Oiseau de l’année (2021) : l’Hirondelle de rivage

Hirondelle de rivage

Des trois espèces d’hirondelles fréquentant nos régions dès le printemps, ce sont certes les Hirondelles de rivage qui sont les moins connues du grand public du fait qu’elles ne sont pas tributaires de nos habitations comme le sont devenues les Hirondelles rustiques et de fenêtre.

À leur plumage brun gris dessus, au-dessous blanc barré d’une bande pectorale sombre, à leur plus petite taille, on distingue aisément nos gracieuses Hirondelles de rivage de leurs consœurs.

Ce sont les hirondelles les plus grégaires de nos régions, vivant en sociétés très cohérentes, ce qui attire et captive l’attention. Nichant en colonie, pouvant atteindre plusieurs centaines d’individus, c’est la même effervescence collective qui régit la simultanéité de toutes les phases des préparatifs à une reproduction organisée en communauté : excavation des terriers, collecte de matériaux nécessaires à l’installation du nid, accouplement suivi de la ponte.

Car l’Hirondelle de rivage creuse son nid, à coups de bec et de griffes, dans la paroi verticale d’un talus abrupt de terre meuble, sables ou limons. Ses sites de nidification traditionnels sont les berges érodées de cours d’eau, mais les travaux de rectification de ces derniers, ainsi que le bétonnage des rives, ont gravement réduit ces habitats naturels. Heureusement, très éclectiques, les Hirondelles de rivage se sont adaptées à divers milieux anthropiques : sablières, argilières, marnières, talus de digues, berges de canaux, ou tranchées fraîches dans les chantiers.

Hirondelle de rivage

L’adoption des carrières de sable, d’origine souvent artificielle, donc occasionnelle et temporaire (gros travaux routiers ou portuaires), a cependant une incidence favorable sur la distribution de l’espèce. Ce sont donc les habitats naturels et artificiels qui sont à préserver ou à mieux gérer qui donneront un nouvel essor à cet oiseau.

En Wallonie, la population est estimée entre 1 700 et 3 000 couples tandis qu’en Flandres entre 6 000 et 7 500 couples. Encore relativement bien présente en Région bruxelloise au début des années 1970, les deux dernières colonies furent désertées après 1978 : le Val d’Or à Woluwe-St-Lambert, en cours d’urbanisation, et le Kauwberg à Uccle. Son retour n’étant pas exclu, voire fortement espéré, un ‘mur de nidification’ a été aménagé au Grand Etang de Boitsfort en 2007 par Bruxelles Environnement. Sans succès, vraisemblablement car il est orienté vers le Nord. Mais, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir… voir article sur les caissons expérimentaux en leur faveur !

Les Hirondelles de rivage partent plus tôt que les autres espèces, au début août déjà, et hivernent surtout en Afrique orientale.

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