Vendredi 21 novembre 2025, vers 11h, deux Tadornes de Belon (Tadorna tadorna) sont observés sur l’étang de Boitsfort. C’est la troisième observation de l’espèce sur le site en 25 ans. La première date de mars 2004, la deuxième de novembre 2019, c’étaient une femelle et un immature qui ont été observés durant deux semaines.

Bariolé, hautement décoratif, le plumage du Tadorne de Belon affiche l’oiseau, plutôt qu’il ne le protège. De par sa stature et son régime alimentaire, il trouve une place particulière entre l’oie sauvage et le canard de surface. Au surplus, le Tadorne n’est pas à vrai dire un herbivore, car il recherche crustacés, crevettes, mollusques, vers et algues, se nourrissant même de petits poissons.
Un peu plus grand qu’un Canard colvert, il a la tête noir-vert brillant et le bec rouge. Le reste de son plumage est dominé par le blanc, ceinturé de roux vif à l’avant, coupé sur les flancs par la bande noire des scapulaires et par des rémiges noires et vertes. Il est teinté de roux sous la queue blanche liserée de noir. Le mâle se distingue au tubercule surmontant la racine du bec un peu retroussé, à ses teintes franches et nettes, tandis que la cane est plus terne, sans protubérance au bec.
Autre particularité du Tadorne: il niche dans les terriers du lapin en sol sablonneux et dans les dunes, du blaireau et même du renard d’où son nom vulgaire de ‘canard renard’ qu’on lui donne parfois en France, peut-être aussi à cause de la ceinture rousse rappelant la teinte du carnivore.

Le Tadorne de Belon a une aire de reproduction fragmentée s’étendant de l’Islande à la Chine. Il a une distribution très dispersée en Europe avec deux zones centrales.
- Les plus grands effectifs se reproduisent dans le nord-ouest de l’Europe, se concentrant autour de la mer du Nord et du sud de la mer Baltique. Dans le nord-ouest de l’Europe, il se reproduit sur des rivages vaseux, dans des estuaires et des lagunes saumâtres, mais aussi dans des sites d’eau douce intérieurs. La distribution est souvent fragmentée car les oiseaux nicheurs ont besoin d’habitats de recherche de nourriture maritimes ou de zones humides appropriés à proximité des terriers ou autres cavités utilisées pour la nidification.
- En Europe du Sud-Est, le Tadorne de Belon niche le long des côtes de la mer Noire et plus à l’intérieur des terres dans les zones arides du sud de la Russie et du Kazakhstan. La probabilité de présence augmente clairement avec la présence de sols salins et diminue avec la distance à la côte et les précipitations.
Au fil du XXe siècle, les tadornes de Belon se reproduisent de plus en plus dans les lacs et réservoirs d’eau douce naturels ou dans les plaines inondables, loin des côtes, mais cela reste malgré tout sporadique. Parallèlement, l’augmentation de la population européenne a aussi été attribuée à une meilleure protection contre l’eutrophisation des estuaires, améliorant ainsi la situation. Le Tadorne de Belon aime l’eau salée, vivant sur les vasières au rythme des marées qui conditionnent ses heures d’activités au reflux et à la longue période de repos quand les eaux recouvrent plages, grèves et rives des estuaires (Bas-Escaut, Nieuport, Zwin).

En Belgique, il se reproduit dans les dunes fossiles et sa nidification est de plus en plus fréquente loin à l’intérieur des terres, au voisinage d’argilières, d’étangs de pisciculture ou de ‘vens’ dans les bruyères. La population belge est estimée entre 1 000 et 1 500 couples dont +/- 95 % en Flandre. Ce n’est qu’en 1974 qu’il a niché pour la première fois en Wallonie.
Son statut de gibier a été abandonné en Belgique et le Tadorne de Belon bénéficie à présent d’une protection conditionnelle, mais encore trop lâche car il est encore considéré comme oiseau d’ornement.
