Le Lucane cerf-volant, plus gros coléoptère de Belgique, risque-t-il de s’envoler de Bruxelles ?

C’est un coléoptère qui peut mesurer jusqu’à 9 cm. Et c’est le plus gros de Belgique. Mais le Lucane cerf-volant disparaît peu à peu des zones du sud de Bruxelles où il a établi son habitat. Danger ?

lucane cerf volant

Le Lucane cerf-volant, le plus gros coléoptère de notre pays, ne se trouve plus qu’à certains endroits en Belgique. Outre les populations des vallées de la Meuse, de la Lesse et de certains affluents, l’espèce est encore présente au sud de Bruxelles. Cependant, ces populations du Brabant sont de moins en moins en contact les unes avec les autres, ce qui peut entraîner une extinction locale, annonce Natuurpunt, association flamande de protection de la nature, malgré son statut de protection spéciale en tant qu’espèce de l’Annexe II de la directive Habitats de la Commission Européenne.
Le lucane cerf-volant est un coléoptère qu’on trouve généralement dans le bois mort et qui peut atteindre 9 centimètres. Les mâles, en particulier, sont très reconnaissables grâce à leurs mandibules imposantes en forme de bois de cerf. La capacité maximale de dispersion est de 1 km pour les femelles et de 3 km pour les mâles. Jusqu’à récemment, l’espèce était présente de Hal à Louvain. Actuellement, ce coléoptère ne se trouve qu’à Beersel, Rhode-Saint-Genèse, Overijse et Watermael-Boitsfort.

Les échanges sont morts

Ce déclin est principalement dû à la perte d’habitats et à leur fragmentation. Dans une étude récente, l’Institut de recherche sur la nature et la forêt (Het Instituut voor Natuur – en Bosonderzoek, INBO) a examiné dans quelle mesure les populations brabançonnes sont toujours en contact les unes avec les autres. Si les populations sont isolées, la variation génétique diminue et l’espèce peut s’éteindre localement.
Les résultats de l’étude ont montré que les différentes populations étaient encore reliées dans un passé récent, mais qu’il n’y a pratiquement plus d’échange de gènes. Pour éviter un nouveau déclin, des mesures de conservation ciblées sont nécessaires, telles que la création de zones de reproduction appropriés avec du bois mort. Cela permettrait d’augmenter le taux de survie du lucane cerf-volant et de relier plus étroitement les populations.

Gestion spécifique en faveur de l’espèce à Watermael-Boitsfort

Comme l’espèce est régulièrement observée en nombre en de nombreux endroits différents de Watermael-Boitsfort, entre autres au niveau d’une station Natura 2000 (talus des Trois-tilleuls), des cités-jardins du Logis et du Floréal et du parc Tournay-Solvay un plan de gestion spécifique en sa faveur a été entamé depuis plusieurs années. Les objectifs de gestion en vue du maintien d’une population viable de Lucanes cerf-volant ne se sont pas limités à la zone spéciale de conservation proprement dite. Pour garantir la préservation de cette espèce, des mesures s’appliquant au niveau des différents sites s’avèrent en effet indispensables.

En résumé, le plan de gestion contient les mesures suivantes :

  • maintien du bois mort sur pied et des arbres en fin de vie dans les quartiers (en tenant compte de la sécurité des habitants et du trafic), en particulier pour le bois mort situé dans des zones plus chaudes et ensoleillées;
  • afin d’assurer une offre suffisante d’arbres qui permettront aux Lucanes d’y nicher dans le futur, il convient de planter des arbres (chêne indigène, Cerisier du Japon), à une distance suffisante les uns des autres;
  • sur deux talus, il faut viser une structure forestière ouverte avec beaucoup de bois mort et le chêne indigène comme essence dominante.

Ces talus ont été repris en gestion début 2015 par Bruxelles Environnement. Les mesures décrites ci-dessus sont déjà partiellement mises en œuvre depuis plusieurs années par l’équipe des éco-cantonniers : remise en lumière des talus, éclaircies du couvert forestier avec maintien de bois mort de gros diamètre au sol, conservation de troncs de cerisiers du Japon susceptibles d’abriter le Lucane cerf-volant. Ces mesures s’étaleront sur plusieurs années avant d’atteindre une qualité d’habitats optimale pour cette espèce sur l’ensemble des superficies concernées.

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