Revenant de la lointaine Afrique où il hiverne, le Coucou se remarque chez nous, dès son retour en avril, plus par son chant typique que par sa présence visuelle. Tout comme nos hirondelles, il est messager du printemps connu de tous et pourtant mystérieux.

Le Coucou ne fait rien comme les autres oiseaux. Sa biologie a intrigué les naturalistes depuis plus de 2 000 ans, mais il a fallu attendre jusqu’à notre époque pour que la lumière se fasse jour au travers des légendes, des controverses, des suspicions et des témoignages contradictoires.

Comme il est à peu près de la même taille de l’Epervier et que son vol ressemble à s’y méprendre à celui de ce rapace, avec ses ailes pointues et sa longue queue, la confusion régna dans l’esprit du bon peuple dès l’Antiquité.

Dès son arrivée, le mâle se constitue un territoire d’où il appelle les femelles de passage. Celles-ci se laissent parfois courtiser tout en changeant de territoire où le jeu de la séduction se répète. Ce va-et-vient, avec changement de partenaires, entraîne aussi bien la polygynie que la polyandrie.

La femelle épie les nids en construction, y dépose son œuf tout en prenant soin, éventuellement, d’en enlever un de la ponte de l’hôte naturel. Cet acte de parasitisme se fait toujours en l’absence des futurs parents adoptifs, toujours plus petits que le Coucou. L’oeuf du Coucou est forcément plus petit que pourrait faire supposer la taille de cet oiseau, tout en se rapprochant beaucoup de ceux des hôtes, tant au point de vue forme que coloration ou dessin. Ce phénomène de similitude approximative serait dû à une disposition héréditaire, la femelle parasitant les nids des passereaux de la même espèce que celle où elle a éclos. En moyenne, elle pondra une dizaine d’oeufs, donc dans autant de nids, mais elle peut atteindre le double.
Un œuf pondu n’est pas une garantie de réussite car beaucoup d’oiseaux perçoivent la mésaventure ou sont perturbés, ce qui les conduit à éliminer l’oeuf, voire à abandonner la
nichée et la recommencer.

L’éclosion du jeune Coucou est généralement plus précoce car la durée d’incubation est plus courte pour l’oeuf du Coucou que pour la ponte naturelle des oiseaux parasités. Les parents nourriciers – pipits, tariers, fauvettes, rousserolles, hypolaïs, pie-grièches, bergeronnettes, rougequeues… près de 100 espèces parasitées connues ! – ne pourraient absolument pas ravitailler à la fois leur nichée et le jeune Coucou gris. C’est pourquoi le premier geste de celui-ci quand il éclot, consiste à éjecter par dessus bord, œufs ou jeunes de
ses parents adoptifs.

Après cette expulsion, le jeune qui est désormais le seul bec à nourrir, engloutit tout ce qui arrive. Bec ouvert, il présente une grande gorge orange béante qui incite ses parents nourriciers à lui rapporter des quantités de nourriture vertigineuses. Dès qu’il est autonome, soit à ± trois semaines, et apte au vol, il part hiverner seul en Afrique, car ses vrais parents sont partis depuis déjà longtemps. Des balises nous ont déjà renseigné la présence de mâles en Afrique dès juillet.

Le Coucou gris niche dans presque la totalité de l’Europe, Islande et quelques îles de la Méditerranée exceptées. La population est estimée entre quelque 6 et 11 millions de mâles. Des signes de déclin ont été perçus un peu partout et la Belgique n’y échappe pas :
sévère diminution en Flandre sur les quarante dernières années, – 24 % en Wallonie entre 1990 et 2010, et disparition en région bruxelloise même si des individus sont régulièrement observés ou entendus lors du passage printanier.

Un juvénile de Coucou gris a été observé au Domaine des Silex le 19/08 dernier.

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