Qu'est-ce
?
Un étrange mur de pierres
au Domaine des Silex...
Il s'agit d'une spirale à insectes.
- Cette page sera en construction
permanente
au fur et à mesure des découvertes et des inventaires -
Balade à la découverte de la spirale à insectes le samedi 5 juin 2010
Qu'est-ce qu'une spirale à insectes ?
Le Domaine des Silex héberge différentes installations prévues pour les insectes, et en particulier, pour les abeilles et guêpes solitaires. Vous les trouverez à proximité de la cabane où se déroulent habituellement les séances de baguage d’oiseaux.

La spirale à insectes
Dans la friche fleurie, une spirale à insectes à été réalisée, en février 2010, par la COWB avec l’aide de bénévoles de Natagora-Bruxelles. Il s’agit d’un petit muret en pierres sèches, en forme de spirale, dont l’ouverture est orientée vers le sud. Les pierres, en absorbant la chaleur du soleil, donnent à ce petit écosystème un microclimat chaud qui plait bien aux insectes et araignées. La pente sableuse pourrait bien séduire quelques insectes sabulicoles, tandis que les interstices entre les pierres, ou les nichoirs insérés dans le mur, peuvent servir de gîte à de nombreux petits animaux. Les pollinisateurs trouveront devant la porte de leur logis quantité de fleurs à la belle saison. A Silex, on donne le gîte et le couvert !
A ce jour, il est prévu de planter, au sommet de la spirale, des plantes aromatiques mellifères telles que la lavande, l’origan, le romarin et le thym.
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A VENIR : Compléments sur les plantes installées sur la spirale
LAVANDE
THYM
ROMARIN
ORIGAN

Fin mai 2010, les premières plantes sont
installées sur la spirale : lavande, thym, romarin et origan.
Nichoirs sur la cabane
Quatre types de nichoirs à insectes sont installés sur la cabane.
![]() Nichoir à hyménoptères (béton et tiges) |
![]() Nichoir didactique à hyménoptères** |
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Deux
demi-bûches de bois perforées déjà occupées
depuis plusieurs années. |
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![]() Nichoir à hyménoptères et abri à papillons |
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** Nichoir didactique à hyménoptères
Le nichoir didactique possède des tubes en verre, qui permettent d’observer
le comportement et le développement des insectes. Pour des raisons de
sécurité (les abeilles et guêpes piquent pour défendre
leur nid) et pour limiter leur dérangement, nous demandons aux promeneurs
de ne pas manipuler les nichoirs ! Nous vous réservons, sur ces pages,
nos plus beaux clichés, et vous invitons à participer aux visites
guidées entomologiques annoncées dans l’agenda de la COWB.
Les abeilles vous remercient… !
Fiche pratique - Comment construire un nichoir pour abeilles sauvages (Source - ASPO/BirdLife Suisse)
Les habitants
* VOUS AUSSI, vous avez
pris des photos d’hyménoptères (abeilles, guêpes,
bourdons) à proximité des nichoirs ou dans le domaine ? Envoyez-les
nous ! Nous tenterons de les déterminer. De cette manière,
vous participerez activement au recensement des espèces du domaine des
Silex !
Photographies : Sylvie La Spina (ULB-Natagora)
Déterminations : Patrick Lhomme (Univ. Mons), Nicolas Vereecken (ULB)
L’Osmie cornue (Osmia cornuta) et l’Osmie rousse (Osmia rufa)
Les Osmies cornue et rousse sont des abeilles solitaires communes dans nos régions, qui fréquentent volontiers les nichoirs en bois percés. Chez les deux espèces, le mâle possède une touffe de poils blancs près des yeux, tandis que la femelle, plus grosse, possède des cornes sur l’avant de la tête. On discerne ces deux abeilles rousses principalement par la taille (la cornue est plus grande).
Chez de nombreuses abeilles, comme l’abeille
domestique, les pattes postérieures sont garnies d’une «
brosse » de poils durs qui leur permet de récolter le pollen. Au
contraire, les osmies, comme les autres membres du groupe des Mégachilinés,
possèdent une brosse ventrale, qu’on appelle la scopa.
Illustration à venir…
Ces deux espèces d’abeilles fréquentent les mêmes milieux, c'est-à-dire les parcs, les jardins, les chemins creux, l’orée des bois... Elles nidifient dans des cavités : anciennes galeries d’insectes xylophages, tiges creuses et même parfois des châssis de fenêtres. Par ailleurs, elles partagent bien souvent les mêmes nichoirs (mais bien sûr, des trous différents !). N’oublions pas que, même si des nids peuvent se trouver très proches, ces abeilles restent bien solitaires, d’ailleurs, vous pourrez souvent observer des disputes entre abeilles lorsque leurs nids sont très proches.
La biologie des Osmies cornue et rousse est bien connue. Nous la développons en détail dans la section « Mœurs », où vous découvrirez des photos des différents stades de développement de ces abeilles.
L’Osmie cornue (Osmia cornuta)
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Femelles Osmie rousse (Osmia rufa) |
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MAI 2010 : Un autre mégachilinide : Chelostoma florisomne

Une Chelostoma qui tente d’enlever le bouchon
scellant le bout du tube.
On peut voir sa brosse ventrale jaune.
Comme l’Osmie, Chelostoma florisomne possède une brosse à pollen ventrale, ce qui la classe dans la famille des mégachilides. Contrairement à l’Osmie, qui visite plus d’une dizaine de familles de plantes, cette abeille solitaire est très spécialisée dans son butinage : elle ne récolte du pollen que sur les renoncules (Ranunculus acris et repens). Dans le nichoir didactique, on reconnaît son nid car elle colonise des tubes plus étroits que les Osmies, et parce que le pain de pollen est d’un jaune vif (couleur du pollen de la renoncule).

Nid de Chelostoma florisomne, avec ses pains de
pollen jaune-vif.
L’abeille Chelostoma florisomne
utilise de la boue mélangée à du nectar pour la construction
des cloisons en argile, et de la boue mélangée à du sable,
à des petits cailloux ou à des fragments de coquilles d’escargot
pour le bouchon fermant le nid.
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AVRIL 2010 : Une guêpe solitaire : l’Eumène (espèce à préciser)
Les Eumènes sont des guêpes solitaires. La plupart des membres de cette sous-famille sont « maçonnes » : elles construisent des nids en argile, en sable ou en matières végétales associées à de la boue. Ces loges sont suspendues à un support qui peut être une tige de graminée ou un rocher par exemple. Certaines espèces occupent une galerie dans une paroi de sable, qu’elles prolongent par un long tube. Enfin, d’autres espèces colonisent des cavités, comme celles offertes par les nichoirs.
La découverte de deux exemplaires de cette espèce visitant les tiges creuses peut être interprétée de trois manières : soit elles cherchent à nidifier, soit elles cherchent des proies, soit un refuge temporaire. La détermination de l’espèce et un suivi de son comportement nous permettront peut-être de lever le mystère…

MAI 2010 : Un nid de guêpe solitaire
Une petite surprise lors de la visite du nichoir didactique : un tube, de diamètre plus petit, est rempli de chenilles !

Il s’agit de l’œuvre d’une guêpe solitaire. Comme précisé dans la section « mœurs », les guêpes nourrissent leurs larves avec de la viande, des insectes paralysés par exemple, et non avec du pollen comme les abeilles. Ici, la guêpe a réalisé trois cellules, chacune contenant les chenilles – apparemment toutes les mêmes – et un œuf.

Sur cette photo zoomée sur une cellule, on voit très bien l’œuf, à proximité de la cloison d’argile, et les chenilles paralysées.
Quelques semaines plus tard, fin mai, nous découvrons dans les cellules les cocons des larves. Elles ont déjà tout mangé, et terminent leur développement (+ photo ci-dessous).

MAI 2010 : Une guêpe parasite ! Sapyga
clavicornis

Femelle : on voit bien l’aiguillon. Les mâles
en sont dépourvus (voir mœurs).
Cette petite guêpe au corps allongé strié de noir et de jaune parasite le nid d’abeilles solitaires, notamment des Osmies. Elle cherche une cellule ouverte, où se trouvent le pain de pollen et l’œuf de son hôte, et y pond elle-même un œuf. Dès l’éclosion, qui est plus rapide que l’éclosion de l’œuf de l’Osmie, la larve de la guêpe dévore l’autre œuf puis le pain de pollen, et se métamorphose dans la cellule.
A chercher dans le nichoir : une cellule avec
deux œufs !

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MAI 2010 : Araignées
La spirale à insectes héberge également des habitants à 8 pattes. Une des plus courantes est la lycose Pardosa (espèce à déterminer, sur la photo, une femelle). Elle adore les bains de soleil sur les pierres chaudes, mais file se réfugier dans les interstices dès que l’on s’en approche. Très rapide, elle chasse à vue, pas besoin de toile !

Les lycoses sont représentées par de nombreuses espèces en Belgique. On les rencontre souvent sur le sol, dans la litière, sur les gravats. Ces « araignées-loup » ont la particularité de porter leur cocon attaché à leurs filières. A l’éclosion des jeunes, ceux-ci sont transportés sur le « dos » de leur mère.
AUTRES ESPECES A VENIR AU FUR ET A MESURE DES DECOUVERTES ET RECENSEMENTS…
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Autres abeilles et guêpes observées dans
le Domaine des Silex
* VOUS AUSSI, vous avez pris des photos d’hyménoptères (abeilles, guêpes, bourdons) à proximité des nichoirs ou dans le domaine ? Envoyez-les nous ! Nous tenterons de les déterminer. De cette manière, vous participerez activement au recensement des espèces du domaine des Silex !
| D’autres abeilles et guêpes peuvent être rencontrées au domaine des Silex. | |
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Les Nomada sont
des abeilles, et non des guêpes comme on pourrait le penser. Regardez
les pattes postérieures, élargies comme chez les autres
abeilles… |
AUTRES ESPECES A VENIR !
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Les mœurs
Solitaires… ?
Oui ! La plupart des abeilles et guêpes vivent en solitaire. On a tendance à l’oublier car les espèces les plus connues (abeille mellifère, guêpe commune, bourdon, frelon) vivent en société. Parfois, les nids de certaines espèces solitaires sont tellement proches qu’on a l’impression qu’il s’agit d’une colonie. En réalité, elles se regroupent dans les endroits les plus propices à la nidification, mais restent bien indépendantes.
Abeilles à miel ?
Une seule espèce d’abeilles, l’abeille mellifère (Apis mellifera), produit du miel. Il s’agit de nectar « modifié » par une sorte de « pré-digestion », et dont la concentration en eau est réduite pour assurer une meilleure conservation. Il sert de réserve d’énergie à la colonie, ce qui lui permet de passer l’hiver. Toutes les autres abeilles ne produisent pas de miel !
Est-ce que ça pique ?
Oui ! Les abeilles et guêpes piquent, mais uniquement les femelles. Les mâles, eux, n’ont pas d’aiguillon. En effet, la grande famille des hyménoptères est divisée en deux catégories : les apocrites et les symphytes. Les symphytes n’ont pas de « taille de guêpe », rétrécissement au niveau de l’abdomen. Au sein des apocrites, on distingue les térébrants, munis d’un ovipositeur, et les aculéates, chez qui l’ovipositeur s’est transformé en aiguillon. L’aiguillon est donc dérivé de l’ovipositeur chez les aculéates, c'est-à-dire chez les fourmis, les abeilles, les bourdons, les guêpes, les frelons. Ceci nous permet de comprendre pourquoi seules les femelles piquent, et non les mâles !
Illustration à trouver d’un térébrant muni d’un ovipositeur.
Abeilles et guêpes « coucou »
A venir…
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Cycle de l'Osmie
L’Osmie vole très tôt dans la saison, entre mars et juin. Les mâles sortent deux semaines avant les femelles. On les observe souvent près des nids, qui attendent impatiemment l’émergence de leurs compagnes pour s’accoupler. Comme il fait froid à cette saison, ils aiment prendre des bains de soleil sur les façades en pierre par exemple. Dès que les femelles émergent, c’est la cohue. L’accouplement a lieu alors qu’elles sont encore engourdies. Les mâles continuent ensuite à vaquer à leurs occupations : se nourrir sur les fleurs et prendre des bains de soleil.
Pour les femelles par contre, le grand travail commence. Elles vont d’abord se nourrir pour faire le plein d’énergie, et se mettent à la recherche d’un endroit propice pour la construction du nid. Souvent, elles ne vont pas bien loin : leur propre loge fait parfaitement l’affaire, si elle n’est pas déjà convoitée par d’autres sœurs. L’endroit idéal : une cavité assez longue pour permettre la construction de plusieurs cellules, de forme cylindrique, et d’une dimension juste suffisante pour lui permettre d’y entrer. Un « must » : être bien exposé au soleil !
Après un soigneux nettoyage du nid, la femelle se met en quête de nourriture pour ses futurs moutards. Elle visite les fleurs et y récolte du pollen, copieusement arrimé sur sa brosse ventrale, et du nectar, qu’elle stocke dans son jabot. Bien sûr, au passage, elle ne manque pas de polliniser de nombreuses fleurs et assurer ainsi leur reproduction !
De retour à son nid, l’Osmie dépose d’abord le nectar au fond de la loge, puis elle recule, sort de la cavité, fait demi-tour et rentre à reculons, de manière à déposer le pollen en frottant son ventre à l’aide de ses pattes arrière. Ceci étant fait, notre abeille ne perd pas une minute : il lui faudra dix à quinze voyages pour terminer son premier pain de pollen. Elle y pond ensuite un œuf, et bouche la cellule à l’aide d’une paroi en argile. Pour ce faire, elle malaxe l’argile avec sa salive et la ramène sous forme de petites boulettes d’environ 2mm de diamètre, qu’elle travaillera comme du mortier.
Quelle est l’étape suivante pour notre petite abeille ? Recommencer l’opération pour remplir la cavité de cellules. En fonction de la taille de la cavité, ce travail peut lui prendre plusieurs jours, sachant qu’il lui faut un jour pour construire une à deux cellules. Finalement, l’Osmie scelle la cavité à l’aide d’une épaisse paroi d’argile.

Cette osmie ferme son nid à l’aide d’un bouchon
en argile.


Stade œuf
L’œuf éclôt après une dizaine de jours. La larve commence alors à se nourrir du pain de pollen en restant attachée à celui-ci par l’extrémité postérieure. Une à deux semaines plus tard, elle se décroche et continue à se nourrir jusqu’à dévorer tout le contenu de sa cellule. Enfin, elle construit un cocon de soie qui tapisse l’intérieur de la cellule et se nymphose. Les jeunes adultes attendront la fin de l’hiver pour sortir de leur douillet cocon, percer les cloisons en argile et sortir se réchauffer au soleil.

Larve fraîchement éclose, toujours fixée à son pain de pollen par son extrémité postérieure.

Fin mai, les larves ont grandi. Le pain de pollen est grignoté,
et des excréments s’accumulent dans la cellule.
PHOTOS AUTRES STADES A VENIR…
Mais comment cela se passe-t-il si les jeunes mâles adultes sortent deux semaines avant les femelles ? Comment traversent-ils les cellules obturées par ces dernières ?
Chez l’Osmie, comme chez de nombreuses abeilles et guêpes, la mère peut choisir le sexe de son enfant - de quoi rendre l’humain jaloux ! Pendant l’accouplement, la femelle stocke le sperme dans une petite poche, la spermathèque. Lors de la ponte, elle peut choisir ou non de laisser un spermatozoïde descendre de la spermathèque pour féconder l’œuf. Un œuf fécondé donnera une femelle, tandis qu’un œuf non fécondé donnera naissance à un mâle. Maman Osmie installe ses filles au fond de la cavité, dans les plus grandes cellules (car elles sont plus grandes que les mâles), et ses fils sont pondus dans les cellules les plus proches de la sortie. Ingénieux, non ?
Guêpes
Si les abeilles nourrissent leurs larves de pollen et de nectar, les guêpes, par contre, leur fournissent de la viande. L’adulte chasse des chenilles ou des larves d’autres insectes, parfois même des araignées, les paralyse avec son venin, et les apporte dans le nid. Un œuf est ensuite pondu directement sur la proie, qui finira par mourir, mais pas avant l’éclosion de la larve qui disposera pour sa croissance d’une nourriture encore bien fraîche.
Les guêpes communes se sont adaptées
à une source de nourriture facile et pas chère : la viande de
nos pique-niques et barbecues. C’est pour cette raison qu’elles
rôdent toujours autour de la table. Elles raclent la surface du steak,
forment une petite boulette qu’elles coincent entre leurs mandibules (la
bouche des insectes), et qu’elles ramènent au nid pour le couvain.
Jamais elles ne les mangeront elles-mêmes ! Les adultes ne se nourrissent
que de matières sucrées : nectar ou sodas en tous genres…