Il est très facile de reconnaître au vol une Hirondelle de fenêtre : sur le bleu noir du dos, des ailes et de la queue, le carré blanc de son croupion se détache avec vigueur. Ce signe distinctif lui vaut l’ancienne dénomination d’Hirondelle culblanc qui la distingue aisément de l’Hirondelle rustique.

Autre caractère très particulier mais assurément plus discret : ses pattes et ses doigts sont revêtus de plumes tout aussi blanches dont on peut se demander la raison d’être, mais qui sont uniques chez nos Passereaux.

Au vu de son régime alimentaire strictement insectivore, à base de plancton aérien, l’Hirondelle de fenêtre pourrait nicher partout en Belgique, pour autant qu’elle trouve des sites adéquats pour y accrocher son nid et y vivre en colonies parfois serrées. Mais son installation doit répondre à certaines conditions nécessaires à cette vie sociale, tandis que des facteurs peuvent limiter le choix de son habitat.

Il est admis généralement que l’Hirondelle de fenêtre construit préférentiellement son nid à l’extérieur des habitations et autres bâtiments, mais ce comportement traditionnel souffre d’exceptions par l’occupation occasionnelle d’étables où elle peut concurrencer l’Hirondelle rustique.

Sa prédilection pour l’extérieur des constructions lui a valu sa dénomination latin ‘urbicum’ – qui signifie ‘citadine’ – car elle s’implante volontiers dans les villes et bourgades, pour autant qu’elle y trouve une terre humide ou un sol lourd pour l’édification de son nid. De grandes colonies peuvent occuper les sous-bassements des arches des ponts en pierre enjambant un ruisseau.

Les populations nidificatrices sont soumises aux fluctuations d’effectifs, donnant souvent l’impression d’une lente régression, avec parfois la disparition très inquiétante de colonies anciennes.

L’Hirondelle de fenêtre est répandue dans tout le Paléarctique et en particulier dans l’ensemble de l’Europe, sauf l’extrême nord et l’Islande. La population européenne semblait encore abondante au début de ce siècle avec quelque 10 millions de couples. Depuis, le déclin modéré des années 1990 se confirme, car la population régresse dans tous les pays de l’Europe occidentale.

Globalement, l’espèce est moins fréquente dans les provinces flamandes et en Lorraine qu’ailleurs dans le pays. Elle est absente à grande distance des constructions humaines telles que larges plaines cultivées, massifs forestiers et vastes fagnes. À un niveau plus local, elle présente une distribution hétérogène caractéristique d’une espèce coloniale, avec des villages ou quartiers entièrement vides et d’autres bien occupés. Le regroupement en colonies au sein des espaces inoccupés est particulièrement notable en milieu rural, où l’habitat est plus dispersé mais ce phénomène existe aussi dans certaines zones urbaines ou suburbaines.

En Flandre, elle était estimée en 2002 entre 8 000 à 11 000 couples, soit 25 % de l’effectif de 1972. En Wallonie, elle était estimée en 2007 à 32 000 couples minimum, soit un effectif moyen de 2 couples/km². L’abondance locale peut varier fortement, notamment en fonction de la densité de l’habitat humain. La densité varie de 3,7 couples/km² en milieu rural à 36,4 couples/km² en milieu urbain.

L’hirondelle de fenêtre connaît une spectaculaire augmentation à Bruxelles. Après un net déclin entre 1980 et 2002, la population était de 262 nids occupés en 2022 et 522 en 2024. Mais l’espèce est concentrée dans quelques grosses colonies (voir tableau). Les efforts de préservation menés ces dernières années par le milieu associatif, dont le GT hirondelles au sein d’Aves-Natagora et la COWB (installation de nichoirs adaptés, sensibilisation des riverains…) ont Les efforts de préservation menés ces dernières années par le milieu associatif, dont le GT hirondelles au sein d’Aves-Natagora et la COWB (installation de nichoirs adaptés, sensibilisation des riverains…) ont visiblement porté leurs fruits.

Ci-contre, le tableau illustre, par les nombres des nids occupés, l’évolution de la population de l’espèce à Bruxelles depuis 1992.

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