hélas pour le potager, de poireaux dont ils consomment la totalité à l’exception de la partie enfouie en terre. Ils marquent aussi une préférence pour les pousses d’ail.
Détail surprenant, les Cornet avouent avec une certaine nonchalance, ce qui prouve à suffisance leur grande sympathie pour leurs protégés, que 200 à 300 poireaux supplémentaires sont plantés pour apaiser leur gourmandise !
Cette année, deux corbeaux freux encore plus intrépides, viennent à seulement un mètre d’une fenêtre de la maison se servir au garde-manger préféré des plus petits oiseaux, à savoir ces « carottes » composées de graisse, de graines ou de cacahuètes crues décortiquées.
Martine et Thierry avouent éprouver, le jour des derniers départs, un certain regret teinté d’une tristesse semblable à celle perçue en quittant certains amis de vacances…
Avec l’espoir de les retrouver l’année suivante…
Roger CORYN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les Corbeaux freux dans le jardin de Martine et Thierry Cornet à Ramillies
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Le Cormoran Huppé.  
Un jeune Cormoran huppé a été observé à Watermael-Boitsfort début décembre 2002. Il s'agit de la première observation de cet oiseau en Région bruxelloise depuis… près d'un siècle !!! (de mémoire d'ornithologue et selon la littérature ornithologique).

Les observations de cet oiseau marin à l'intérieur du pays sont rares (à ne pas confondre avec le Grand cormoran, que l'on peut maintenant, depuis une dizaine d'années, observer partout dans le pays). Le Cormoran huppé est plus petit et plus élancé que son cousin. Huppé en période de reproduction, il présente une légère proéminence sur le crâne en hiver. Son plumage est aussi légèrement différent. Tous deux sont exclusivement piscivores.

L'individu, manifestement égaré mais en parfaite santé, volait et plongeait parfaitement. En journée, il était facilement observable autour de l'étang de ce bâtiment.
Peu farouche (oiseau nordique des falaises côtières, il ne connaît pas encore l'homme!), l'oiseau se laissait approcher à moins de 3 mètres et se posait régulièrement sur la balustrade entourant l'étang.
Le soir, il se posait sur le toit de AXA (Royale Belge) pour y passer la nuit. L'endroit empierré et en hauteur devait lui rappeler ses falaises natales. Cet oiseau n'était pas porteur d'une bague. Malgré nos efforts, nous n'avons pu le munir d'une bague belge, ce qui aurait peut-être permis un jour de le retrouver quelque part sur une colonie.
Cet oiseau marin se reproduit dans le Nord (Ecosse, Scandinavie) sur les falaises en bord de mer. Le baguage des jeunes en colonies a démontré que les oiseaux observés à la côte ou au large de la Belgique sont originaires surtout d'Ecosse et d'Angleterre.
Une membre de la COWB (Marie-Hélène Gérard) l'a découvert et nous a gentiment procuré ces photos. Nous le remercions de nous avoir permis de partager cette découverte et faire cette formidable observation. Lors de notre promenade de début décembre, notre groupe a pu l'observer à loisirs.
Il est resté près de trois semaines à cet endroit, qu'il a dû quitter dès que l'étang a été pris par la glace.

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L'engoulevent d'Europe.



L’oiseau du mois pardon, l’oiseau de l’année !

Quelle surprise ce samedi 21/9 pour Mario de trouver, dans ses filets, un engoulevent! Oiseau peu commun en Belgique et rarissime à Bruxelles, cet oiseau, né dans l’année et en pleine migration vers l’Afrique équatoriale, avait décidé de transiterpar Boitsfort et le Domaine des Silex! Encore une preuve de plus que la vallée de la Woluwe est un couloir migratoire important!
Il s’agit d’un oiseau difficile à observer tant son mimétisme est parfait (couleur écorce d’arbre), et ses mœurs sont crépusculaires ou nocturnes. Cet oiseau fait penser à un grand martinet, mais aussi à un petit rapace diurne par son vol et ses ailes pointues de faucon, mais également à un rapace nocturne avec son plumage brun, chamois et gris rappelant la hulotte, un peu même le Torcol!

Impressionnant quand, impressionné, il souffle et ouvre une bouche démesurée terminée par un petit bec semblable à celui du martinet. Cette énorme cavité lui permet de capturer en vol, la nuit, le bec largement ouvert, de gros insectes tels que: hannetons, papillons nocturnes, libellules, bousiers ou moustiques…
Ses biotopes sont: les landes à bruyères, clairières en forêt, coupes forestières et sols secs. C’est là que, comptant sur son mimétisme, il pond deux œufs et élève ses jeunes à même le sol, sur un tapis d’aiguilles et d’écorces de pins, sans même construire de nid.
Il passe la journée collé contre une branche, parfaitement invisible, et ne s’envole qu’avec réticence. Son chant, étrange, rappelle un long coassement de grenouille ou un ronronnement sonore qui peut durer plusieurs minutes!

Cet oiseau est en forte régression chez nous (pollution, trafic nocturne, pénurie d’insectes, pesticides), la Belgique compterait moins de 500 couples. En Afrique, il est confronté à la sécheresse et la désertification de ses lieux d’hivernage. En Europe, il niche au nord jusqu’en Ecosse et au bas de la Scandinavie.
Désormais porteur d’une bague, peut-être aurons-nous un jour de ses nouvelles et saurons-nous d’où il était originaire.

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Le Faisan colchide.
Le Faisan de Colchide, plus communément appelé Faisan de chasse ou des bois, est un oiseau sédentaire oriental qui a été introduit en Europe occidentale, comme oiseau d’ornement primitivement, dès l’époque romaine. Il tient sa dénomination latine (phasanius ou oiseau de Phase) héritée du nom de cette rivière de l’ancienne Colchide, région située sur la côte orientale de la Mer Noire (Géorgie), portant aujourd’hui le nom de Rion et qui descend du Caucase pour se jeter dans la Mer Noire.
Nul ne sait si Jason et ses Argonautes l’ont rapporté de Colchide comme on le prétendait dans l’Antiquité. Toujours est-il que l’espèce a conservé son nom exotique et est devenue, au fil des siècles, le gibier traditionnel par excellence. Des lâchers en vue de la chasse en battue ne semblent avoir eu lieu qu’à partir de la moitié du XVIIIème siècle en Belgique, d’abord en Brabant puis en Hainaut. Ce n’est que grâce à ce repeuplement massif et annuel, à l’instar de la Perdrix grise, que la chasse au ‘petit gibier’ reste encore possible en Belgique: sans cet apport artificiel de ‘volaille colorée’, un très grand nombre de chasseurs pourraient raccrocher leurs fusils.

Le Faisan de Colchide, à l’état ‘sauvage’, recherche des paysages variés comprenant un milieu arbustif ou arboré (haies épaisses, bosquets, parcs, bois feuillus ou mixtes), de préférence à sol frais, et à proximité de prairies ou de cultures. Il aime placer son nid dans les zones broussailleuses, les ronciers, les massifs de fougère-aigle mais aussi, et peut-être à défaut d’un meilleur couvert, dans les cultures proches des bois.
Il pénètre peu dans les grands massifs forestiers et est rare en Fagne, peu nombreux dans les landes, les bruyères, les dunes où il niche occasionnellement sous les argousiers, ainsi que dans les polders dépourvus de couverts naturels. Il est probable que les Faisans ne pourraient se maintenir naturellement en Haute-Belgique où les hivers sont trop rigoureux.
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Photo : John van de Wouw
Le Faucon hobereau.

Le Faucon hobereau est l’un des faucons le plus petit et le plus agile. C’est un rapace migrateur dont les représentants nichent en Europe et passent la mauvaise saison en Afrique tropicale, principalement dans le bassin du Zambèze.
Ce corsaire est en somme un Faucon Pèlerin en réduction, plus svelte et plus fin, qui a gagné en élégance ce qu’il a perdu en puissance. Sa silhouette aux ailes effilées et très aiguës, à la queue relativement courte, ressemble à celle d’un grand martinet. C’est un prédateur de haut vol dont les capacités acrobatiques et sa vitesse lui permettent la poursuite et la capture de ses proies, tour à tour chasseur de gros insectes ou d’oiseaux au gré des circonstances ou de sa spécialité selon son inclination individuelle.
Les libellules et les gros coléoptères sont ses proies préférées qu’il happe durant ses vols crépusculaires, de la patte ou du bec, et qu’il décortique et mange en l’air, courbant la tête vers la proie ramenée en avant, tout en poursuivant un vol ralenti. La souplesse de son vol et la rapidité de son attaque surprennent même l’hirondelle ou le martinet, parfois aussi, mais plus rarement, la chauve-souris. Par contre les Etourneaux au dortoir lui paient un large tribut.
Dès la fin avril, le Faucon hobereau, nous revient de ses lointains quartiers d’hivernage africains. Il niche dans toute l’Europe, à l’exception des régions nordiques – Irlande et moitié nord de la Grande-Bretagne – et des îles de la Méditerranée (hormis la Corse). Chez nous, c’est un nidificateur surtout répandu en Campine où se concentre la majeure partie de la population belge évaluée à moins de cent couples.
Lors de la parade nuptiale, le mâle se livre à de spectaculaires évolutions aériennes, offrant souvent en plein vol des proies à la femelle, et le couple, serres entremêlées, se laisse tomber brutalement sur dix mètres avant de se séparer.Cet oiseau ne construit pas de nid, mais se contente généralement d’occuper une ancienne aire de Corneille noire ou de Pie bavarde.
Cet été, un couple de faucons hobereaux a niché à proximité immédiate des étangs de Boitsfort, attiré par la présence de nombreuses libellules et hirondelles de fenêtre !
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Photo: Alphen aan den Rijn, Calendrier de l’oiseau, 1999.
Le faucon pèlerin

Le faucon pèlerin (Falco peregrinus) est un rapace robuste de taille moyenne, réputé pour être l’oiseau le plus rapide (295 km/h) du monde.
Le dos est gris foncé, le ventre est crème avec des dessins noirs. Les joues sont blanches, avec une sorte de tache noire en forme de moustache. Les pattes sont jaunes, le bec est noir-bleuté, court et recourbé dès la base et les yeux sont noirs. Les juvéniles
sont bruns avant de prendre la couleur des adultes. La femelle est plus grande et plus lourde que le mâle, parfois de 30 % (on parle souvent des mâles comme étant tiercelet). Les narines de l'animal sont dotées de sortes de déflecteurs qui lui permettent de respirer pendant ses piqués.

Caractéristiques physiques
Mâle
Femelle
Taille
38 à 46 cm
46 à 54 cm
Envergure
90 à 100 cm
104 à 113 cm
Poids
600 à 750 g
900 à 1 300 g

Le faucon pèlerin est un animal plutôt silencieux. Son cri le plus fréquent est un « ka yak, ka yak » assez perçant et sec. En cas d'alerte, le cri est un rapide « kek-kek-kek » qui peut aller en s'amplifiant si un intrus continue de s'approcher. Il existe aussi un cri plus traînant au moment des parades d'accouplement.
Le faucon pèlerin vit en couple stable dans la durée. Au printemps, le mâle fait la cour à la femelle en exécutant des acrobaties aériennes. On peut alors voir des couples de faucons faire des spirales, des ascensions et des piqués. La ponte a lieu en février
et en mars.

La couvaison a lieu entre mars et juin. Il y a une couvée par an comprenant de 2 à 5 œufs. Après la ponte, l'incubation est assurée par le mâle et la femelle (cette dernière passant plus de temps à couver que le mâle) et dure environ un mois (de 28 à 32 jours, dans la majorité des cas). Les poussins naissent à peu près en même temps.

Les jeunes sont capables de voler au bout de 35 à 45 jours. En moyenne, ils sont 1 ou 2 à survivre jusqu'à cette étape. Après l'envol, les parents apprennent aux jeunes à chasser, en volant à leur côté avec une proie morte dans leurs serres, puis en la lâchant, jusqu'à ce que les jeunes arrivent à la toucher. Cette phase d'apprentissage, pendant laquelle le jeune reste encore dépendant de ses parents pour la nourriture, peut durer de 6 à 9 semaines, après quoi les jeunes se séparent des adultes.
La maturité sexuelle est atteinte vers 20 mois et les premières reproductions ont lieu après 2 ans. Entre les premiers vols et les premières reproductions, ce sont plus de 50 % des jeunes qui décéderont de causes diverses.
Les faucons pèlerins sont placés sur la liste des espèces protégées. Dans l’Union Européenne, il est ainsi en annexe I (protection maximale) de la Directive Oiseaux.

Outre les mesures légales de protection totale des rapaces, et l’interdiction des pesticides (provoquant fragilisation des œufs – stérilité – empoisonnement), un programme d’installation de nichoirs sur des tours et autres grands bâtiments a contribué au retour de cette espèce.

Actuellement, le placement de nichoirs n’est plus nécessaire, car les effectifs de cet oiseau se sont restaurés, et ce rapace, emblématique de la conservation de la nature en Europe, recolonise des sites naturels pour nicher (falaises et rochers).
Il est revenu nicher de façon naturelle à Bruxelles, assimilant les hauts bâtiments à des falaises de substitution

Le faucon pèlerin avait disparu de Belgique dans les années ’60. Ce n’est qu’en 1995 que le faucon pèlerin est revenu nicher en Belgique. Il y aura probablement plus de 50 couples nicheurs en Belgique en 2008. En Région wallonne on a compté 22 (peut être 24) couples en 2007 dont 11 en sites naturels (carrières et parois rocheuses).

A Bruxelles, le couple de la cathédrale des Saints Michel et Gudule a niché avec succès en 2007 pour la quatrième année consécutive.

En ville, le pèlerin se nourrit principalement de pigeons, mais son menu peut s’agrémenter de bécasses, grèbes, martinets, grives, merles, étourneaux, etc… qu’il capture exclusivement en vol.
A Boitsfort, des perruches à collier font partie de ses proies.

Sources :
- Wikipedia (www.wikipedia.org)
- Falco peregrinus in Bruxelles/Belgium : "Faucons pour tous » http://www.fauconspelerins.be
- Commission Ornithologique de Watermael-Boitsfort

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Le Fuligule Morillon


Dessin de John Gould, 1871

Tout de noir et de blanc vêtus, les Morillons mâles se distinguent aisément des femelles plus brunes. Ce Fuligule qui peuplait jadis tout le nord-est de l’Europe, a vu son aire de répartition s’étendre vers l’ouest depuis le début de la seconde moitié du siècle passé, suite à des colonisations successives : Belgique (1947), France (1952), Suisse (1958), Autriche (1960), Hongrie (1965), Italie (1980) et Espagne (1988). Le Fuligule morillon niche dans tout le Paléarctique, depuis l’Islande (depuis 1895) jusqu’à la Sibérie orientale.
L’espèce montre donc une tendance à l’expansion et à l’augmentation dans l’ensemble de l’Europe occidentale. Cette évolution est également fortement marquée dans notre pays, surtout depuis les années 1970, principalement dans le Bas-Escaut (provinces d’Anvers et de Flandre orientale), mais aussi en Campine limbourgeoise, dans les vallées de l’Yser, de la Dyle, de l’Escaut, du Rupel, de la Haine et de la Nhète. Une grande partie de la population belge niche sur des terrains de remblais inondés ou à proximité, au bord des criques et de larges voies d’eau, sur des étangs de pisciculture et des milieux apparentés.
Se nourrissant principalement en plongée complète, s’immergeant de 3 à 5 mètres de profondeur, il barbote rarement à la surface de l’eau et ne cherche jamais sa nourriture sur la terre ferme. Aussi, son régime alimentaire se compose-t-il principalement de mollusques, crustacés, insectes, petits poissons et têtards, mais il peut aussi s’adapter aux ressources végétales : il a su ainsi profiter, plus que d’autres canards, d’une plus grande adaptation à de nouveaux sites de reproduction.
L’adaptation à la plongée s’est produite au détriment du vol, à tel point qu’un élan assez long, avec l’aide des pattes autant que des ailes, est nécessaire afin de décoller de la surface de l’eau.
En hiver, il séjourne en grandes bandes, ce qui assure au groupe une plus grande sécurité. La distribution hivernale s’étend de la Baltique à la Méditerranée méridionale, en Afrique jusqu’au Nigeria et au Kenya.
La Gorgebleue.
La Gorgebleue est fort peu connue car on n’a guère l’occasion de l’observer longuement tant la vie de ce petit Turdidé (de la famille des Grives et donc aussi apparentée au Rougegorge) se passe à terre, sur la vase humide, bien au secret sous le couvert du labyrinthe palustre où elle se faufile et court comme une souris, et elle ne vole guère à découvert.
Cette espèce aime donc les lieux marécageux, les fossés vaseux, les ruisseaux fangeux, les rives des cours d’eau calmes et des étangs garnies de saules et de roseaux, ainsi que les oseraies. En Belgique, elle fréquente principalement les bas-marais, mais aussi les schorres le long de l’Escaut (comme dans les réserves naturelles scaldéennes de Sint-Amandsschorre et du Cramp), ainsi que dans les argilières et les zones d’affaissements miniers d’Heusies, tels les marais de Montreuil gérés par la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux.
La Gorgebleue à miroir blanc (dont une sous-espèce à miroir roux niche en Scandinavie) est un nidificateur tellement rare chez nous, avec un effectif évalué à quelque 600 couples seulement, que sa seule présence dans une zone humide mérite des mesures de protection spéciale au niveau européen. Du fait de son comportement territorial (postes de chant), l’existence de buissons mêlés à la végétation palustre semble essentielle. La présence de plages de boue (alimentation) est observée dans la plupart des biotopes occupés. Son régime alimentaire se compose d’insectes, de larves, de petits mollusques, de vers et de quelques baies en automne.
Le chant de la Gorgebleue jouit d’une réputation flatteuse. Chaque phrase musicale est une répétition d’une note ou d’un motif, mélangée de sonorités métalliques, sur la base d’un roulement bas en sourdine, mais aussi de sons purs et flûtés comme chez le Rossignol.
Dès le mois d’avril (ce migrateur nous revient de ses quartiers d’hivernage situés dans le Nord de l’Afrique), le mâle se cantonne sur son territoire de nidification. A la femelle incombe la construction du nid qu’elle cache habilement sous les herbes retombantes ou dans un creux de berge, volontiers près de l’eau. Après avoir élevé une seconde couvée, les Gorgebleues nous quittent assez tôt, dès août-septembre, pour entamer leurs étapes migratrices de nuit.


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Photo: Philip Friskorn, Calendrier de l’oiseau, 2001
La Grande aigrette

Plus blanc que blanc, la Nature sait faire sans les détergents dont elle a horreur autant que du vide. L'immaculée blancheur de la Grande Aigrette constitue la preuve de ce pouvoir.
De la taille du Héron cendré, bien connu de tous, elle ne peut être confondue ni avec lui, ni avec aucun des autres échassiers visibles dans nos régions. En dehors du grand bec jaune et des longues pattes jaunes et noires, la Grande Aigrette est entièrement blanche. Son long cou mince, son attitude dressée au repos et la pureté de son plumage lui confèrent un air de noblesse. En vol, grâce à ses battements d'ailes lents et souples, elle est encore très élégante. Elle diffère de l’Aigrette garzette par des coups d’ailes plus lents, des pattes proportionnellement plus longues qui dépassent en vol, et une plus grande taille (de 85 à 100 cm). Elle est l’un des grands oiseaux les plus silencieux. C'est tout à son avantage, car lorsque sa voix se fait entendre, ce sont des cris aigres et sonores qui jurent avec l'apparence de finesse qu'elle offre autrement.
Elle est en grande partie restreinte aux vastes zones humides et aux zones d'eau douce dans les régions de plaine, mais elle a déjà été signalée comme nicheuse en terrain montagneux jusqu'à 1800 m. On la retrouve dans les cultures fourragères dans les prairies (humides ou pas), les marais, les dépressions, les terres inondées, les bassins, sur les berges des rivières, les ruisseaux, les canaux, les lacs, et parfois aussi sur les terres irriguées et les rizières, principalement en hiver. Elle se reproduit généralement dans les grandes, denses et inaccessibles roselières ou autres grandes végétations aquatiques.
Le dimanche 16 mars 2008, après avoir passé quelques jours en centre de revalidation, une Grande Aigrette était relâchée au Domaine des Silex. Juste avant d'être relâchée, elle a bien sûr été baguée, elle est ainsi la première Grande Aigrette à être baguée en Belgique! Elle avait été extirpée quelques jours plus tôt d'un filet protecteur pour piscicultures à Ronquières... Chose rare en Belgique, cet oiseau était un adulte en plumage nuptial: les superbes aigrettes dorsales sont bien visibles, de même que l'étonnante couleur verte des lores (régions entre le bec et l'oeil). Ce sont ces fameuses "aigrettes", tant recherchées par ces dames du siècle passé, ainsi que la chasse effrénée, qui causeront la disparition de nos régions de ce bel Ardéidé. Heureusement, le statut de protection total dont bénéficie l'espèce actuellement en Europe, a vu ses effectifs exploser véritablement ces dix dernières années.
Un individu a également séjourné dans la partie marécageuse du parc Malou dans la vallée de la Woluwe durant l’hiver 2008-2009. Ce samedi 31 octobre 2009 en fin d'après-midi, une Grande Aigrette a été observée sur le grand étang de Boitsfort (Etang du Moulin). Elle y a passé la nuit mais s'était envolée le dimanche matin, jour de la promenade nature ...




Photos Stephan Peten





Le Grèbe Castagneux

Il n'est nul besoin d'être un grand connaisseur pour identifier cette minuscule boule de plumes châtain qui flotte et plonge parmi les Foulques et les Canards de nos étangs calmes: c'est le Grèbe castagneux, le plus petit de nos plongeurs.
A la taille inférieure à celle de la Poule d'eau, il est d'une grande activité. Sa vie se passe tout entière sur et dans l'eau. Dodu, rondelet, et au plumage soyeux, à l'arrière-train duveteux et blanchâtre, il est de nature craintive. A la moindre alerte, il est prompt à disparaître sous l'eau dans un jaillissement de gouttelettes pour reparaître un peu plus loin, ne montrant que sa petite tête émergeant de la végétation aquatique, tel un périscope de sous-marin minuscule. En plongée, il progresse rapidement grâce à la propulsion des pattes située très à l'arrière du corps et dont les doigts s'ornent de larges membranes. Cette adaptation strictement aquatique de ses déplacements ne lui permet pas de marcher aisément sur la terre ferme malgré ses petites pattes vigoureuses. Ses ailes courtes et arrondies ne lui sont d'aucunes aides pour «ramer» sous eau. Il ne s'en sert que très peu pour voler.
Son régime alimentaire se compose principalement d'insectes aquatiques de petite taille et leurs larves, de mollusques et de crustacés, de têtards et de petits poissons. Ce n'est pas une espèce typiquement piscivore et donc il ne peut être nullement accusé d'être un concurrent de la pêche à la ligne. 
Le Grèbe castagneux peut être observé chez nous durant toute l'année, dans de petites mares isolées dans les bois ou les champs de bruyères, dans des bras morts de nos rivières, larges fossés et étangs. Il affectionne les eaux peu profondes à végétation pas trop serrée laissant subsister suffisamment d'espaces libres.
Aimant des sites tranquilles, sa densité est faible chez nous. La cause principale qui influence ses effectifs est le gel persistant. Mais d'autres facteurs de réduction entrent en jeu: assèchement des marais et urbanisation, bétonnage des rives et curage excessif des rivières, le privent cruellement du couvert nécessaire en période de nidification. Et la pollution des eaux intérieures est une menace supplémentaire. En Belgique, le Grèbe castagneux niche principale-ment en Campine et en Flandre où sa population est évaluée à moins de 160 couples. L'espèce, tout comme son habitat humide, méritent sans conteste une plus grande préoccupation de la part de nos responsables ministériels, car son statut légal est mal défini dans la législation actuelle.

Oiseau sédentaire ou erratique, le Grèbe castagneux devient migrateur par obligation quand les mauvaises conditions climatiques hivernales le poussent à séjourner dans la région méditerranéenne où la chasse à la sauvagine ajoute un danger pressant à son maintien.

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Photo: Flip de Nooyer, Calendrier de l'oiseau, 2003.
Observez bien: il transporte un jeune sur le dos!
Le Grèbe Huppé.

Le Grèbe huppé est une espèce de l’Ancien Monde. Il se reproduit dans presque toute l’Europe, jusqu’à l’est de la Pologne et, vers le nord, jusqu’au sud de la Suède. La vie de ce grèbe se passe tout entière sur l’eau ou dans l’eau et cette existence aussi strictement aquatique ne va pas sans une adaptation extrêmement poussée.
La position des pattes est révélatrice à cet égard: elles apparaissent tout à l’arrière du long corps en fuseau, comme les hélices à la poupe d’un navire. Les tarses, fortement aplatis latéralement, fendent l’eau avec le minimum de résistance. Chaque côté des doigts est orné de larges membranes distinctes qui n’ont pas moins d’efficacité que les doigts complètement palmés des canards. La propulsion est due uniquement à la force des pattes car les ailes ne sortent pas des poches que forme le duvet protecteur des flancs. Ce duvet épais, serré, soigneusement entretenu et graissé, ressemble à une fourrure imperméable. Si avantageuse qu’elle soit pour la vie aquatique, la position des pattes ne lui permet de marcher et de se tenir debout qu’à grand-peine. Aussi, le Grèbe huppé n’aime-t-il pas se reposer à terre où sa lourdeur maladroite l’expose à trop de dangers.
Le Grèbe huppé niche dans notre pays sur toutes sortes de plans d’eaux stagnantes pour autant qu’ils soient purs et poissonneux.
A l’origine, son habitat naturel était limité à des étangs et des lacs d’une certaine étendue bordés de larges franges de roseaux. Espèce protégée inconditionnellement, elle accepte maintenant des plans d’eau plus petits et même dépourvus de végétation, nouvellement creusé (tels que argilières, sablières et gravières sous eau, des terrains de remblais inondés, etc.), des criques poldériennes et même des douves. Elle s’est adaptée u voisinage de l’homme et niche dans des sites très fréquentés, voire dans des parcs urbains ou des ports de plaisance.
En hiver, cet oiseau recherche des plans d’eau libres du gel, et donc il n’hésite pas à prendre la direction des côtes, cou tendu et battements d’ailes rapides.

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Photo : Harry Fiolet, Calendrier de l’oiseau 2000
La Grive litorne
La Grive litorne est un bel oiseau, un peu plus fort que le Merle, à la livrée très contrastée : tête grise, dos brun chaud, croupion gris, poitrine roux doré, piquetée de points noirs, ventre blanc et queue noire.
A l’origine, c’est un oiseau de la taïga. En Scandinavie, cette espèce, généralement farouche, s’est adaptée au voisinage de l’homme et niche dans les parcs et jardins. En Europe occidentale, cet oiseau se cantonne dans les endroits relativement humides. Mais elle ne cherche pas à se cacher, bien au contraire : elle aime à vivre à découvert, pâturer dans les prés et se percher, bien en vue au cime des arbres, mais une Litorne isolée est rare : elle ne se sent à l’aise qu’en société de ses semblables.
En migration automnale, les Litornes passent, à altitude moyenne, en bandes nombreuses ; en hiver, elles battent la campagne en volées d’importance très variable, vagabondant à la recherche de baies, mais surtout de fruits mûrs tombés des arbres dans les vergers ; le soir, elles se regroupent pour dormir. La nourriture végétale de l’hiver est entièrement remplacée au printemps et en été par des insectes, des larves, des vers, des mollusques terrestres.
Elle niche en petites colonies lâches. Volumineux et peu soigné, son nid est construit contre le tronc d’un vieil arbre ou sur une grosse branche latérale. La ponte a lieu de la mi-avril à la mi-juin. Lorsque les jeunes, âgés de deux semaines, sortent du nid, le mâle les surveille et les nourrit, tandis que la femelle s’occupe déjà de la seconde ponte. Le premier cas de nidification de la Grive litorne pour la Belgique fut découvert par Roger Arnhem, le 14 mai 1967, à Elsenborn Village (Hautes Fagnes). Le nid était bâti à près de dix mètres de haut, au creux d’une grosse fourche d’un hêtre Les cinq jeunes de ce couple purent être observés à l’envol…
A partir de ce site pionnier, après une dizaine d’années, la Litorne s’était tellement répandue dans cette zone des Cantons de l’Est, que sa population dépassait en nombre les Merles noirs locaux. Depuis lors, elle a étendu rapidement son aire de répartition vers l’ouest et le sud du pays : après la province de Liège, le nord du Luxembourg et de l’Ardenne, la Lorraine et le Pays de Herve, pour déborder jusqu’en Campine. On peut estimer les effectifs nicheurs à quelque quatre mille couples actuellement.
La Litorne est une espèce totalement protégée en Belgique.

Proverbe : faute de grive, on mange des merles = à défaut de mieux, il faut se contenter de ce que l’on a. La chair de la grive était plus estimée que celle du merle.

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Le Grosbec casse-noyaux  

Le Grobec casse-noyaux ressemble à un gros Pinson chanteur mais il impressionne par son corps trapu, court de queue, sa puissante encolure de taureau, sa grosse tête portant un énorme bec conique, sans oublier ses petits yeux perçants qui reflètent une étrange impression d’agressivité ou d’insécurité. Au vol, sa détermination est aisée grâce à sa taille, à la proéminence du cou et de la tête, à la grande bande blanche sur l’aile et à la queue courte terminée également par du blanc.
Son énorme bec conique, dont la robustesse est soulignée par une petite bavette rectangulaire, est un outil redoutable (plus de 50kg de pression) avec lequel il croque allègrement les noyaux de cerises et d’autres fruits sauvages. La structure puissante des mandibules lui permet de se nourrir de graines protégées par une enveloppe ligneuse très dure que lui seul, parmi les oiseaux de nos jardins, peut briser : samares des érables, des charmes, des frênes ; noyaux du merisier, du prunier du houx et du sorbier. Sans oublier le tournesol dont il raffole, tout comme les mésanges, sittelles et autres verdiers qui visitent nos mangeoires en hiver mais dont la pulpe recherchée Photo: Charlie Carels
par ces dernières espèces ne se laisse pas aussi facilement décortiquer que par le Grosbec. Ce dernier ne dédaigne pas pour autant une nourriture plus facilement méritée comme la verdure tendre et les bourgeons de nos arbres et les boutons floraux qui feront ses délices au printemps.
De mœurs arboricoles, aimant à se poster au sommet des arbres, il fuit les espaces découverts et se réfugie discrètement dans les bois touffus sous la haute futaie. Timide, discret, craintif même, sa présence n’est dévoilée au promeneur averti que par ses cris ‘tsic tsic’, brefs et fusants, qui permettent de le repérer ou d’assister à son envol.
Dès la fin de l’été, il affectionne fouiller l’humus sous les premières feuilles mortes, sous les arbres à baies, où il recherche avec soin les pépins et les noyaux des fruits délaissés par les étourneaux, les grives et les merles. On peut alors le rencontrer en petits groupes avec une majorité de jeunes oiseaux de l’année.
Farouche de nature, il passe souvent inaperçu car son caractère peu sociable envers d’autres espèces l’oblige à rechercher des sites tranquilles où le promeneur est rare. Dans nos régions, le Grosbec casse-noyaux est un oiseau sédentaire et erratique très apprécié par les braconniers car sa capture est facile : s’il est méfiant, sa nature irréfléchie lui coûte parfois très cher.
La population belge compterait quelque 9.000 couples.

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Photos Charles Carels


La Grue cendrée

Jadis, ce grand et gracieux échassier était un oiseau nicheur répandu dans la plupart des pays d’Europe. Masi sa situation est devenue catastrophique dans nos régions occidentales où l’espèce a régressé continuellement à cause de l’extension des cultures qui ont envahi les espaces marécageux ou tourbeux, les bruyères vastes et inhabitées, où les Grues cendrées pouvaient nicher ou, comme chez nous, se reposer tranquillement lors de leurs passages.
La majesté de la Grue cendrée n’est pas seulement dans sa haute taille, mais aussi dans ses allures, tantôt raides, tantôt plus gracieuses, mais toujours élégantes, surtout dans la démarche.
De loin, son plumage paraît d’un gris sombre uniforme, avec une touffe de plumes plus ou moins bouffantes qui saillit et retombe à l’arrière du corps. De plus près, on reconnaît la bande blanche qui part de la joue et descend sur le côté du cou, dont le devant est noir. La seule tache de couleur vive est une petite calotte rouge au sommet de la tête. Au vol, la silhouette aux grandes ailes rectangulaires digitées rappelle celle de la Cigogne blanche, mais le cou tendu et les pattes s’alignent à l’horizontale.
Dans le nord de l’Europe, elles nichent de préférence sur les tourbières au sol incertain et presque sans arbre, mais souvent colonisées par des broussailles basses de saules et de bouleaux nains. Plus au sud, la végétation ne les rebute pas, au contraire, si l’eau et les fondrières s’opposent aux intrusions. D’une façon générale, la Grue cendrée bâtit son nid en milieu humide, souvent forestier, sur un îlot restreint afin de se protéger des prédateurs terrestres. Les jeunes nidifuges se nourrissent seuls dès leur quatrième jour, principalement d’insectes, de mollusques, de petits vertébrés, de pointes d‘herbe et des premières graines. En hiver, les migrateurs consomment également des glands du chêne et des olives.
La Grue cendrée est une grande migratrice dont les déplacements spectaculaires et bruyants sont connus depuis longtemps. Après leur rassemblement sur l’île suédoise d’Ôland à la fin de l’été, puis leur stationnement sur l’île allemande de Rügen ou dans le Mecklembourg en octobre, les oiseaux de Scandinavie et du Sud de la Baltique entreprennent un long voyage en direction du sud-ouest. Celui-ci les conduit après quelques escales en France (Lac du Der en Champagne) et sur le site espagnol de Gallocanta (Saragosse) et, en petit nombre, jusqu’au Maroc. En Belgique, nous pouvons admirer annuellement leurs survols majestueux au-dessus des Fagnes, mais également de plus en plus en Basse Belgique, en Campine comme le long des côtes … ou à Boitsfort, comme le 25 février 2010.

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Photo Serge Ninanne


Ne pas confondre Grue cendrée (à gauche)
et Cigogne blanche (à droite)
Photo Serge Ninanne


Rassemblement de Grues cendrées
Photo Damien Hubaut

La Guifette noire  
A leur vol souple, à leur petite taille et aux teintes sombres de leur plumage, on reconnaît les Guifettes noires. Un gris ardoisé sur le dos, les ailes et la queue, du noir à la tête et sous le corps, et du blanc pur au bas-ventre : c’est la livrée de deuil, certes, mais justifie-t-elle vraiment le nom « d’épouvantail » dont on avait affublé cet oiseau vif et léger ? Ou « hirondelle triste des mers » comme l’indique son appellation en allemand ?
Mais le nom d’Hirondelles de mer convient particulièrement à ces oiseaux : ne dirait-on pas en effet de grandes hirondelles qui voltigent de-ci, de-la au ras de l’eau, en chassant les insectes ?
Au cours de leurs allées et venues capricieuses, elles picorent quelque nourriture dans une souple pirouette et parfois se laissent choir dans l’eau comme les grandes Sternes, pour y pêcher un petit poisson, mais sans plonger. Toujours contre le vent, c’est une quête incessante qui tantôt effleure la surface du lac, tantôt s’élève et s’arrête un instant sur place, puis reprend sa course lente et onduleuse. Il est exceptionnel qu’elles se posent sur l’eau, car elles préfèrent prendre leur repos et dormir sur des objets flottants, des pierres, des piquets ou à terre.
Les insectes aquatiques et leurs larves sont à la base de la nourriture de la guifette. Elle picore aussi sur les champs les insectes terrestres, des vers, et pêche de petits poissons, des têtards et de minuscules grenouilles.
En Belgique, la Guifette noire nichait principalement en Campine jusqu’en 1987, mais en petit nombre et très localement. Cette espèce était liée à des bruyères basses et humides parsemées de mares, nichant principalement entre les joncs dans les zones d’atterrissement, sur le tapis de sphaignes ou sur des nattes flottantes de roseaux disposées sur l’eau à leur intention.
Grandes migratrices, les Guifettes noires nous arrivent dès mai, pour repartir dès septembre vers leurs quartiers d’hiver en Afrique tropicale, de la Sénégambie à l’Angola.


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Dessin de John Gould, 1871

Le Hibou Moyen Duc  

Les longues aigrettes qui se lèvent comme deux doigts sur le front sont caractéristiques du Hibou moyen-duc, de même que la couleur orangée des yeux. De la taille inférieure à celle d'une Corneille noire, le plumage, où se mêlent le gris, le brun et le roux doré, est une marqueterie somptueuse dans le détail et un camouflage parfait dans l'ensemble. Le visage bien dessiné varie d'expression selon qu'il s'ouvre en cercle aux heures d'activité ou qu'il se ferme et se rétrécit pendant le repos.

On ne voit que rarement le Moyen-duc: cela tient non seulement à ses mœurs nocturnes mais aussi à son extrême discrétion. Pendant son repos diurne, il somnole volontiers dans un lieu abrité, de préférence dans un conifère où il retrouve une certaine pénombre, appuyé contre le tronc ou posé parmi les branchages serrés. Aimant se sentir à couvert, il est conscient de l'avantage que lui donne là sa livrée protectrice. Immobile, presque vertical, les yeux mi-clos et la face renfrognée, il ne quitte son poste que s'il y est forcé. A la moindre inquiétude, son plumage se colle au corps et devient d'une sveltesse et d'une raideur surprenante, s'identifiant plus à un bâton inerte qu'à un oiseau vivant.

Son régime alimentaire est d'une grande monotonie, car il se nourrit avec prédilection que de campagnols et autres petits rongeurs. Accessoirement, il capture diverses espèces d'oiseaux parmi les plus abondantes dans son aire de nidification et dont la taille peut aller jusqu'à celle du Merle. Exceptionnellement, il consomme grenouilles, orvets, poissons et insectes.

Le Hibou moyen-duc est un nicheur assez commun en Europe occidentale (de 4000 à 5000 couples nicheurs en Belgique) où ses effectifs subissent des fluctuations importantes mais temporaires dues à la pléthore ou à la pénurie des petits rongeurs. Sa densité locale est parfois réduite par la concurrence interspécifique avec le Chouette hulotte qui semble mieux s'adapter aux conditions du moment.


Photo: Jan van Holten, Calendrier de l'oiseau, 2003 .

Son habitat est constitué de sites semi arborés où il dispose à la fois d'espaces dégagés pour chasser (cultures, prairies, jachères) et en même temps de bosquets, principalement de conifères, où il peut s'abriter et trouver de vieux nids d'autres espèces (Corneille, Pie, Geai, Buse, Epervier, Héron) ou d'écureuils pour y déposer ses œufs. La reproduction du Moyen-duc dépend de l'abondance de ses proies et de leur fluctuation, donc en relation directe avec les variations des populations de petits rongeurs. La ponte a lieu de la mi-mars à la mi-juin. Les jeunes restent entre 20 et 24 jours au nid et effectuent leur première randonnée en vol à l'âge de 4 semaines.
Partiellement migrateur, on rencontre parfois des rassemblements de Moyens-ducs hivernant aux abords de dortoirs de petits passereaux (Moineaux, Etourneaux) qui assurent leur repas.

Les Anglais le nomment «hibou à grandes oreilles» (long-eared owl), en raison de ses aigrettes développées. Mais attention, ce ne sont pas des oreilles, seulement des touffes de plumes dont le rôle n'est pas encore bien connu.

L’Hirondelle de rivage
Des trois espèces d’hirondelles fréquentant nos régions dès le printemps, ce sont sertes les Hirondelles de rivage qui sont les moins connues du grand public du fait qu’elles ne sont pas tributaires de nos habitations comme le sont les Hirondelles rustiques et de fenêtre. Mais à leur plumage brun gris dessus, au-dessous blanc barré d’une bande pectorale sombre, à leur plus petite taille, on distingue aisément nos gracieuses Hirondelles de rivage de leurs consoeurs.


Photo: Wim Smeets, Calendrier de l’oiseau, 2001
Ce sont les hirondelles les plus grégaires de nos régions, vivant en sociétés très cohérentes, ce qui attire et captive l’attention. Nichant en colonie, pouvant atteindre plusieurs centaines d’individus, c’est la même effervescence collective qui régit la simultanéité de toutes les phases des préparatifs à une reproduction organisée en communauté: excavation des terriers, collecte de matériaux nécessaires à l’installation du nid, accouplement suivi de la ponte.

Car l’Hirondelle de rivage creuse son nid, à coups de bec et de griffes, dans la paroi verticale d’un talus abrupt de terre meuble, sable ou limons. Ses sites de nidification traditionnels sont les berges érodées de cours d’eau, mais les travaux de rectification de ces derniers, ainsi que le bétonnage des rives, ont gravement réduit ces habitats naturels. Heureusement, très éclectiques, les Hirondelles de rivage se sont adaptées à divers milieux anthropiques: sablières, argilières, marnières, talus de digues, berges de canaux, ou tranchées fraîches dans les chantiers.

Photo: Henk Tromp, Calendrier de l’oiseau 1995


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L’adoption des carrières de sable, d’origine souvent artificielle, donc occasionnelle et temporaire (gros travaux routiers ou portuaires), a cependant une incidence favorable sur la distribution de l’espèce. Ce sont donc les habitats naturels et artificiels qui sont à préserver ou à mieux gérer qui donneront une nouvel essor à cet oiseau.
Les Hirondelles de rivage partent plus tôt que les autres espèces, au début août déjà, et hivernent surtout en Afrique orientale.Pour tenter de faire revenir l'hirondelle de rivage
et la revoir nicher à Bruxelles, une berge expérimentale
en sable a été provi-soirement aménagée aux étangs de
Boitsfort.
Ces oiseaux recherchent des parois sableuses pour y creuser leur nid, ce qui manque cruellement dans notre Région.D'autres oiseaux, comme le martin-pêcheur (et le guêpier!), peuvent également y creuser leur nid.
Le Jaseur boréal
Avec sa huppe en forme de crête, cet oiseau peut lui aussi rivaliser en beauté avec d'autres espèces. Son plumage coloré de plusieurs teintes de brun, de bleu, de gris à la fin de l'hiver, l'extrémité de la queue jaune ou barrée de bleu, les ailes noires piquées de points rouges et jaunes, son ventre jaune et son masque noir à la Zorro qui lui confère un air plutôt sévère.
C’est un oiseau très grégaire, et lorsqu’on a la chance d’en observer, il est très rare de l'apercevoir seul car il se promène en bandes plus ou moins importantes en hiver. On le rencontre alors aussi près des habitations où il y a des arbustes à fruits et des petites baies comme les genévriers, les groseilliers où il reste quelques petits fruits séchés. Il ne dédaigne pas non plus quelques insectes qu'il attrape souvent au vol.
Nom scientifique : Bombycilla garrulus , Pestvogel (NL), Waxwing (GB), Seidenschwanz (D)
Famille :Bombycillidae. Seul membre de cette famille à vivre en Europe.
Longueur totale : 19 à 22 cm
Identification : cet oiseau des forêts sub-arctiques, de la taille de l’étourneau, est revêtu d’un plumage soyeux d’un gris brun rosé et pourvu d’une huppe, de sourcils et d’une bavette sombres. Les pointes rouges au bord des ailes et la large bande jaune terminale de la queue sont d’autres signes distinctifs de cet oiseau peu farouche à l’allure trapue.
Biotope : hôte nicheur des vastes forêts de conifères et de bouleaux du Nord (taïga).
Nourriture : les baies forment son aliment principal durant une grande partie de l’année : fruits du sorbier et de l’aubépine, de l’églantier, l’alisier, la viorne, l’épine-vinette, le genévrier, le cotonéaster ainsi que les fruits pourris et les insectes qu’il parvient à capturer au vol à la manière des gobe-mouches.
La faible valeur nutritive des baies qui forment l’essentiel de sa nourriture et la rapidité surprenante de sa digestion, obligent cet oiseau à en consommer en grandes quantités. La nourriture ne fait que transiter 7 à 10 minutes dans estomac et intestins, ressortant à moitié digérée. Ce faisant, le jaseur participe involontairement, par ses fientes, à la dispersion de certains types de plantes.

Nidification : le nid est dissimulé dans un sapin, un épicéa ou un bouleau dans une forêt marécageuse, au bord d’une clairière ensoleillée. La pointe a lieu en juin, généralement 4 ou 5 œufs. Incubation : 14 à 16 jours. Une seule ponte annuelle.
Distribution géographique : nicheur en Eurasie septentrionale, en Sibérie centrale, au sud de la Suède et en Finlande, le jaseur boréal ne se rencontre pas tous les ans en Europe occidentale en tant qu’oiseau hivernant. Dans nos contrées c’est un oiseau mythique pour les ornithologues.
Ses déplacements irréguliers dans les zones tempérées ont un caractère d’invasion et occasionnel car ils sont provoqués par le manque de baies dans son aire de nidification lors des mauvaises années de fructification ou lorsque la population est trop importante. En hiver, en Suède, il peut y avoir des troupes de 1.000 individus en pleine ville, en janvier/février, même s’il fait –20° à –30°, les années à bonne fructification de sorbier.
A intervalles irréguliers (4 à 7 ans), les jaseurs quittent en grand nombre les pays nordiques, migrent vers le sud et ces invasions atteignent la France et les Balkans. Il viennent alors dans les villes et villages à la recherche de baies (sorbier, gui). Il semble que les invasions ne répondent que partiellement à la problématique de surcroît d’effectifs car les pertes en cours de route sont relativement élevées, seul un nombre restreint des oiseaux impliqués dans les invasions retrouvent la toundra reproductrice en mars/avril. Le jaseur boréal est peut-être le passereau européen dont les invasions attirent le plus l’attention du public en raison du grand nombre de participants, de leur beauté et de leur voix harmonieuse (cris = sorte de trille aïgue « sirrrr » qui résonne comme une petite clochette).
Ses apparitions irrégulières, parfois spectaculaires, n’ont pas manqué de frapper l’imagination populaire. Jadis, ses fuites « migratoires » étaient considérées comme des signes de malheur - annonçant la guerre (d’où son nom en allemand), la peste (d’où son nom en néerlandais) - ou de grands froids. La grande confiance de ces oiseaux en font des victimes faciles pour les tendeurs qui les convoitent pour orner leur volière. Quelques oiseaux ont été saisis chez des braconniers.
C’est un oiseau européen, donc intégralement protégé. Cet hiver a connu une mini-invasion : nord de la Hollande, côte ouest de l’Angleterre, Belgique et France (quelques individus).


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Le Milan royal.
Un peu plus grand que la Buse variable, le Milan royal est facile à identifier: la queue est profondément échancrée. Les longues ailes étroites sont marquées d’une grande tache blanche à la face inférieure. La tête d’un blanc grisâtre est striée de sombre et le plumage est roussâtre en majeure partie. Pour nicher, le Milan royal affectionne des mosaïques de bois feuillus, bosquets et terrains dégagés à dominante herbagère. Le nid se localise souvent en lisière des forêts. Les cas de nidification recensés en Belgique sont plutôt rares (moins de 10 couples) mais l’espèce semble en légère extension mais reste très sensible à la pose d’appâts empoisonnés, cependant interdite par la réglementation cynégétique.
Car le Milan royal est un charognard autant prédateur que parasite qui essaie de s’emparer des proies des autres rapaces. En fait, c’est un médiocre chasseur qui s’intéresse principalement à des proies couchées. Loin d’être un rapace de haut vol, ce bel oiseau trouve sa nourriture à terre où tout lui est bon, surtout s’il n’a pas un grand effort à déployer: rats, campagnols, lapins, lézards et grenouilles. Il ne méprise pas les insectes, happe même les libellules au vol, glane des lombrics dans les champs, chaparde des proies dans les héronnières. Moins porté que le Milan noir à rôder sur les eaux, il y pêche aussi des poissons crevés ou malades.
Pour toutes ces raisons alimentaires, le Milan royal niche souvent près des dépotoirs et décharges publiques d’où il rapporte chiffons ou morceaux de plastique avec lesquels il orne la cuvette de son nid. Il serait sédentaire au Pays de Galles, ailleurs, il est généralement migrateur, hivernant dans la péninsule ibérique, parfois au Maghreb.
En Belgique, les principaux cas de nidification proviennent de Haute-Belgique: Lorraine, Hautes-Fagnes et Entre-Sambre et Meuse. Pour rappel, nous avons eu la chance et le plaisir d’observer cet oiseau, survolant à faible hauteur le Domaine des Silex, pour la première fois, le 4 mars dernier.
Milan vient du latin milvus qui signifie oiseau de proie. Le terme royal vient du mot réel pour vrai Milan, à distinguer de l’autre milan, le noir, qui est plus sombre.


Dessin : Ludo Watthée



Photo : Wim Smeets
Le Moineau domestique.
Ce Pierrot robuste et trapu, ce compagnon de nos campagnes, ce commensal effronté de l’homme et qui vit aux dépens de celui-ci était si commun qu’on le regarde à peine. Et, cependant, la livrée du mâle adulte mérite d’être examinée de près et avec attention: calotte gris foncé bordé de roux, bavette noire, joues et dessous blanc grisâtre, manteau brun chaud rayé de noir et croupion gris, autant de signes vestimentaires que dévoile une plus longue observation. La femelle et les jeunes sont plus ternes, au plumage brun grisâtre.
Le Moineau domestique a lié son existence à l’homme. On ne le rencontre jamais loin des terres cultivées ou des habitations. Il affectionne les champs, les jardins potagers, les vergers, les prairies, les fermes pas trop isolées et leurs dépendances, les parcs et les rues.
Omnivore débrouillard, le Moineau domestique a un régime mixte, où les éléments végétaux l’emportent de loin sur la nourriture animale, mais qui dépend fortement du milieu qu’il habite. Recherchant sa substance à terre, il marque une grande préférence pour diverses graines, pourvu qu’elles se soient ni trop grandes ni trop dures, les semences de nos herbacées, les céréales, les fruits des champs (navet et chou) et le trèfle. Il s’intéresse également à la verdure tendre, aux boutons des fleurs et aux fruits à suc doux (groseille, cerise, raisin, fraise).
Le Moineau domestique de nos villes, qui se nourrissait autrefois de crottin de cheval dans lequel il trouvait des graines non digérées, a diminué en nombre depuis que la locomotion automobile a remplacé la traction chevaline. Malgré cela, il se maintient grâce à sa sobriété, à son ingéniosité et aussi à la générosité des citadins qui lui prodiguent miettes de pain et graines diverses.

Le Moineau domestique
(Photo: J.M. Winants, fiche Oiseaux de chez nous n°6, LRBPO)
Le Moineau friquet est plus campagnard et un peu migrateur. Les deux sexes sont semblables. Ces deux espèces, granivores, se nourrissent exclusivement d’insectes pendant la période d’élevage de leurs jeunes. Ces oiseaux jouent donc un rôle primordial, mais souvent méconnu, dans la destruction naturelle des insectes nuisibles et contribuent à maintenir l’équilibre naturel.
Des études récentes démontrent que les deux espèces deviennent rares, enregistrant une forte réduction de leurs effectifs dans toute l’Europe. Les principales causes en sont la disparition et la monotonie des structures rurales, la stérilité de nos jardins et espaces verts, et l’utilisation de substances chimiques dans l’agriculture et les jardins. Les rénovations généralisées des bâtiments (isolation, hermétisme) sont également l’un des principaux obstacles à la survie de ces espèces, car de nombreux interstices sont bouchés réduisant ainsi les possibilités de nidification (murs, corniches, toitures…).

Le Moineau friquet
Photo: Damien Hubaut, fiche Oiseaux de chez nous n°39, LRBP

Dans notre capitale aussi le moineau a fortement régressé; cet oiseau vit en petites colonies et subsiste à différents endroits à Bruxelles. Avec un peu d’attention, vous en découvrirez certainement près de chez vous. Poser des nichoirs à son attention peut contribuer à protéger les moineaux de son quartier. La COWB a procédé, en collaboration avec la Commune de Watermael-Boitsfort, à l’installation de plusieurs nichoirs pour moineaux (notamment au Manège du Possible). Ils sont occupés petit à petit par des moineaux; la présence de chevaux (et leur crottin) et d'une colonie de moineaux à proximité a facilité leur occupation. 5 nichoirs étaient occupés par des moineaux en 2009.
Le gros de la colonie de moineaux trouve abri dans un gros massif de lierre à proximité (le lierre, toujours vert, les protège été comme hiver des intempéries et des prédateurs).
NB: de plus en plus de moineaux s'installent dans les nids artificiels pour hirondelles ! (3 couples).
La Mouette rieuse.

Avec son bec carmin, ses pattes rouges, son manteau gris pâle et, au printemps, son capuchon facial brun chocolat, la Mouette rieuse ne passe pas inaperçue. Mais c’est dans sa livrée d’éclipse, décapuchonnée ou arborant encore quelques traces de marbrures brunâtres du plumage immature, que ce Laridé élégant et débrouillard visite nos grandes villes, ses parcs et ses larges artères.
Citadin ou villégiateur du bord de mer, cet oiseau élégant, à l’aise tout autant sur la terre que sur l’eau, se reproduit parfois très loin des mers et des océans. La Mouette rieuse niche principalement sur les étangs (‘vens’) des bruyères, aux eaux peu profondes et acides, des provinces d’Anvers et du Limbourg. A la côte, elle ne se constitue en colonies que dans le Zwin. A côté de ces milieux naturels, elle investit des habitats artificiels depuis un quart de siècle. Des colonies se sont ainsi installées sur des décanteurs de sucrerie, dans des gravières inondées, des marais d’affaissements miniers, ainsi que sur des terrains de remblai dans la zone portuaire anversoise.
La Mouette rieuse, malgré ses tendances omnivores, se nourrit surtout de proies animales: lombrics, coléoptères, diptères, chenilles, têtards et grenouilles, mollusques et poissons. Très voraces, elle engloutit au moins son poids, soit environ 300 grammes par jour, la digestion et l’élimination étant rapides. Pour ceux et celles qui aiment nourrir nos mouettes hivernantes en ville, un petit conseil au passage: si vous distribuez du pain, celui-ci doit être présenté en tous petits morceaux afin de permettre à l’oiseau de les avaler d’un seul coup. Cette nourriture d’appoint ne peut cependant pas être jetée sur la voie publique, tant par souci de la salubrité publique que par respect de la réglementation, mais aussi afin d’éviter que la mouette, affamée donc imprudente, ne soit victime du trafic routier
.

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Photo: Filip de Nooyer, Calendrier de l’oiseau, 2004

Le Pic Noir.

D’une taille voisine du Choucas, ce Pic est entièrement noir, avec un bec long et droit, l’œil blanchâtre, la calotte entièrement rouge (mâle) ou réduite à une tâche rouge derrière la tête (femelle).
C’est le plus grand de nos pics dont la première apparition en Belgique semble dater de 1862 alors qu’on n’observe cet oiseau pour la première fois aux Pays-Bas qu’en 1915. Ce serait le reboisement par des résineux et les coupes à blanc qui délaissent les souches périssantes propices aux insectes dont il se nourrit qui auraient entraîné son apparition.
Le Pic noir est principalement localisé en Campine anversoise et limbourgeoise ainsi que dans les grands bois brabançons et dans les vastes forêts de Haute-Belgique. Vu l’étendue de son territoire et parfois l’inaccessibilité, tout recensement reste aléatoire pour une espèce aussi rare. Les effectifs belges devraient se situer entre 50 et 250 couples au maximum.
Cavernicole, le Pic noir creuse son logis de préférence dans un hêtre, un peuplier, un bouleau ou un chêne, rarement dans un conifère ou un poteau téléphonique. La ponte à lieu d’avril à mai: généralement quatre ou cinq œufs déposés dans une cavité nouvelle sans matériaux, si ce n’est quelques copeaux de bois fraîchement décapés. La durée d’incubation prend quelque deux semaines. Les jeunes quittent le nid après 24 à 28 jours et errent ensuite dans la région, sans jamais parcourir de grandes distances. Oiseau très pacifique, il laisse
prendre possession de sa cavité nouvellement creusée les Choucas, les Pigeons colombins, les Etourneaux et même les Sittelles.
Cette espèce n’est abondante nulle part car les besoins d’un couple s’étendent à plusieurs centaines d’hectares de forêts, de hautes futaies de bois de feuillus (hêtres) pour y creuser son nid et où existent de nombreux îlots de résineux dont il aime explorer les souches et les écorces. Car ce Pic arboricole typique s’attaque vigoureusement à tous bois vermoulus et ne descend à terre que pour visiter les racines et souches de conifères, y cherchant à coups de bec solides ou avec sa longue langue gluante toutes sortes d’insectes xylophages, leurs larves et imagos. Il est très friand de fourmis et de leurs larves et œufs dont il nourrit ses jeunes dès l’éclosion.

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Photo: Paul van Gaalen, Calendrier de l’oiseau, 1996


Les deux derniers numéros (3 € le n°) de La Hulotte vous proposent de découvrir, avec humour et passion, la vie de cet oiseau.
Pour vous procurer ces ouvrages, contactez Natagora-Aves 04/250.95.90 (en journée du lundi au vendredi) ou 02/280.64.23 (du mercredi au samedi en après-midi) ou www.aves.be/librairie/
Le Pinson du nord.
Actuellement, suite à une bonne fructification (cyclique) des hêtres, des milliers de pinsons hivernent en Forêt de Soignes. En plus du Pinson chanteur, bien connu de tous, de nombreux Pinsons du Nord, originaires de Scandinavie, peuvent être observés.Le Pinson du Nord a moins de blanc aux ailes et à la queue que le Pinson des arbres et s’en distingue tout spécialement par le croupion blanc, bien visible à l’envol. En plumage nuptial, le mâle porte des épaulettes roux orangé et est très reconnaissable à son capuchon et manteau noir brillant. Cette cape sombre disparaît presque complètement en hiver pour devenir brunâtre. La femelle aux teintes moins vives, ressemble davantage à celle du Pinson des arbres et se reconnaît à ses joues et à sa nuque grises.
Pendant les longues journées de l’été subarctique, il niche dans les forêts de conifères et de bouleaux qu’il quitte dès septembre pour s’étendre un peu partout en Europe, jusqu’à la Méditerranée. A ce propos, le baguage de Pinson du Nord dans notre pays donne l’ampleur de cette migration dictée principalement par la spécificité de sa nourriture. C’est ainsi qu’un individu bagué en Brabant fut repris l’année suivante en Géorgie (ex-URSS) après avoir parcouru, rien qu’au retour, quelque 3250 km ! Un autre individu, également bagué en Belgique, fut retrouvé au Maroc.
Mais c’est le tempérament grégaire de l’espèce qui provoque des rassemblements tout simplement fabuleux. Il faut savoir que la présence des Pinsons du Nord dans notre pays, en automne et en hiver, est tributaire des faînes dont la teneur oléagineuse fournit la base de leur alimentation. Or, c’est la fructification, bonne ou mauvaise, des hêtres qui conditionne la durée de leur séjour dans l’une ou l’autre région. Lorsque cette nourriture est largement disponible, l’esprit collectif régnant alors en maître, on peut assister à des passages grandioses et à des rassemblements atteignant parfois des proportions gigantesques. Dans ces conditions optimales, ce phénomène cyclique peut déboucher sur la présence de millions d’oiseaux dénombrés dans des dortoirs. Mais en général, le passage automnal du Pinson du Nord est régulier. En tout cas, la durée du passage de cet oiseau chez nous est conditionnée directement par la présence de faînes, même s’il recherche également des semences de conifères ou des baies sauvages variées. Parfois, nous pouvons donc l’attirer à la mangeoire en lui présentant des graines de tournesol dont il raffole.
Le Pinson du Nord a été capturé massivement par les tendeurs belges qui le surnomment «Pinson des Ardennes», croyant même que cette espèce devait nicher sur le relief, d’où son appellation wallonne de «fagnard».

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Photo: Frans van Boxtel, Calendrier de l’oiseau, 2004
Le Pipit des arbres  
Plus petit que l’Alouette des champs, mais relativement plus haut sur pattes et à la poitrine jaunâtre nettement tachetée, le Pipit des arbres ne fréquente pas les labours en été et ne saurait donc être confondu avec le chantre de nos blés. Il est plutôt un hôte des lisières de nos bois, affectionnant les rangées d’arbres dans la plaine, les landes et les bruyères parsemées de bouquets d’arbrisseaux, ainsi que les clairières étendues dans tous les types de bois. Jadis, avant l’électrification du chemin de fer, il aimait choisir, comme site de nidification, les talus couverts d’une végétation arbustive pour autant que des coupe-feux y soient tracés.
Le vol nuptial du Pipit des arbres est différent de celui de l’Alouette des champs car son ascension est silencieuse et de courte durée, jusqu’à 10-20 mètres de hauteur. Mais sa chute en «descente libre», ailes déployées, queue étalée et pattes pendantes, accompagne son chant clair et très sonore qui se termine invariablement par une cascade de cris répétés jusqu’au moment où l’oiseau se repose sur son perchoir.
Le Pipit des arbres, et surtout la femelle, est par ailleurs un oiseau d’une discrétion remarquable, passant tout son temps à terre. Le nid, installé dans un petit creux du sol garni de matériaux très fins et de crins, est bien dissimulé et souvent masqué par les herbes retombantes. Seule la femelle couve, réchauffe et alimente les jeunes les premiers jours après l’éclosion. Ceux-ci demeurent au nid durant une dizaine de jours et le quittent avant d’être à même de voler, restant tapis et disséminés sous les herbes.
Le Pipit des arbres est un migrateur qui nous revient dès le mois de mars pour nous quitter en août. Via la France, l’Espagne et le Maroc, il traverse le Sahara pour atteindre les savanes d’Afrique tropicale d’où, à peine arrivé dans ses quartiers d’hiver, il remonte vers nos régions.
Oiseau insectivore, il recherche ses proies au sol : sauterelles, coléoptères de petite taille, chenilles, tipules, moustiques, œufs de fourmis et araignées.

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Photos Stephan Peten

Le Pouillot à grands sourcils : oiseau de l'année 2008 !

Les joies du baguage offrent chaque année leur lot de surprises. Tel fut le cas le samedi 18 octobre 2008, lors d’une matinée d’observation des migrations d’oiseaux, ainsi que deux jours plus tard : deux Pouillots à grands sourcils firent une halte, quelque peu involontaire, dans les filets !
De très petite taille, (à peine plus gros qu’un roitelet), le Pouillot à grands sourcils se distingue par les deux barres claires sur l’aile et par le grand sourcil crème ; dessus vert jaunâtre, dessous blanchâtre. La queue est plutôt courte.
Ce pouillot habite le nord de la Sibérie, le centre et le sud-est de l’Asie, mais s’égare fréquemment en Europe. De mi-septembre à fin octobre, parfois même en novembre, il passe en petit nombre et assez régulièrement de l’Allemagne à la Grande-Bretagne.
Son cri est apparenté à celui du Pouillot fitis mais plus aigu et sonore.

Voir aussi la fiche sur le Pouillot à grands sourcils.

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Photo Alexis D’All Asta
Le Pouillot véloce
On le remarque à peine, mais sa voix annonce le renouveau du printemps. Son chant, mais est-ce vraiment un chant cette litanie lancinante et bisyllabique dont l’onomatopée désigne son nom en bien des langues : tsip - tsap, tsiptsap, … Et c’est bien ce chant, qui le distingue à l’oreille de ses congénères ou sosies, qui a valu à ce Pouillot les surnoms pittoresques de ‘compteur d’écus’ ou ‘changeur de monnaie’ qui se retrouvent dans son appellation latine ‘collybita’.
En somme, le Pouillot véloce est ce petit oiseau très mobile (appelé ‘frétillet’ en Champagne), dont la vivacité et la nervosité s’expriment par de fréquents balancements mesurés de la queue et par des mouvements d’ailes brusques avant l’envol. Quand le Pouillot véloce est silencieux, sa détermination à vue pourrait le confondre avec le Pouillot fitis. Car ces deux espèces, de tailles sensiblement pareilles, ont le même plumage brun verdâtre et blanc jaunâtre. Mais le Pouillot véloce est plus terne que son grand cousin, avec un manteau plus brunâtre et une gorge plutôt claire, blanchâtre même.
Il est plus facile de parler du Véloce en le comparant au Fitis, tant leur comportement chez nous est similaire, si on fait abstraction du chant qui reste le meilleur caractère d’identification à distance. Tous deux construisent un nid globuleux près du sol ou à faible hauteur, de forme plus ou moins ronde avec une ouverture latérale plus ou moins étroite. Mais le Véloce aime la lumière d’où son goût de la clairière, de la lisière des bois ou du bord des chemins couverts de taillis, de broussailles ou de ronces et dominées par des arbres, qu’il affectionne pour nicher. Par contre, le Fitis marque une préférence pour un site de nidification sinon plus humide, tout au moins plus ombragé.

Les ailes du Véloce sont plus courtes que celles du Fitis, voyageur au long cours par excellence, mais cela ne l’empêche pas d’atteindre le Niger, même si certains individus se contentent de passer l’hiver dans le sud de l’Angleterre.

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Photo: Paul van Gaalen, Calendrier de l’Oiseau, 1997, LRBPO


John Jould, 1871

Le Râle d'eau.
Beaucoup plus petit que la Poule d’eau, presque de la taille du Merle, ce petit Rallidé aux mœurs secrètes possède un long bec rouge caractéristique. Il est rarement observé en terrain découvert où se manifeste typiquement par son cri comparé à celui d’un porcelet qu’on égorge, d’où son nom. Il arrive parfois à certains ornithologues de terrain, désireux d’effectuer le recensement des Râles d’eau dans un site, de diffuser ce cri au moyen d’un enregistreur: c’est la méthode de la ‘repasse’. Les individus cantonnés, répondant à cet appel, sont ainsi répertoriés. Mais cette méthode est à proscrire en période de nidification, car elle perturbe le comportement des couples nicheurs.
Pour le photographe animalier, par contre, l’approche est plus paisible et silencieuse. Il lui suffit de s’installer en bordure d’une roselière marécageuse, armé cependant de beaucoup de patience, pour rencontrer le passage furtif du Râle d’eau et profiter d’un moment d’inattention de ce ‘râleur’ impénitent.
Le Râle d’eau, fréquentant les milieux humides avec eaux peu profondes et végétations abondantes, telles que ceintures de roseaux ou de joncs entourant étangs, mares, bras de rivières ou fossés, se nourrit de petites grenouilles, de têtards, de petits poissons, de vers de terre, d’escargots, mais aussi de verdure tendre et de semences.
Ce migrateur aux ailes courtes voyage de nuit, isolément et probablement à faible hauteur car il n’est pas rare de le trouver mort sous les fils aériens de haute tension. Par contre, attiré par les lumières de nos grandes cités, il lui arrive de s’échouer, affaibli mais en bonne santé, dans un jardin situé au cœur de la ville.
Les Râles d’eau originaires de la Scandinavie passent l’hiver de la Grande-Bretagne aux Pays-Bas jusqu’au sud de la France et l’Italie. L’avenir du Râle d’eau est étroitement lié à celui des zones marécageuses. Si la disparition de celles-ci continue, les effectifs de cette espèce en pâtiront d’autant.

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Photo : Harry Fiolet, Calendrier de l’oiseau, 1998
Le roitelet huppé et le roitelet triple bandeau.

Pesant à peine cinq à six grammes, les roitelets sont les plus petits de nos passereaux. Ils sont reconnaissables à la teinte gris-olivâtre de leur manteau. Le Roitelet huppé a la couronne d’un jaune d’or, avivée d’une touche orangée chez le mâle. Mais le Roitelet triple-bandeau se distingue par le sourcil blanc, le bandeau noir au travers de l’œil et le cimier orange, le dessus plus verdâtre et le dessous plus blanchâtre. Cependant, ces caractères de détermination sur le terrain sont tellement minimes que l’observateur attentif se basera plutôt sur les cris et le chant pour différencier ces deux espèces, très proches l’une de l’autre par le comportement.
Tous deux sont les hôtes des cimes des arbres, principalement des conifères et plus spécifiquement de l’épicéa, où ils trouvent nourriture et abri tout au long de l’année. Ils habitent donc les forêts d’Europe, depuis la Norvège et la Suède jusqu’aux Pyrénées, aux Alpes méridionales et à la Crimée d’où il s’étend encore sur l’Asie Mineure et le Caucase. La répartition de ces minuscules oiseaux épouse donc celle des conifères touffus à petites aiguilles. De ce fait, ils sont répandus sur l’ensemble de la Haute-Belgique, mais ailleurs leur aire de reproduction est plus lacunaire.
Ils sont relativement présents dans une bonne partie de la Campine, des Brabants, ainsi qu’en Flandre sablonneuse et le long du versant sambro-mosan de la Hesbaye.
Leur nidification est nettement plus ponctuelle et même irrégulière dans le reste du pays. L’habitat de ces deux espèces est le même là où la cohabitation est possible.
Au XIXème siècle, le roitelet n’était pas encore connu comme nicheur en Belgique. La population belge de Roitelet huppé est évaluée à quelque cent mille couples nicheurs, dont 90% concentrés en Haute-Belgique où les densités sont particulièrement élevées dans le Condroz, la Famenne et surtout en Ardenne.
Pour le Roitelet triple-bandeau, l’estimation est de quelque vingt mille couples.
Les Ardennes représentent son biotope préféré.
La nidification a lieu, à bonne hauteur, dans les résineux, mais la construction d’un petit nid sphérique peut être découverte dans le lierre couvrant le tronc d’un arbre. Comme d’autres espèces étroitement liées aux conifères, les roitelets ont profité de l’extension de leurs plantations. Non seulement cette politique forestière leur fut favorable pour leur installation et leur progression, mais ils ont pu profiter d’une moindre fréquence d’hivers rigoureux auxquels ils sont très sensibles.
Les Roitelets huppés nichant en Belgique semblent demeurer sédentaires.
Par contre, beaucoup d’oiseaux du nord et de l’est de l’Europe passent ou viennent hiverner chez nous, surtout à l’occasion d’invasion de cette espèce venue de Finlande, de Pologne ou du Danemark.
La population nicheuse de Roitelet triple-bandeau migre majoritairement vers l’Europe méridionale où elle choisit ses quartiers d’hiver.
Quant aux individus qui persistent à passer l’hiver dans nos contrées tempérées, le givre leur est souvent fatal en les réduisant à la famine, ainsi que les longues nuits glacées qui épuisent rapidement les calories du minuscule organisme.

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Photo: Jos Korenromp, Calendrier de l’oiseau, 1995

 

 


Photo: Flip de Nooyer, Calendrier de l’oiseau, 1998

 

La Sitelle Torchepot.

De forme ramassée avec une courte queue marquée de noir et de blanc, la Sittelle trochepot tient un peu le milieu entre les mésanges et les pics.
Cependant, ses aptitudes à grimper sur les troncs d’arbres et surtout d’en descendre, tête en bas, sans jamais s’appuyer sur la queue, sont bien supérieures à celles des pics et des grimpereaux. Elle est reconnaissable également à son corps trapu en fuseau, avec le dessus gris bleu, le dessous jaune brunâtre et les flancs brun noisette. De plus, un bandeau noir partage les côtés de sa tête entre la calotte grise et les joues et la gorge blanchâtre. C’est un hôte des grands bois, des vieux vergers et des parcs à vieilles futaies claires, principalement de feuillus, même en milieu urbain.

Sa présence en ces lieux est conditionnée non seulement par la nature du biotope, mais aussi par l’existence de cavités nécessaires à sa nidification. La Sittelle occupe les loges creusées par le Pic épeiche et le Pic vert. A défaut de celles-ci, elle se contente d’autres possibilités de nicher comme les nichoirs, même si ceux-ci s’avèrent disproportionnés par rapport à la taille de l’oiseau. A la rigueur, on l’a vue s’installer dans des trous d’aération pratiqués dans les sous-bassements d’une habitation.
Cet oiseau a un régime alimentaire mixte. En été, elle explore sans trève les écorces, recherchant coléoptères, forficules, diptères, larves de cynips, chenilles de petite taille, phalènes (papillons) et araignées. En d’autres saisons, elle remplace partiellement cette nourriture animale par des baies diverses et des semences, ne dédaignant pas les graines (chanvre mais surtout tournesol) mises à disposition dans les mangeoires.
La Sittelle doit son surnom de «torchepot» à ses habitudes de renforcer sa sécurité quand elle a choisi une cavité ou un nichoir pour y construire son nid: le trou d’envol est rétréci et les moindres fissures sous le toit sont colmatées avec de la boue (en avril dernier, en Forêt de Soignes, nous avons pu abserver un couple de Sittelles se servir de crottin de cheval) qui durcit comme du mortier de grande qualité.

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Photo: Frits van Daalen, Calendrier de l’oiseau, 1999
Le Sizerin Flammé

Photo: Damien Hubaut, Oiseaux de chez nous, fiche n°73, Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux

Ressemblant à la Linotte mélodieuse par la coloration et au Tarin des aulnes par la silhouette, le Sizerin flammé boréal est un petit oiseau sombre, gris-brun et assez terne. Il possède une double barre alaire pâle, une petite bavette noire et le front rouge. Mais au printemps, il arbore un beau rose cramoisi sur la poitrine et le croupion, d'où son nom de «flammé». Cette espèce s'observe chez nous, presque annuellement, mais en petit nombre, dès fin octobre ou mi-novembre, principalement lors de vents persistants du nord-est. La présence de ces hivernants est parfois accentuée par des invasions plus importantes, mais elle reste très localisée. Son régime alimentaire y est pour quelque chose, ces visiteurs étant très liés aux bouleaux et, dans une moindre mesure, aux aulnes dans lesquels il s'observe en compagnie du Tarin.

Le Sizerin flammé boréal niche dans le nord de l'Europe jusqu'à la limite des arbres, tandis que le Sizerin flammé cabaret se reproduit dans les Alpes ainsi que dans les Iles britanniques. Ce dernier est légèrement plus petit et plus sombre que son cousin. Il fait figure de relique glaciaire en bordure supérieure de la zone forestière où il trouve les mélèzes. L'hivernage des individus britanniques s'effectue en partie en Belgique, mais surtout en France, tandis les Sizerins boréaux d'origine scandinave hivernent en grand nombre dans les régions de la Mer Baltique.

Du temps de la tenderie aux filets et aux trébuchets à moulinet, les troupes vagabondes de Sizerins en transhumance dans notre pays se faisaient facilement décimer tant était grand leur manque de méfiance envers l'homme.
Depuis fin octobre 2005, notre pays a connu une invasion massive de sizerins flammés nordiques. 25 exemplaires ont été bagués au Domaine des Silex (+ hivernage).

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La Sterne.
Si les mouettes et les goélands sont bâtis pour marcher, nager et voler, les sternes ou hirondelles de mer n’excellent que dans l’espace aérien où elles évoluent avec une grâce et une aisance remarquables. Leur vol si particulier, qui paraît nonchalant mais dont la rapidité surprend, permet de les reconnaître à grande distance. Les longues ailes s’élèvent et s’abaissent avec douceur et légèreté, sur un rythme lent, tandis que le corps se balance en haut et en bas à chacun des battements élastiques. Subitement l’oiseau freine son allure, vole sur place queue étalée, replie les ailes, se laisse choir la tête la première et disparaît dans l’eau un court instant. Puis elle émerge, secoue les gouttelettes de ses plumes et reprend son vol, portant au bec l’éclair frétillant d’un petit poisson.


Photo: Karel Beylevelt, Calendrier de l’oiseau, 1994


Photo: Henk Bokhorst, Calendrier de l’oiseau, 2001

La Sterne arctique se reproduit sur les terres circumpolaires des deux hémisphères. En Europe, elle niche en Islande, en Scandinavie, sur les rives de la Baltique et de la Mer du Nord, dans les Iles Britanniques et, plus au sud, sur quelques îlots de Bretagne. Elle constitue en maints endroits des colonies importantes, nichant sur les côtes maritimes, tantôt sur les plages de galets, tantôt sur les sables couverts de gazon ras ou sur les rivages rocheux. En Belgique, ce fut un nicheur excep-tionnel et très localisé, (Zwin) jusqu’en 1983 parmi une colonie de Sternes pierregarins, et un cas sur une vasière au large de Zeebrugge, en 1986
Après la saison de nidification, la Sterne arctique hiverne vers le Sud lointain, en bordure du pack-ice ceinturant le Continent Antarctique. Entre ces deux extrêmes, cette migration représente deux voyages annuels de quelque 18.000 kilomètres. Passant donc deux fois par an d’un bout de l’hémisphère à l’autre, cet oiseau perpétuellement en quête d’été est sans doute celui qui voit le plus souvent le soleil au cours de son existence. Ce n’est qu’à l’âge de deux ans que les immatures quittent leur séjour austral pour rejoindre leur ancienne colonie.
*
Habillée d’un manteau gris cendré, et portant un long bec fin et légèrement recourbé, noir et taché de jaune à l’extrémité, la Sterne caugek est un oiseau qui ne manque pas d’allure surtout lorqu’il se dresse, avec sa huppe érectile et le cou droit. Sa silhouette est fine et harmonieusement dessinée. Son vol, par ses battements monotones, tantôt négligés, tantôt accélérés, paraît toujours d’une légèreté étonnante. Cette sterne est purement maritime et est un hôte nicheur des côtes basses, caillouteuses ou sablonneuses, couvertes de végétation clairsemée, à proximité du littoral. Elle ne pénètre guère à l’intérieur des terres, ni même dans les estuaires. Très sociable, elle constitue volontiers des colonies importantes sur les parties des plages qui bordent les laisses de haute mer, sur les îlots et les dunes, sur le gazon ras des polders et parfois sur les rochers bas des récifs. Leur particularité est d’être compactes, les nids étant très proches, à quelques centimètres les uns des autres. Cette espèce occupe ces habitats en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède au Danemark et aux Pays-Bas (où les effectifs nicheurs représentent 50% de la population d’Europe occidentale). Leur migration commence en juillet au cours de laquelle elles longent le littoral en bandes nombreuses pour passer l’hiver sur les côtes occidentales de l’Afrique.

Photo: Frits van Daalen, Calendrier de l’oiseau, 2003

Excellant dans un vol rapide, mobile et sinueux, la Sterne naine paraît pressée, ne prenant que de temps en temps un bref repos sur un banc de sable. Cette sterne miniature (environ 2/3 de la taille des autres sternes) niche volontiers sur le haut estan, sur des bancs de coquillages et de galets, parfois très près de la laisse de haute mer. Mais elle occupe aussi, à l’intérieur des terres, les bancs de cailloux et les îles sablonneuses des grands cours d’eau. Jusqu’en 1964 inclus, cette sterne fut presque annuellement un nicheur rare sur la côte belge, à Coxyde et au Zwin. Il y eut ensuite quelques cas isolés.
En 1986, grâce à l’aménagement de l’avant port de Zeebrugge (île artificielle) le nombre de couples nicheurs passa de 1 à 65. Depuis lors, les effectifs ont encore augmenté et la colonie se porte bien. La nourriture de la Sterne naine consiste surtout en tout petits poissons qu’elle capture, après un plongeon impétueux dans les flots, mais aussi en crustacés et mollusques marins, et même insectes et leurs larves. En migration, elle longe les côtes maritimes et ne se rencontre que rarement à l’intérieur du pays ou même sur le Bas-Escaut près d’Anvers. Les oiseaux européens se dirigent de préférence vers les rivages occidentaux de l’Afrique, hivernant principalement en zone tropicale. Le voyage de retour a lieu en avril-mai.
La Sterne pierregarin est une espèce holarctique qui habite tous les pays d’Europe, avec toutefois une distribution très diffuse, particulière-ment chez nous. C’est la plus commune de nos sternes euro-péennes, au plumage d’un blanc pur avec calotte et nuque entièrement noires, queue profondément échancrée, pattes rouges et bec rouge-orangé à pointe noire. Hivernant déjà en Méditérrannée, mais se disséminant principalement le long des rivages africains de l’Atlantique jusqu’au Cap, les Sternes pierregarins nous reviennent dès avril.

A la saison des nids, elles se cantonnent sur les plages, îlots de sable ou de galets en bordure de mer, de préférence aux embouchures des fleuves ou dans les baies des estuaires. En Belgique, deux colonies existent: celle du Zwin qui date seulement de 1960 et qui compte quelques centaines de couples, et celle de Zeebrugge qui compte près d’un millier de couples. Des nidifications isolés ou en très petit nombre, souvent temporaires, ont lieu dans le bassin de l’Escaut de la région gantoise à la région anversoise, où l’espèce a pu profiter des travaux d’infrastructure portuaire ou fluviale. Patrouillant d’un vol souple à quelques mètres au-dessus des eaux, la Sterne pierregarin se nourrit principalement de petits poissons qu’elle capture en un plongeon vertical fulgurant.


Plus de détails seront donnés sur ces oiseaux migrateurs lors de la conférence du 29 octobre.


Photo: Flip de Nooyer, Calendrier de l’oiseau, 2001


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Carte de reprises de la Sterne pierregarin
Le Tadorne de Belon.

Dimanche 7 mars 2004, nous avons pu observer pour la première fois un Tadorne de Belon sur l’Etang de Boitsfort. Vraisemblablement que cet oiseau, apparemment une femelle, était échappé de captivité ou relâché car il se montrait peu farouche. Il est resté trois semaines.
Bariolé, hautement décoratif, le plumage du Tadorne de Belon affiche l’oiseau, plutôt qu’il ne le protège. De par sa stature et son régime alimentaire, il trouve une place particulière entre l’oie sauvage et le canard de surface. Au surplus, le Tadorne n’est pas à vrai dire un herbivore, car il recherche crustacés, crevettes, mollusques, vers et algues, se nourrissant même de petits poissons.
Le mâle se distingue au tubercule surmontant la racine du bec un peu retroussé, à ses teintes franches et nettes, tandis que la cane est plus terne, sans protubérance au bec. Mais tous deux montrent un noir vert brillant à la tête et au cou, le corps blanc ceinturé de roux vif à l’avant, coupé sur les flancs par la bande noire des scapulaires et par des rémiges noires et vertes. Il est teinté de roux sous la queue blanche liserée de noir.
Autre particularité du Tadorne: il niche dans les terriers du lapin en sol sablonneux et dans les dunes, du blaireau et même du renard d’où son nom vulgaire de ‘canard renard’ qu’on lui donne parfois en France, peut-être aussi à cause de la ceinture rousse rappelant la teinte du carnivore.
Le Tadorne de Belon aime l’eau salée, vivant sur les vasières au rythme des marées qui conditionne ses heures d’activités au reflux et à la longue période de repos quand les eaux recouvrent plages, grèves et rives des estuaires (Bas-Escaut, Nieuport, Zwin).
A Kalmthout, il se reproduit dans les dunes fossiles et sa nidification est de plus en plus fréquente loin à l’intérieur des terres, au voisinage d’argilières, d’étangs de pisciculture ou de ‘vens’ dans les bruyères.
Son statut de gibier a été abandonné en Belgique et le Tadorne bénéficie à présent d’une protection conditionnelle, mais encore trop lâche car il est encore considéré comme oiseau d’ornement.

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Photo: Ad Sprang, Calendrier de l’oiseau, 1997
Le Tarier pâtre  

Le Tarier pâtre appartient à la vaste famille des Turdidés (rougegorge, gorgebleue, grives, merles, rougequeue, …), riche en espèces dans les cinq parties du monde, et qui montrent entre eux une grande similitude d’allure lorsqu’ils sautillent, courent, s’arrêtent brusquement, tête haute et corps dressé.
Le plumage du mâle, aux contrastes bien tranchés, est d’une beauté originale: grosse tête noire soulignée de côté par un bout de col blanc, manteau sombre et poitrine vivement colorée de rouge brun orangé. L’habit de la femelle est plus modeste car plutôt brun. Il rappelle cependant celui du mâle, mais avec des tons plus effacés: masque grisâtre, taches claires aux côtés du cou et teinte roussâtre de la poitrine.
Comme tout vrai Traquet (c’était son nom de famille naguère*), il faut le chercher sur un poste de guet dominant, aux abords de terrains ensoleillés, secs et incultes: fil aérien, pointe d’un arbuste ou d’un buisson ou autre piquet de clôture. De cet affût, qu’il choisit donc volontiers près d’une surface dénudée ou à végétation rase, l’oiseau se précipite sur les insectes à sa portée, au vol ou au sol: coléoptères, diptères, sauterelles, chenilles et fourmis ou papillons qu’il happe en l’air par une voltige.
Son nid est typiquement construit au sol où il occupe une excavation abritée par des herbes retombantes, où s’ouvre une entrée juste suffisante pour l’oiseau. Son site de nidification se choisit aux abords des voies ferrées, au flanc d’un talus ou d’un fossé, dans des friches industrielles, des terrains vagues, des remblais de dragage, sur des terrils, dans des parcelles de prairies clôturées, des dunes et des landes.
Le Tarier pâtre niche dans toutes les régions de notre pays, avec cependant une distribution discontinue en Ardenne pouvant s’expliquer probablement par la persistance des froids humides. Les recensements les plus récents évaluent la population totale belge à près de 2.600 couples nicheurs. Ce qui signifierait une régression régulière depuis une quarantaine d’années suite à un changement des conditions climatiques printanières, avec une augmentation de la pluviométrie au cours des mois de mars à juin et à une dégradation progressive des habitats de cette espèce. Les raisons concernant ce dernier facteur sont dues principalement à la diminution des landes, des friches, des jachères, au regroupement des parcelles agricoles, à l’amputation des talus et des remblais des chemins creux, ainsi qu’aux broyages fréquents et aux traitements par herbicides de la végétation des bords des routes.
Migrateur, il nous revient dès mars après avoir séjourné dans ses quartiers d’hiver qui s’étendent de l’Espagne à l’Afrique du Nord.

* Etymologiquement parlant, les traquets avaient été nommés par analogie avec le traquet des moulins, parce qu’ils agitent nerveusement les ailes et la queue en cirant «trac trac …».

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Photo: Harry Fiolet, Calendrier de l’oiseau, 2001
Le Torcol Fourmilier  

S’il n’était pas si criard au printemps, dès son retour d’Afrique, le Torcol passerait inaperçu : car qui remarquerait cet oiseau gris brun, et un peu plus grand que le Moineau, mais plus svelte et allongé. Son plumage aux teintes sombres, finement marqueté et rayé, se confond facilement avec l’écorce et le bois mort.
Son bec ne lui permet pas de travailler le bois, aussi capture-t-il les insectes en passant très rapidement sa langue filiforme sur les écorces, dans les crevasses de troncs, sous les feuilles. Les fourmis et leurs larves constituent le principal de sa nourriture d’où son appellation de fourmilier.
Mais la particularité la plus étrange du Torcol, celle qui lui a valu son nom dans toutes les langues, c’est la mobilité de son cou. Aussitôt qu’il se sent en danger ou quand on le surprend au nid, dans un nichoir par exemple, ses réactions sont étonnantes : le cou s’allonge et de tord lentement avec un mouvement reptilien, les plumes de la tête se hérissent, les yeux se ferment à demi, l’oiseau se gonfle et souffle brusquement, se retire et se tend alternativement. Il n’en faut pas davantage pour effrayer tout intrus animal ou humain.
Il a tout du pic sans avoir hérité des particularités de cette famille. S’il possède la patte du grimpeur, il ne se déplace que très rarement verticalement sur les troncs d’arbres. Par ailleurs, il est incapable de creuser lui-même sa niche, le Torcol doit se contenter d’une cavité à orifice étroit tantôt naturelle, tantôt forée par un pic.
Il occupe facilement un nichoir dont il nettoie complètement l’intérieur de tous ses débris en vue de son installation future éventuelle. Et si le nichoir convoité est déjà occupé par un autre cavernicole, mésange ou rougequeue, il n’hésite pas à l’expulser par dessus bord, œufs ou jeunes à peine éclos, jusqu’au dernier brin de mousse du nid.
Pour des raisons liées tant à l’évolution du climat qu’à la destruction ou l’altération de son habitat, avec la disparition progressive des fourmilière dans nos bois, le Torcol régresse partout de façon inquiétante. La coupe systématique des vieux arbres fruitiers dans son habitat classique, mais aussi l’élargissement du Sahara qui barre sa migration vers ses quartiers d’hiver, sont autant de facteurs de régression pour une espèce très sensible souffrant peut-être d’un affaiblissement génétique.
Migrateur voyageant de nuit, le Torcol nous quitte à la mi-septembre pour gagner ses quartiers d’hiver africains, de la Méditerranée à l’Equateur.

Rares sont donc les ornithologues de terrain qui peuvent encore noter annuellement l’observation du Torcol dans notre pays, pourtant, il a été observé et bagué pour la seconde fois (du 23 au 25 août 2007) au Domaine des Silex.

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Photo : Philippe Gailly
Le Verdier d'Europe  

Ce Fringillidé porte bien son nom et tout particulièrement le mâle qui ressemble à un Moineau vert et jaune, au croupion jaunâtre et dont l’aile fermée aux teintes gris-bleu est marquée d’une barre jaune. La femelle porte une livrée plus terne allant du vert jaunâtre au brun grisâtre. Les jeunes de l’année portent un habit plus brunâtre et rayé. La silhouette du Verdier est alourdie par la grosse tête et le bec conique fortement charpenté, typique des conirostres, ces écraseurs de graines à enveloppe solide, tel le tournesol.
De catégorie faunistique européenne, le Verdier se reproduit depuis ces régions septentrionales, le nord de la Scandinavie excepté, jusqu’au zones méditerranéennes de l’Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il est absent de l’Islande, mais il est très répandu partout ailleurs. Arboricole, sociable et recherchant le voisinage de l’homme pour son alimentation, il aime se réfugier dans des îlots d’épaisse verdure où son plumage verdâtre se fond dans le feuillage. C’est un hôte nicheur des bocages, dans nos villes et village : parcs, jardins arborés, vergers, cimetières, pépinières, chemins creux, terrains en friche, talus bordés d’arbres et de taillis touffus. Il fréquente plus rarement les lisières des bois à l’écart des zones habitées.
Végétarien, ce sont les graines menues tantôt picorées à terre, tantôt cueillies sur leur support, qui forment sa principale ressource alimentaire. Les semences de diverses herbes folles (bardane, oseille, plantain, chiendent et chardon) et de quelques papilionacés paraissent avoir sa préférence, sans dédaigner pour autant celles des céréales glanées dans les éteules et les emblavures fraîches, recherchant parmi les plantes cultivées celles du chou, du navet, du radis, du trèfle, du lin, du chanvre, de la salade, du tournesol et du blé. Les baies, comme celles du sorbier et de l’if, les fruits charnus des roses et les samares ailées des charmes, des érables ou des tilleuls figurent également à son menu. Pendant la période d’élevage des jeunes, il capture une faible quantité d’insectes et des araignées. En hiver, un tas de marc de pommes ou de raisin fait son bonheur

et il trouve facilement et avec autorité le chemin des mangeoires.
C’est dans la région brabançonne, entre la Dendre et le Demer, ainsi que dans la partie orientale du pays, comprenant une partie du Condroz, la Pays de Herve et l’Ardenne, que la densité paraît la plus élevée. Tantôt sédentaires, tantôt erratiques, tels sont les caractères des Verdiers de nos régions, tandis que ceux d’Europe orientale ou septentrionale migrent de façon irrégulière et rarement au-delà du bassin méditerranéen.
Le Verdier était l’une des espèces victimes de la pratique illicite de la tenderie en Belgique.




Photo: J.-M.Winants, Oiseaux de chez nous, fiche n°18, LRBPO